digue du var

 

TRAVAUX DU TUNNEL DE TENDE EN 1878 SELON LE LIEUTENANT COLONEL WAGNER

 

Mise à jour juillet 2018

En 1878, le Lieutenant Colonel E. Wagner alors chef du Génie à Nice a été désigné par le colonel Directeur du Génie pour faire une visite  des dispositifs de mines exécutés par les italiens sur la route de Nice à Turin par le col de Tende.

Notons pour mémoire que des études avaient déjà entreprises antérieurement notamment en 1612, vers 1680 avec deux forages et vers 1750 (voir atlas Saluzzo bibliothèque royale de Turin) .

Des traces de ces percements sont encore visibles.

La tournée du colonel a été effectuée en compagnie de Monsieur Wagner (un homonyme), commissaire spécial de police à Fontan, et probablement dans la discrétion car il s'agissait d'une opération d'espionnage en territoire italien

L'article suivant est extrait de la collection du Ministère de la Défense, SHD, département de l'armée de terre  1 VD 34 art 4 sect 1 parag 5 c 1bis N° 63

Le colonel dans son rapport du 10 mai 1878, note :

 «Nous avons fait cette tournée en compagnie de Mr Wagner (un homonyme), Commissaire spécial de police à Fontan, qui s’est mis à notre disposition avec beaucoup d’obligeance et nous a facilité notre mission, notamment dans notre passage au milieu des gendarmes italiens  de Tende qui inspectent soigneusement tous les voyageurs »

Le colonel profite de sa tournée pour examiner l’état d’avancement des travaux du tunnel :

« A Tende, une compagnie de chasseurs alpins tient garnison. Le tunnel de la montée du col de Tende est toujours en cours d’exécution. Nous l’avons visité du côté sud et nous avons obtenu de l’Ingénieur chargé de la direction des travaux de ce côté tous les renseignements que nous avons voulus. Le gouvernement italien a pris directement en main l’exécution des travaux après plusieurs déconfitures d’entrepreneurs. Le travail est entrepris par les deux têtes et suivant les procédés les plus élémentaires de l’art du mineur, c’est à dire au moyen du pistolet et de la barre à mines manœuvrés à dos d’hommes.

Du côté du sud, on était arrivé, le 29 avril, à une longueur de 675 mètres et du côté nord à une longueur de 860 mètres, la longueur totale du tunnel devant être de 3150 mètres, et l’avancement par jour étant de 0.80 mètre du côté sud et de 1 mètre du côté nord, on voit que la moitié du travail à peine est faite et qu’il faut encore deux ans et demi pour le terminer, si toutefois les travaux ne sont pas interrompus et que les difficultés d’exécution restent les mêmes qu’aujourd’hui.

La galerie doit être revêtue sur presque toute sa longueur ; actuellement du côté sud elle ne l’est que sur une cinquantaine de mètres ; la partie, d’une centaine de mètres de longueur, qui suit celle-ci ne doit pas avoir de revêtement à cause de la nature compacte et homogène du roc. Ce revêtement se fait en moellons d’assise, et à une épaisseur d’environ 0.60 mètre. la section intérieure a une forme ovale surhaussée en anse de panier. Sa largeur est de 6.50 mètres et sa hauteur de 6.00 mètres. Ce tunnel supprimera une bonne partie de la montée du col, soit environ 600 mètres de hauteur sur le versant sud. Cette partie est franchie par un tronçon de la route actuelle, présentant des pentes de 0.070 à 0.086 par mètre et environ 50 lacets. Malgré cette suppression de 600 mètres dans la traversée de la montagne, ce tunnel est encore trop haut pour pouvoir servir à un chemin de fer, la pente n’en saurait être moindre que 0.05 par mètre »

 

Bibliographie

L'article est extrait de la collection du Ministère de la Défense, SHD, département de l'armée de terre  1 VD 34 art 4 sect 1 parag 5 c 1bis N° 63