Point du Ramingao à Roquebrune Cap-Martin

BREIL SUR ROYA 06540- PIENE - FRONTIERE FOSSILE DU PONT DU RIOU

Prospections Jean Marcel Cordier Jacky Sarale Raoul Barbès

Photos Jacky Sarale

Mise à jour janvier 2012

De gauche à droite :

plan d'ensemble,

plan du pont,

plan de la ruine sur le petit plateau

De gauche à droite :

pont vu de l'amont

pont vu de l'aval

43° 54’31 2 N, 07°30’43 0 E H= 317m

De gauche à droite: détails du pont et des trous de boulin, ruine sur le plateau

D’où vient cette appellation alors que ce pont se trouve sur le Bramafan ?

Le passage du Riou était vraisemblablement sur l’ancienne frontière entre la République de Gênes au sud et le Royaume de Piémont Sardaigne à la fin du XVIIIème siècle. On voit sur la plan :

 « carta topografica del contado di Nizza Principati d’Oneglia e Monaco » que la frontière passait un peu au nord de Piene

Avant 1947, la frontière entre la France et l’Italie se trouvait dans le vallon de Riou, à un peu moins d’un kilomètre à vol d’oiseau au nord de Piene Haute à peu près au confluent des ruisseaux de Bramafan et de Foiet.

Depuis cette date la frontière est plus au sud et l’on peut voir en bordure de la route de la Roya côté rivière la borne frontière 402 mentionnant l’année 1947

La route de Breil à Vintimille n’a atteint le Riou et le tronçon italien que le 17 mai 1886 alors que l’Italie avait achevé celui situé sur son territoire en 1877 selon Charles Botton  et Michel Braun ()

Auparavant, la communication de Breil vers la basse vallée de la Roya pouvait se faire notamment par la rive gauche c’est à dire ce qui a été dénommé le sentier valléen par Libre et Fanghetto, soit par la rive droite par Piene Haute.

Il y avait peut être un poste de douane en rive gauche à hauteur du Riou

En 1865 le capitaine Serré de Rivière allant en mission de Breil à Vintimille a emprunté et décrit une partie de ce chemin  Voir dossier Internet

Le chemin muletier reliant Breil à Olivetta par Piène était jusqu’à la construction de la route de la Roya en 1886 le seul existant en rive droite.

Le pont n’était pas sur ce chemin mais donnait accès à une propriété composée de nombreuses restanques dont on devine qu’elles étaient cultivées et à une habitation dominant le ruisseau.

Pour rejoindre le sentier muletier par ce pont il aurait fallu construire un ouvrage conséquent car à ce niveau le Riou est profond de 6 à 7m et large d’autant. Ce pont ne pouvait être sur l’itinéraire transfontalier et le gué situé en aval a toujours été le lieu de franchissement du Riou et donc de la frontière ancienne.

Il était peu probable que le pont pouvait servir de pont canal  il n’était qu’un accès à la propriété et étonnamment sur le plan cadastral il n’est pas numéroté. L’absence de délimitation avec le sentier muletier signifie selon les normes cadastrales qu’il s’agit d’un accès public.

Pour les ruines des anciennes constructions figurant sur le plan cadastral du 01 janvier 1864 section G5 référence ADAM 25 Fi 023/1/G5 sur le terre -plein en rive gauche, la question s’est posée de savoir si elles étaient les restes éventuels d’un poste de douane. C’est possible mais leur état ne permet pas de l’affirmer. Il n’a pas été constaté la présence de graffitti ou de trace de tableau d’affichage ou autre signe distinctif. 

 Le cadastre de 1863 donne comme propriétaire Cotta-Ferrari Antoine débitant de tabac à Piène (Italie) des parcelles :

914 bâtiment rural et réservoir ce dernier étant la ruine en contrebas de la construction sur le petit plateau dont plan ci-joint

915-916 pâtures

917 oliviers

918 terre

Ce qui est intéressant également c’est l’appellation cadastrale du lieu-dit « moulin du Riou » mais malgré les recherches sur l’état de section il n’a pas été  trouvé trace de cet ouvrage. Peut être était-il situé au-delà de la frontière ? Si les plans des parcelles situées sur l’ancien territoire de Piène figurent dans les archives du CADAM  les états de section et les matrices n’ont pas été retrouvés

 

Description du pont

 

Il existe toujours et il est en bon état. Il est constitué par deux culées de 90 centimètres de haut et d’une voûte en plein cintre, avec des pierres appareillées en façade de l’arc et une sous face coffrée.

Le diamètre de la base de l’arc est un peu plus large que la largeur des piédroits pour permettre au moment de l’exécution de l’ouvrage de poser le cintre constituant le coffrage en bois.

Mais les deux piédroits comportent chacun trois trous de boulin pouvant servir également à servir de base à un coffrage, ce qui fait double emploi avec le retrait prévu pour le  cintre.

Par ailleurs étant donné la faible hauteur des culées, le sol rocheux massif horizontal et le faible débit ordinaire du ruisseau, le coffrage aurait pu être fait à partir du sol. Il y a là une curiosité de construction.

 

Les restes d’un bassin enduit de mortier intérieurement ont été observés en rive droite près du premier lacet avec un canal d’une vingtaine de mètres de long prenant l’eau dans un ruisseau secondaire, montrant des traces d’occupation du site.

 

Sur la rive gauche  de la Roya la frontière devait se situer le long du ravin de Masque

 

Bibliographie

 

Botton Charles et Braun Michel – Le col de Tende - éditions du Cabri