digue du var

PREMICES DU GOUDRONNAGE      

Mise à jour Décembre 2020

En collaboration avec Judit Kiraly

 

 

Photo de Mr Guglielminetti surnommé Monsieur Goudron parue dans Monaco Matin.

Voir dossier particulier en préparation

Définitions

 

Les asphaltes naturels ou bitumes naturels sont des pétroles extra lourds de consistance visqueuse à solide. Dans les travaux publics l’asphalte désigne un mélange de bitume eet de granulats

Le goudron de houille est un sous produit de la transformation de la houille en coke. On obtient le gaz en distillant le charbon

 

Historique

 

Dans Wikipiedia on peut lire:

 

“Dans le courant du viiie siècle, en Arabie, on remarque un type de route très moderne. Il s'agit des toutes premières routes goudronnées. En effet, les routes de Bagdad, ville située dans l'actuel Irak, furent pavées avec un revêtement goudronné. Ce goudron était dérivé du pétrole présent dans les gisements de naphte qui était distillé à haute température pour obtenir une pâte brûlante noire à l'odeur âcre20”.

 

Dans les années 1820 l’asphale  sert de revêtement pour les  trottoirs  de Paris et Londres

 

Expérience à Sainte Foy la Grande () extrait du “Pays Foyen” voir bibliographie

« Cependant, le premier directeur de l'usine (à gaz), M. Christophe avait cherché à utiliser les résidus provenant de la distillation de la houille. D’habitude, ces goudrons, bitumes et huiles étaient utilisés comme combustibles, comme engrais et comme gravats dans des drainages ou des irrigations. Christophe eut l’idée d’en revêtir les routes. A l’époque, il s’agissait de routes blanches : le revêtement était constitué par de la caillasse en calcaire. L’Écossais Mac Adam avait amélioré ce procédé traditionnel ; mais, contrairement à une idée reçue, il n’est pas l’inventeur du goudronnage des routes.

Dès 1858, le « Journal de l’Eclairage au Gaz » avait donné des formules pour fabriquer de l’asphalte solide. Peut-être M. Christophe a-t-il perfectionné ces formules ; en tous cas, il semble bien avoir été le premier à avoir utilisé le goudron de distillation comme revêtement routier. Sur la route qui passait près de son usine, il détermina des carrés de 10 mètres sur 10 et fit goudronner un carré sur deux. Charrettes et calèches continuèrent de passer et Christophe observa l’état des carrés goudronnés. Le petit-fils de l’inventeur m’avait indiqué que l’expérience avait été concluante.

Il reste à savoir quelle est cette route qui subit le premier goudronnage au monde. D’après Jean Corriger, qui avait recueilli le témoignage de quelques anciens, il s’agissait de la rue Montaigne. Et Jean Corriger souhaitait qu’à l’instar de Lyon, qui possède sa « Rue du Premier Cinématographe », Pineuilh se donne un jour sa « Rue du Premier Goudronnage ». Aujourd’hui, il est presque impossible de trouver une route qui ne soit pas goudronnée et ce souhait nous paraîtrait presque anodin. Pourtant, l’invention d’Adolphe Christophe ne s’est pas propagée comme une traînée de poudre. Ce fut une lente conquête dont il reste à écrire l’histoire. Pour prendre le pays foyen comme exemple, les rues de la ville furent goudronnées pendant les premières décennies du 20ème siècle. A la campagne, les dernières routes blanches reçurent leur revêtement de goudron dans les années 1960, c’est-à-dire plus de cinquante ans et près d’un siècle après ce premier goudronnage. On trouverait des cas plus tardifs et certes, exceptionnels. Ainsi, à Monfaucon, la route du Bousquet fut goudronnée dans les années 1980.

Le goudron a mis le temps, mais il a envahi le monde entier. Quant à Adolphe Christophe, il a été dépassé par son invention : on l‘a oublié ».

 

Selon Patrick Harismendy (), des essais de goudronnage ont été effectués à Auch en 1852 par l’ingénieur Francou et à Lorient en 1876

 

Dans le journal “le phare du Littoral” () on peut lire dans les délibérations du Conseil Municipal de Nice

 

Lundi 19 mai 1879

 

Conseil municipal

Mr Gal désirerait un pavage en bitume des rues au lieu du pavage en ciment

Mr Poullan est d’un avis contraire faisant observer que le bitume devient mou sous l’influence de la température en été.

 

Dimanche 28 janvier 1900

 

Ce matin ont été inaugurés par Mr le Maire de Nice les travaux exécutés pour la réfection de la chaussée du Pont Vieux, par un procédé nouveau… Ce système qui a pour base un mélange d’asphalte et de caoutchouc appliqué à froid est appelé, croyons nous, à rendre de grands services, tant au point de vue de l’insonorité et de la douceur du roulage que de l’hygiène par son imperméabilité et la suppression de la boue et de la poussière.

 

Mardi 10 juin 1902

 

Protestations contre le goudronnage. Des chevaux ont glissé et se sont blessés en face l’établissement  des bains de la plage à Nice

 

Vendredi 29 mai 1903

… la partie de la chaussée près du pont Magnan a donné des résultats parfaits ce qui a décidé la Ville à entreprendre pendant cet été le goudronnage complet de la Promenade des Anglais…

 

Mercredi 3 juin 1903

Comité contre la poussière

…le pavage en bois ou en asphalte caoutchouté...serait bien plus efficace que le goudronnage…la grosse difficulté est son prix de 15 francs par mètre carré  tandis que le goudronnage ne couterait que 15 centimes…

 

Vendredi 7 aout 1903

Le Docteur Guglielminetti a invité différentes personnalités et journalistes (cités) à visiter des chantiers de goudronnage à Vincennes et Champigny  qui ont donné satisfaction

 

Vendredi 28 aout 1903

Essais de goudronnage à Lambesc (Bouches du Rhône) dans différentes conditions par un Conducteur des Ponts et Chaussées… « Je ne crois rien exagérer en avançant qu’on doit pouvoir prêter à un goudronnage bien réussi une durée de deux ou trois ans peut-être même quatre »

 

Samedi 29 aout 1903

Essais de goudronnage à Paris et Melun ; rapport positif de Mr Dreyfus Ingénieur des Ponts et Chaussées

 

Jeudi 29 octobre 1903

Fiasco complet du goudronnage de l’avenue de la gare dû à la négligence apportée dans les travaux

 

Mercredi 13 avril 1904

…Procédé mis en essai à Nantes

…Le liquide est contenu dans un tonneau d’arrosage qui se répand en pluie. Derrière viennent une ou deux balayeuses mécaniques qui l’étendent  et le font pénétrer dans le sol… le liquide …est composé de …dix parties de bitume pour quatre-vingt parties d‘eau… Il faut trois couches successives…le goudronnage revient à 5 centimes le mètre carré y compris la main d’œuvre…On estime qu’il faudrait entretenir la couche de bitume tous les deux mois environ

 

Mardi 26 juillet 1904

…Expériences de goudronnage par la westrumite () …dans la traversée de Beaulieu…La chaussée a été arrosée avec de l’eau contenant 10 % de goudron saponifié (westrumite)… De ces expériences il résulte qu’on peut obtenir une route sans poussière pendant plusieurs jours en l’arrosant avec de l’eau additionnée de westrumite

 

Vendredi 28 juillet 1905

La Commission des travaux a décidé qu’il serait procédé à des essais  de pavage, l’un en asphalte ordinaire, l’autre en asphalte caoutchouté  et le troislème en pavés de bois

 

Note sur la westrumite

Le nom vient de l’Ingénieur Von Westrum qui aurait travaillé pour une entreprise grenobloise Brun frères

Dans wiktionnaire on peut lire :

«  La westrumite est un goudron d’huile minérale et végétale rendu soluble dans l’eau par la saponification ammoniacale. Il suffirait de quelques arrosages de l’eau westruminitisée à 10 pour 100 pour empêcher la formation de poussière (Bulletin de l’Académie Nationale de Médecine 1905). »

Le procédé a fait l’objet d’études dès 1897. Dans la revue Municipale de Paris on peut lire: « l’air au-dessus des routes traitées à la westrumite contient notablement plus de germes que celui des routes pétrolées ou goudronnées »

 

Guglielminetti et Monaco:

 

Ernest Guglielminetti  a été nommé Docteur Goudron. Il a fait l’objet d’articles sur Internet

Ses premiers essais de goudronnage, le docteur Guglielminetti les a effectués à Monaco, sur un tronçon d'une quarantaine de mètres. Le 13 mars 1902, ils sont quelques dizaines de badauds à se moquer de lui lorsqu'il procède à la pose du premier tapis bitumineux de l'histoire. Dès le lendemain pourtant, changement de ton. Les véhicules roulent sans soulever l'habituelle poussière des routes de terre. Surtout, ils ne font plus le moindre bruit. Ernest Guglielminetti a gagné son pari. Il devient pour tous le docteur Goudron, qu'on cite régulièrement sous ce nom dans les facultés du monde entier où le patronyme de Guglielminetti, en revanche, ne dit pas grand-chose aux étudiants.

 

Bibliographie

 

Le pays Foyen - 05 octobre 2007 – La route du premier goudronnage article consultable sur Internet

 

Harismendy Patrick – Du caillou au bitume, le passage à la route moderne – (1900-1936) consultable sur Internet

 

Phare du Littoral consultable sur Internet

 

Journal de Monaco