Point du Ramingao ŗ Roquebrune Cap-Martin

COUVENT  SAINT DOMINIQUE A NICE

Mise à jour juin 2020

Ce couvent se trouvait Place Saint Dominque devenue Place du Palais de Justice

Des articles lui ont été consacrés dans la revue Nice Historique consultables sur Internet.

A la fin du XIXème siècle, à son emplacement a été décidée la construction du Palais de Justice et au début de 1889 les travaux de démolition des anciens bâtiments étaient en cours. Après l’invasion du Comté de Nice par les français en 1792 le bâtiment a servi de Manutention militaire et c’est ainsi qu’il est nommé sur divers plans de 1856, 1865, 1882, 1883. Sur le plan de 1889 le bâtiment est déjà qualifié de Palais de Justice alors que les travaux n’en étaient qu’au stade de la démolition.

 

de gauche à droite:

plan de1856 plan de 1865

De gauche à droite

Plan de 1882

Plan de 1883

 

Dans la légende le chiffre 3 correspond à la dénomination  " Palais de Justice" alors que les travaux n'en sont encore qu'au stade de la démolition

 

 Extrait du journal “le Phare du Littoral” du samedi 2 juin 1889

 

Les travaux de démolition de la maison Barbe sur l’emplacement de laquelle doit s’élever le nouveau Palais de Justice se poursuivent, on le sait, avec la plus grande activité. Les étages supérieurs disparaissent avec fracas sous la pioche des démolisseurs et bientôt il ne restera plus aucun des vestiges de la maison du Parquet.

Dans la journée d’hier les ouvriers venaient d’abattre le mur du troisième étage de l’ancien couvent des Dominicains, transformé depuis en manutention militaire, lorsqu’ils reculèrent surpris de ce qu’ils apercevaient. En effet à leurs pieds sous les toits mêmes de l’ancien couvent  gisaient des débris de cercueils, d’une quantité considérable de crânes et d’ossements humains. Les ouvriers s’aventurèrent avec précaution sous ces voûtes, ils ne touvèrent toujours que des débris et des ossements

L’entrepreneur fut aussitôt informé de cette découverte et il interdit l’accès à tout le monde.

Tandis que les maçons continuaient leurs investigations, on était allé prévenir Monsieur le Maire qui délégua aussitôt Mr Médecin son deuxième adjoint.

 Ayant obtenu la faveur de pénétrer à la suite des autorités, nous sommes à même de renseigner exactement nos lecteurs.

Le spectacle bien que curieux n’a rien d’attrayant. Que l’on se figure une vaste et longue salle plongée dans une obscurité, où les toiles d’araignées pullulent

De tous côtés s’élèvent des tas d’ossements humains où les crânes et les tibias dominent, enfin à terre des débris de cercueils et des pots d’argile cuite.

L’atmosphère est imprégnée d’une odeur des plus désagréables à laquelle on finit cependant pas s’habituer.

Au point de vue historique cette découverte est assez importante; l’archiviste du Département pourra en tirer des considérations plus ou moins utiles. Des fouiles plus actives seront faites qui amèneront, n’en doutons pas, à des trouvailles très intéressantes. La présence de ces ossements sous les toits de l’ancien couvent peut s’expliquer ainsi:

On sait qu’anciennement les moines du couvent Saint Dominique- transformé en 1792 en manutention militaire- étaient ensevelis dans l’église même du couvent, dans laquelle des familles nobles de Nice avaient également des tombeaux.

L’église des Dominicains située Place Saint Dominique qui s’appela tour à tour Place de l’Egalité et Place Impériale, avait été richement ornée  grace aux munificences d’un bourgeois de Nice Christophe Gioffredo. Pendant la Révolution le couvent des RP reçut une grande quantité de prêtres et de religieux étrangers, si bien qu’en 1792, lors de la procession de la Fête Dieu, les niçois étonnés virent un cortège de six cents prêtres et de six évêques étrangers.

On comprend alors que les caveaux du couvent étaient devenus insuffisants pour contenir les corps de tous les religieux morts. Le Supérieur faisait alors faire un simulacre d’enfouissement puis le cercueil était placé sous les voûtes.

Lorsqu’en 1792 le couvent fut transformé en Manutention, les soldats français transportèrent en secret tous les cercueils sous les toits où ils s’étaient aperçus que l’on y en avait déjà caché d’autres. Plus tard, l’église ayant servi de club à la section Jean Barra devint une écurie. L’histoire des caveaux fut oubliée et jamais personne ne s’était avisé de pratiquer des fouilles dans les combles.

Nous avons raconté dans quelles circonstances la découverte a été faite.

Le bruit courait hier soir dans la vieille ville, avec une certaine persistance, que des fouilles intelligemment dirigées pourraient amener à la découverte de plusieurs vases contenant des pièces de monnaie ancienne, et d’autres datant de la Révolution.

Il nous revient qu’il y a plusieurs années un soldat de la Manutention a découvert une enveloppe contenant plusieurs assignats d’une valeur variant de 5 à 25 francs chaque,

Ce fait semble donner quelque vraisemblance aux bruits que nous mentionnons plus haut.

Quoiqu’il en soit et sans nous égarer dans les domaines des légendes disons avant de terminer que des fouilles seront faites au plus vite et que les ossements en question seront transportés au Château.