digue du var

 

L'HOMME DE MENTON

 

Mise à jour janvier 2020

Musée des Balzi Rossi

A gauche tête brute

A droite hypothèse de reconstitution

 

L’homme de Menton qui est en réalité une dame dite aussi dame de Cavillon a fait l’objet de publications,  notamment on peut lire un article détaillé sur Wikipedia.

Le squelette retrouvé daterait de 25000 ans environ

La monographie d’E.Rivière est consultable sur Internet ainsi que d’autres documents.
Voir aussi un article  sur Internet au sujet du musée de Balzi Rossi.

L’extrait ci-dessous tiré du Journal de Nice montre la vision que certains à l’époque avaient de l’homme préhistorique

 

Mercredi 19 mars 1873

 

Mr. E. Rivière à qui l’on doit la découverte de l’homme fossile de Menton vient de publier une monographie très complète et très détaillée dans laquelle il démontre que cet être préhistorique appartient à l’époque paléolithique ou âge de pierre. Sa taille atteignait 1.85 m c'est-à-dire celle de nos tambours-majors et il était athlétiquement musclé. Ses vêtements étaient formés de peaux cousues, il portait sur la tête une sorte de résille et il se servait déjà de l’arc.

L’étrange longueur des orbites oculaires devaient donner à sa face un aspect triangulaire qu’on retrouve dans les vieilles statues de Chypre et chez certains naturels de Madagascar.

Mais ce qui est plus étrange encore, c’est la quantité de fer spéculaire qu’on a trouvée en face de ses narines dans une cavité du sol ménagée à cet effet ; il en avait été enduit tout entier ce qui a donné à ses ossements le couleur rouge et métallique qui le caractérise.

Bien des siècles plus tard les triomphateurs romains se peignaient tout le corps de vermillon pour ressembler au soleil vainqueur des ténèbres et de la mort. Cette peinture dont le sens n’a jamais varié et la pose du cadavre dont la face regarde le nord-est, semblerait laisser supposer que dès cette époque reculée, l’homme s’endormant du dernier sommeil attendait déjà un réveil. La brochure de Mr. Rivière nous a reporté en imagination aux premiers âges du monde, et nous nous sommes posés cette question qui se dresse sans cesse comme un nébuleux point d’interrogation à l’esprit des philosophes : l’état de nature  est-il préférable à l’état de civilisation ; JJ Rousseau s’est prononcé par l’affirmative et d’autres après lui.

Mais le pour et le contre de l’hypothèse ont été combattus tour à tour éloquemment par les grands esprits du siècle que la question reste toujours pendante.

Certes nous n’avons pas l’orgueilleuse prétention de jeter notre mot dans la balance du débat…

Dès que l’homme fut jeté sur la terre nous dit Mr Alfred Maury, les mœurs étaient sauvages, l’esprit ignorant, l’âme craintive et superstitieuse ; sauvage parce que la civilisation née du contact continuel des individus n’avait point encore  adouci les instincts primitifs bruts et impérieux du cœur humain ; ignorant car la réflexion jointe à l’observation attentive ne lui avait pas révélé la nature des choses et les lois auxquelles elles sont assujetties ; craintif et superstitieux, car l’univers avec ses phénomènes imposants, ses révolutions subites, effrayaient l’imagination et lui faisaient prendre pour autant d’êtres divers et impuissants tout ce qui l’entourait.

L’homme était tout cela et cet assemblage de défauts divers ne pouvait engendrer le bonheur, ses sensations n’avaient pas encore été épurées, rendues délicates pas la culture de l’intelligence et par la comparaison des jouissances.

Les plaisirs étaient grossiers. Sans doute il ignorait les vices raffinés d’une société polie mais en revanche il nourrissait les passions farouches qui naissent d’un état misérable et sauvage.

La nourriture  de l’homme primitif était loin d’être abondante et variée ; la plupart des plantes et des fruits ne sont devenus alibiles que par la culture et les habitants préhistoriques du globe ont dû de bonne heure compléter leur alimentation par la chasse et la pêche  qui étaient pour eux une suite de fatigues et de déboires…

… A Lacoste

 

(Note : La suite de l’article est dans le même esprit)

 

Vendredi 25 mars 1873

 

On assure que Mr Rivière aurait découvert un second squelette dans les cavernes de Menton. Ce débris de la race troglodyte serait moins bien conservé  que le premier mais il n’offrirait pas moins d’intérêt pour la Science

Volir aussi:

http://www.archeo-alpi-maritimi.com/sturgespangjohnston.php