Point du Ramingao ŗ Roquebrune Cap-Martin

THOMAS COVENTRY ESQUIRE

 

Etude: Judit Kiraly

Docteur de l'Université de Nice Sophia Antipolis

Présidente  de la english american library of Nice

Voir aussi;

http://www.archeo-alpi-maritimi.com/canondenice.php

http://www.archeo-alpi-maritimi.com/cadransolairedumidi.php

http://www.archeo-alpi-maritimi.com/colonelwagner.php

 

Mise à jour octobre 2019

Voir photos à la fin du grand cadran, du monument funéraire et de la page titre de la brochure sur le grand cadran

Thomas Coventry Esq

1797-1861

Juriste et astronome amateur

Instigateur du « coup de canon du midi »à Nice

 

                 Une seule ville méditerranéenne, annonce midi par un coup de canon. Tiré  de la  colline du Château, c’est  une curiosité qui surprend les touristes  lors de leur  première visite à Nice; puis ils comprennent rapidement que les Niçois ne « s’affolent » pas - mais  jettent seulement un coup d’œil sur leur montre pour vérifier qu’elle est bien à l’heure – le coup de canon signifiant qu’il est  midi pile.

                 Pourquoi tire-t-on un coup de canon et qui en a eu cette idée étrange ?
Tellement d’histoires fausses concernant Thomas Coventry courent  que, pour entamer sa biographie, nous allons d’abord énoncer ce qui n’est pas vrai  !

                 Coventry n’était pas issu de la famille Coventry-More, mais il s’appelait tout simplement  Thomas Coventry. Il n’était ni “Sir” ni “Lord”, mais  Squire (Esq.) signifiant : fils d’un gentilhomme, mais pas l’aîné qui hérite du titre.  Nice Matin a même affirmé, dans un article, que ce coup de canon datait de 1822  ; c’est une date erronée.  Son épouse ne se promenait pas, non plus, toute la matinée et il ne la faisait  pas rappeler, pour le déjeuner, par un coup de canon. Puis, il n’est pas reparti de Nice comme le dit la légende, mais il  y est mort, et il est enterré dans le carré  anglais du cimetière de Caucade.  Personnage mythique, ce « lord » anglais, excentrique, riche et un peu fou, semble être une invention  du folklore urbain de Nice.

                 Intéressons-nous aux  faits. La cité d’Edimbourg, en Ecosse, connaît la tradition d’un coup de canon, mais il est tiré à 13 heures et non pas à midi. Ce fut probablement à l’origine de l’idée de Thomas Coventry - l’utiliser comme un marqueur temporel, un  bruit de canon assourdissant pour toute la ville de Nice où les cloches sonnaient midi, à leur convenance, probablement pas à la bonne heure, ni en même temps. 

Qui fut le véritable hivernant anglais, si  féru de ponctualité ?

                  Thomas Coventry était issu d’une famille illustre de Buckinghamshire. Il naquit à Brinden, près de Milton Keynes, le 16 janvier 1797 ; fils de Thomas Coventry et Susanna Read.  Nous n’avons pas trouvé trace de ses frères, pourtant la  famille eut néanmoins un nombre surprenant d’hommes prénommés  « Thomas »,  l’un après l’autre. Il a reçu ce nom lors de son baptême, un mois après sa naissance, à l’église de Caine, Wiltshire,  le 20 février 1879 ; et il fut connu toute sa vie  pour être un protestant croyant et pratiquant.

                 La famille compta parmi ses membres des  juristes illustres et ce fut  la profession qui attira aussi le  « Niçois » Thomas Coventry.  Il fit ses études juridiques et fut   accepté à Lincoln’s Inn (une association d’avocats  et juristes de très  haut niveau).

                 Il exerça le métier de « barrister–at-law » et c’est probablement  durant  sa vie professionnelle qu’il  rencontra un Juge célèbre,  Sir Joseph Littledale (1767-1842).  Le Juge était connu pour sa grande  simplicité et son bon sens, pour services rendus il fut anobli, puis  fut nommé au « Privy Council’ » (le cercle restreint des conseillers privés de la Reine Victoria) juste avant sa mort.  

                 Le juge  Joseph Littledale de Bolton était lui même issu d’une grande famille, très riche – ceci est important pour notre petite biographie de Thomas Coventry.  Au moment de sa mort en 1842, il a légué l’essentiel de sa fortune  (plus de 250 000 £) à sa fille unique: Elizabeth Littledale. Pour avoir une idée de la valeur réelle de cette somme, notons qu’une domestique logée et nourrie  touche  habituellement entre 10 et 15£  de salaire annuel (on ne paie pas à l’époque un salaire mensuel).

                 Elizabeth Littledale  ( 18/11/1790 - 05/02/1877),  fille du (Juge) Sir  Littledale et  de son épouse, Lady Hannah,  a épousé l’avocat Thomas Coventry en 1828,  dans l’élégante  église de  St George’s  dans le  quartier chic de Bloomsbury,  à Londres. Nous savons qu’elle a eu des enfants d’un mariage précédent, car dans le testament du Juge Littledale il est fait mention d’une  provision pour ses petits-enfants.  Elizabeth était  donc veuve, et  un peu plus agée que son mari, Thomas Coventry  - elle avait 38 ans au moment de leur mariage. Néanmoins, elle a survécu à son époux plus de onze ans ; elle est morte en Angleterre. Elle est enterrée dans le cimetière de Kensal Green de  Kensington,  à Londres où il y a aussi une mention de Thomas Coventry enterré à Nice – « in memoriam ». 

 

(source :Billiongraves.com)

                

                 D’après les sources disponibles de nos jours, nous savons que le caractère et la vie de Thomas Coventry fut bien loin de l’image farfelue du lord  imaginaire  niçois mais qu’il fut un homme méthodique et observateur, un amateur scientifique de très haut niveau -  même s’il fut doté d’un brin d’humour si typiquement british…

                 Notons quelques titres de ses publications, - des sujets juridiques :

 

 “Observations on the title to lands derived through Inclosure Acts”

                 London, J Butterworth & son, 1827

“Treatise on the Stamp Laws, relating to Deeds and Assurances”

                 London, Hopkinson, 1832

“Treaties on the Law of Common Recoveries”

                 London, 1820

“On Conveyancers’ Evidence”

                 London, Clarke, 1832

“Mortgage Precedents”

                 London, Samuel Brookes, 1826

“A readable edition of Coke upon Littleton

                 London, Saunders and Benning, 1830

“A treatise on Copyholds” ed. Th. Coventry et al…

                 London, 1825

“An attorney’s New Pocketbook and Conveyancer’s Assistant”

                 With Frederick Coningsby Jones, London

“An analytical Digested Index to the Common Law Reports from the time of Henry  III”

                 (Thomas Coventry and Samuel Hughes)

                 Dans un de ses livres (Conveyancers) il prouve son humour, en posant la question hypothétique de la date de la véritable majorité d’un client, né le 28 février d’une année bissextile. Ce trait de caractère était  très mal vu par un de ses critiques,  en 1832 (The Law Journal) qui n’appréciait guère le ton de ce « quiz ». Néanmoins, nous pouvons dire que la carrière juridique de M. Coventry était riche et qu’il était bien connu dans le cercle des juristes britanniques.

                 Bien  que juriste de profession, puis écrivain juridique avant sa retraite, la véritable passion de Thomas Coventry était l’astronomie et la toute nouvelle science de la météorologie/climatologie.  L’héritage très important de madame Coventry en 1842, permit à la famille de se « délocaliser » et de passer toutes les saisons d’hiver à Nice, non seulement pour des raisons de confort et de santé offertes par les  conditions climatiques favorables de Nice. Leur premier séjour fut probablement au cours des hivers 1843 ou 1844.  Thomas Coventry  y est mort en 1869 - donc il passa plus d’un quart de siècle en villégiature à Nice – toujours à l’hôtel Chauvain.

                 Un autre résidant anglais le Capitane Garnham, secrétaire financier de Holy Trinity, l’église anglaise de Nice,  a tenu un carnet d’adresses en 1862 où il notait tous les noms et adresses des résidants anglophones niçois, pour leur demander une contribution pécuniaire;  Thomas Coventry y figure, bien sûr, à l’ Hôtel Chauvain. 

 

Nice est encore une petite ville, selon le recensement de 1858, Il y a 44 091 habitants. Le carnet du Capitaine Graham est une sorte de recensement anglo-américain du centre-ville « Newborough » et comporte plus de six cents noms de famille, donc on peut en déduire qu’approximativement deux  mille anglais hivernaient, en 1862, dans ce quartier de Nice, notamment dans les nombreux hôtels et pensions du Newborough.

                

                 L’hôtel Chauvain, propriété de la famille de Pierre Chauvain, fut géré respectivement par le père puis son fils. C’était le plus luxueux de Nice au milieu du XIX éme siècle. Immense construction « moderne » doté d’une capacité jugée énorme à l’époque ; il se composait (avec ses annexes) de  600 lits et d’une douzaine de salons. Lorsque l’on parle de nombre de lits il est question de « best beds » donc uniquement les lits des maîtres. Les appartements luxueux se trouvaient au premier étage (il n’y avait pas encore d’ascenseurs) et Thomas Coventry y loua le même appartement, pour lui et son épouse, pendant plus de deux décennies. Il arrivait habituellement vers la fin septembre et repartait fin avril, comme tous les hivernants, pour échapper à la chaleur  et à l’humidité intolérable pour les Britanniques de la fin du printemps et de l’été. 

                 L’hôtel Chauvain avait un deuxième avantage important outre son confort, pour Thomas Coventry, car il avait un très grand et plat toit-terrasse, dont une partie fut utilisée par lui pour y placer ses instruments d’observations astronomiques et météorologiques - y compris  le Time - Ball.   Cette fameuse conception mécanique dotée de balles noires et d’une large boule rouge  - bien visible du Château  - pouvait être hissée en hauteur - cinq minutes avant midi, et ce Time- Ball retombait lentement à midi, donnant ainsi le signal de tirer le canon. Thomas Coventry assistait habituellement à ce rituel quotidien, sauf le dimanche,  et nous allons lire le récit au travers de ses propres mots plus loin. L’astronomie était une science très en vogue au XIXème siècle notamment grâce à l’amélioration technique des instruments d’optique, comme les télescopes.

 

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Hôtel Chauvain - source: Le Monde Illustré, 11/18/1865

                 On sait  que lors de ses séjours pendant plus de vingt ans dans ce même hôtel   à Nice, il y installa une trentaine d’instruments sur la terrasse pour  y effectuer les différentes mesures météorologiques et chronologiques ?  Malheureusement, nous n’avons trace que d’une seule preuve de ses travaux – un magnifique cadran solaire sculpté par le Niçois Raymondy, pour le fameux Cadran solaire du boulevard du Midi. Ce cadran en pierre, représentant aux quatre coins les quatre saisons, fut retrouvé par une femme d’affaires qui en le voyant dans sa carrière  voué à la démolition le reconnut et  le sauva. Nous allons évoquer un peu plus en détail ce don de M. Coventry à Nice, car c’est lui qui finança en grande partie la construction,  même si c’était un autre astronome, le capitaine (colonel dans certaines autres sources) Edmond Wagner qui en a supervisé les travaux. La ville n’avait que quelques milliers de Francs pour ce projet, alors la générosité de Coventry fit son office.

               Aussi, notons toute de suite que même si c’est lui qui paya l’installation,  Thomas Coventry  trouvait cette méthode pour donner l’heure obsolète et imprécise. Ce cadran fut posé plus tard sur le Théâtre Municipal et après l’incendie tragique, il fut mis de côté et oublié jusqu’à ce que madame M. Martin de la société Distipierre ne le retrouve .

 

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::::private:var:folders:fn:86h52r2n7zb1brdwt9sg_9600000gn:T:TemporaryItems:Cadran mag2.jpg              Edmond Wagner  parle de ce cadran dans son ouvrage d’astronomie, (la Bibliothèque de Cessole possède une copie)  « Causerie familière sur les phénomènes célestes »  nous trouvons un chapitre dédié à ce sujet : Notice sur les diverses indications astronomiques :

 

                 On remarquera encore les figures sculptées, qui aux quatre angles, représentent les quatre saisons, se trouvent chacune près de trois signes de la saison correspondante.                                              (p.253)

 

source :photo : Bruno Gaspard,  de l’image dans le livre d’Edmond Wagner, reproduit  sur le site opéra-nice.org

JOURNAL DE L’OPERA No 29 janv...- fev.- mars 2014,

Article de  M. Bruno Gaspar : Patrimoine Historique, p. 34.

              Selon le journal Pall Mall Gazette il fut  le résidant britannique le plus assidu de Nice ; l’expression curieusement fait penser à une résidence et non à une villégiature. Après quelques années, il connaissait bien sûr tout le monde, de la bonne société aux notables niçois. Il adressa une lettre au Maire François Malaussèna le 10 novembre 1861, demandant l’autorisation de faire tirer un petit canon, à midi précise. C’était à lui d’établir l’heure exacte et à lui de financer le coût de l’opération. La réponse fut favorable. Déjà il avait  largement financé le Cadran Solaire et une horloge, mais sa méticuleuse attention aux détails précis le poussa à faire mieux.

                 Coventry  publia avant son départ , en 1866 en français - langue qu’il maniait avec une aisance évidente -  une petite brochure, concernant un sujet assez particulier : quelle heure est-il exactement, où plutôt, quelle est le vrai moment  de midi pile  à Nice ?  Car le Cadran Solaire installé à grands frais, (selon M. Coventry) indiquait  le temps souvent quelques minutes ou juste quelques secondes différemment  du calcul mathématique. Voyons quelques extraits de cette publication, où les réflexions sont suivies par 12 pages de calculs, jour par jour ;   pour additionner quelques minutes au temps montré par le   Cadran:

 

                                  Depuis mon arrivée à Nice, j’ai toujours cherché à démontrer les inconvénients                  qu’il y avait  à calculer  l’heure d’après le temps apparent au lieu du temps moyen.

                 - Le temps apparent est celui qui est  indiqué   par un cadran solaire

                 - Le temps moyen est celui qui est indiqué par une montre ou par une horloge bien        réglée.   Entre ces deux temps il y a toujours une différence considérable.                                                                                                                                         (page 3)

                 Cette méthode de diviser le jour d’après la marche du soleil, à été, depuis bien                  longtemps, abandonné par toutes les nations civilisées.

                                                                                                                                      (p. 8)

                 C’est avec grand regret que j’ai vu, dans une ville aussi florissante que Nice, renouveler tout récemment cette antique méthode de mesurer le temps. L’argent employé à           l’érection de ce Grand Cadran aurait presque suffi pour acheter une excellente horloge,        éclairée au gaz, qui aurait permis de voir l’heure pendant la nuit. Cette horloge érigée          dans un endroit convenable aurait été en même temps un ornement utile pour la cité,             tandis que le Cadran n’est qu’une déception pour la masse de ceux qui devaient en         profiter.                                                                                                   (p.10)

 

              Comme bientôt le Canon n’indiquera plus l’heure du midi, je désire, avant de partir,    laisser aux habitants de Nice ce petit écrit qui leur servira à assurer du temps moyen au          moins vingt fois par jour, chose facile dans un pays où le soleil est si splendide  Quelle perte pour les malades qui ont écouté les conseils des écrivains  prévenus contre le pays ! Un hiver comme celui de 1865-66 ne se reverra peut-être jamais. (p.13)

 

                            Appendice no 8 :

              Avis Concernant le Time Ball qui tombe à midi sur l’Hôtel Chauvain. Cinq minutes avant midi, la Boule monte à la cime du bâton – A midi précise elle descend en bas. Avant que      la Boule parvienne au bas, le coup de Canon retentit de la plate-forme du vieux Château.            Ceci a lieu quotidiennement, excepté le Dimanche. L’horloge placée sous l’arcade du coin           sud de la Place Massèna, doit marquer l’heure approximativement.

 

              Il faut souligner une petite phrase de cette brochure, qui démontre encore une fois son humour  mais aussi l’appréciation que  Thomas Coventry avait de Nice  et de sa politique envers les Protestants anglophones :

 

              Le Dimanche 14 avril, l’horloge et le Cadran  marqueront la même heure à deux               secondes, mais à ce moment-là je serai à l’église pour accomplir mes devoirs religieux,          car quoique je m’occupe beaucoup de temps,  je pense encore plus à l’Eternité et Nice          pour moi est un charme de plus, en ce que nous pouvions en toute liberté jouir de nos       opinions religieuses

                                                                                                                            (p 14)

 

                 Dans sa Promenade’un Curieux à Nice, l’écrivain-journaliste  A-F.  Brun reprit la véritable histoire du coup de canon ; elle fut republiée dans les Annales de la Société des Lettres Sciences et Arts des Alpes Maritimes, tome XV,  en 1894 et il fustige les améliorations qui n’ont pas eu lieu depuis longtemps:

                                                  … aujourd’hui, je ne sais  pour qu’elle  cause, on a trouvé plus commode          de donner approximativement le signal du midi conventionnel. Cela vaut mieux que         rien, et l’on voit souvent même des gens qui règlent leur montre sur le canon du           Château. En fait, nous ne sommes guère plus avancés qu’il y a trente ans, avant     l’installation du time-ball de M. Coventry…

              Mais le couple Coventry était aussi connu à Nice des pauvres et infortunés ; leur générosité ne se concentra pas uniquement sur l’église anglicane ; il contribua généreusement à l’Asile Evangélique mais aussi pour les catholiques nécessiteux. Citons l’une de ses nécrologies, du   Journal de Nice  (février1869) :

                           

              « La mort vient de frapper à 73 ans, un homme dont le nom avait acquis une légitime            notoriété, non seulement dans le monde des arts, mais aussi les asiles de l’indigence, et dans les obscures mansardes, où la charité ingénieuse a soulagé bien       des infortunes.

              Le Bulletin de l’Etat Civil nous a appris hier au soir, que M. Thomas Coventry venait de décéder à la suite d’une longue maladie.

              Nice perd en lui un de ses hôtes les plus fidèles, et aussi un administrateur               enthousiaste, dont le zèle et la bourse ont toujours été prêts, pour soutenir et défendre les intérêts de notre cité et de notre littoral contre les perfides insinuations et les erreurs       volontairement persistantes de ses détracteurs.

              M. Thomas Coventry a installé une horloge régulateur, à l’entrée de la galerie               méridionale à côté du quai où elle est à poste fixe et tant que sa santé lui permit de          continuer ses observations astronomiques. Il fit à ses frais tirer le canon, à midi, sur la colline du Château. Horloge et canon ont été offerts en cadeau à la Ville qui depuis lors             probablement garde sa poudre pour une grande occasion, car le canon est devenu muet.

              Les habitants de Nice reconnaissants de tout ce que cet hôte savant autant que généreux a fait pour eux, conserveront son souvenir parmi celui de leur bienfaiteurs. »

 

              Le Figaro,  de Paris a publié en première page, le 20 Avril 1869, la nouvelle de son décès : « … un vieil Anglais assez riche et assez entêté pour avoir voulu entreprendre à ses frais de régler les horloges de la ville qui sont les plus indisciplinées du monde »

 

              Les  funérailles de Thomas Coventry furent célébrées au Holy Trinity Church, le 21 avril, conduites par le Révérend W. Rigden car le Révérend Charles Childers, le prêtre principal était déjà parti - c’était la fin de la saison d’hiver.

              Mme Elizabeth Littledale Coventry retourna après son décès à leur domicile de Tavistock Square à Londres, où elle est décédée à son tour quelques années plus tard,  mais s’assurant  que sur sa tombe figurait aussi  le nom de son défunt mari – évidemment très apprécié et  aimé.

              La coutume du coup de canon, n’ayant plus de financement arrêta immédiatement après la mort de M. Coventry, mais les Niçois ayant  protesté, finalement la Municipalité  décida de la pérenniser et elle fut officialisée par l’arrêté municipal de 19 novembre 1875. Le Canon de nos jours marque toujours  « le mie’jou»  à Nice.

 

 

              La tombe de Thomas Coventry est presque oubliée,  les habitants de Nice ne savent même pas qu’il y est mort et qu’il enterré à Caucade. Sa sépulture est pourtant aussi solide que son influence sur la vie ponctuelle de  tous les jours à Nice  – surtout à midi !

              L’inscription sur la tombe note qu’il est parti (in perfect peace).parfaitement en paix. 

                                                                                                                            Photos  : Roberte Dallo

 

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Nice Matin  18  novembre 1949, L’anniversaire du  canon de midi

Eclaireur du dimanche, Joseph Suppo,  Le cadran Solaire de l’Opéra de Nice, 30 Juillet 1921

Nice Matin, Sophie Casals: Le Cadran Solaire le l’Opéra  à l’ombre depuis 1881, 12/02/2013 image reproduite sur leblogduvieuxnice.nicematin.com

Edmond Wagner: Phénomènes Célestes, (Bibiothèque de Cessole BMM C1162)

Thomas Coventry: Quelques mots sur le Grand Cadran du Boulevard du Midi, Nice, Librairie Cauvin, 1866, (distribué gratuitement) unique copie à Nice Dubouchage