Grand Chemin de Monaco à Roquebrune Cap-Martin

GRAND CHEMIN DE MONACO À ROQUEBRUNE CAP-MARTIN


                 

En 1721 le Prince de Monaco Antoine 1er décide d'améliorer le chemin entre le Palais de Monaco et celui de Carnolès. Thérèse Ghizzi et Robert Fillon (1) ont étudié cette question dans le numéro 20 des Annales Monégasques. Ils indiquent dans leurs conclusions que cette voie était l'amorce de la future Basse Corniche. En fait sur le plan de Germinal an XII réalisé donc environ 80 ans après cette réfection, le grand chemin est bien indiqué sous ce nom.

                                

A partir du carrefour de Saint Roman il emprunte l'avenue de Varavilla et la voie romaine jusqu'à Lumone avec la réserve notée plus haut concernant le passage du Ramingao.

Après Lumone, le chemin de Fontanouille étant très raide le grand chemin empruntait le CD52, l'avenue Sylvio de Montléon, l'avenue de la Paix et recoupait la voie romaine en bas du chemin de Fontanouille au val de Vesqui.

Il n'empruntait donc que sur un tronçon très court ce qui deviendrait la Basse Corniche. Sur le plan de Germinal on voit la route de Nice à Gênes (future Grande Corniche jusqu'à son carrefour avec la Basse Corniche) avec des points à droite et à gauche qui pourraient être des pointillés représentant seulement le projet de route car s'il était question d'acquisition des emprises en l'an X comme indiqué plus haut au paragraphe relatif à la Grande Corniche, il parait extrêmement improbable d'imaginer la route déjà réalisée en l'an XII.

Au n°12 de l'avenue Villarem à Roquebrune, est encastrée dans le mur une belle borne tronconique en pierre de 1,10m de haut sur un petit socle en mortier de 10 cm de haut.

Monsieur Maggiore membre de la Société d'Art et d'Histoire du mentonnais, m'a indiqué que cette borne ancienne se trouvait de l'autre côté de la rue et qu'elle a failli être perdue au moment de l'édification d'un immeuble dans l'ancienne propriété Villarem. D'autre morceaux de bornes plus petits mais du même style se trouvent dans le voisinage, notamment à l'entrée du chemin du Buse, de l'avenue de la gare, etc...

Ces bornes sont d'un style différent de celles qui sont encastrées dans certains murets de la Grande Corniche par exemple à la sortie est de La Turbie. Ont elles été sculptées au moment de la réfection du grand chemin ? C'est une hypothèse plausible. D'autres tronçons de bornes seraient conservés par les services techniques de la ville de Roquebrune.

La chapelle de la propriété Villarem a été conservée dans l'ensemble immobilier à titre de souvenir mais très remaniée.

Une plaque a été dédiée en 1996 au félibre Stéphane Villarem (1913-1991) sur l'ancien portail de la propriété.

Louis Cappatti cite un extrait du manuscrit F. F. N. A. 377 de la Bibliothèque nationale intitulé "Mémoires militaires sur les Comtés de Nice et de Beuil" établi par des ingénieurs français en été 1744 pendant la guerre de succession d'Autriche sur ordre du Prince de Conti, soit une vingtaine d'années après sa réfection : "Le chemin qui va de menton à Monaco passant au midy de Roquebrune est le plus beau de tout le pays. Les voitures à roues y peuvent facilement passer. Il a seize pieds de large et les montées et descentes sont extrêmement douces. Il est le long de la mer bordé d'un muraille sèche de trois pieds de hauteur".

Bibliographie


1-Ghizzi Thérèse et Robert Fillon - Le chemin du Prince Antoine 1er - Annales Monégasques N° 20,1996