Point du Ramingao ŗ Roquebrune Cap-Martin

COUVERTURE ET DETOURNEMENT DU PAILLON

Mise à jour aout 2019

Elle a été réalisée entre 1868 et 1972.

Selon  Wikipedia :

« En 1868, la première couverture donne naissance à l’actuel square Général Leclerc. Puis, le Casino municipal est construit en 1884 entre le Square et le Pont-Neuf. En 1891, les travaux se poursuivent vers l’embouchure permettant la réunion des deux parties opposées de la place Masséna, et en 1893, la création de l'actuel jardin Albert-Ier. En 1921, le Paillon est couvert du square Leclerc à la rue Tondutti de l’Escarène entraînant la destruction du légendaire Pont-Vieux. En 1931, l’Esplanade Risso est inaugurée et, après la seconde guerre mondiale, jointe au tronçon située en aval. La couverture se termine en 1972 avec la disparition du pont Barla »

Ci-dessus de gauche à droite: Etat en 1891, axe du Paillon avant couverture, Vue de la Tour Saint François, projet Grandidier

 

Dans le Messager de Nice on peut lire deux soi-disant projets farfelus (!), un présenté par Ulysse Pic (Voir Messager de Nice du 14 octobre 1861) puis celui de Duclos Ingénieur (Voir Messager de Nice du 2 avril 1862), dont des extraits figurent ci-après.

Mais les questions liées au Paillon ont été à nouveau posées le 21 aout 1862 (voir ci-dessous) et le détournement du Paillon envisagé par un certain Mr Sabatier (voir Messager de Nice du 31 aout 1862)

On verra ci-dessous qu’il n’a plus été question de ce projet dont on n’a pas trouvé les détails et que l’endiguement du Paillon depuis la Pont Neuf jusqu’à la mer s’est poursuivi en 1864

Il y a eu un peu plus tard un projet Navizet (Voir Journal de Nice du 3 juin 1865), et un projet Grandidier (Voir Journal de Nice du 10 juin 1865

 

Messager de Nice

 

Mercredi 14 octobre 1861

 

Le Paillon :

…La construction du pont projeté sur l’embouchure du torrent est-elle définitivement ajournée ?

…Le Ministre …a constaté que le Paillon était une des plaies de la ville de Nice

…On doit espérer que Mrs les Ingénieurs… s’efforceront de parvenir… à une solution… qui fera cesser  les inconvénients du Paillon au point de vue de la propreté et de la salubrité publique

… S’il résulte qu’il est impossible soit d’envouter le Paillon soit de le détourner…le pont projeté sera construit

Mais d’ici là un projet sérieux ayant pour but de détourner le Paillon… est certain d’être pris en considération et secondé …par le Ministre des Travaux Publics.

…Considérons d’abord la superficie comprise entre la place Napoléon et l’embouchure du Paillon. Elle est de 4300 mètres  sur une largeur moyenne de 100 mètres. L’espace occupé par le Paillon est donc de 430.000 mètres.

Le Paillon libre livrerait donc à la spéculation 130.000 mètres de terrain. Le prix moyen de location par mètre carré à Nice est de 10f. La location du terrain occupé par le Paillon donnerait  par conséquent 1.300.000 f. La moitié de l’espace devant être réservé  pour la circulation et pour des aménagements d’agrément, on doit réduire de moitié ce chiffre et il resterait alors 650.000 f représentant l’intérêt du capital de 13.000 millions que couterait l’envoutement du Paillon à raison de 100 f le mètre carré de surface couverte comprenant la voute, les piles, les culées…etc… Voilà pour l’envoutement.

A t-il des inconvénients ?

… On pourrait résoudre la question par un tunnel entre les Rives Rousses près de la Trinité et Beaulieu, d’une longueur de 2200 mètres  sur une largeur de 40 mètres environ avec une pente de 2/100. Cette dépense pourrait être évaluée en moyenne à 5000f le mètre courant soit en totalité de 11.000.000 f, le tunnel étant  ouvert sur presque toute la longueur dans une roche solide qui évitera les frais de muraillement. On gagnerait dans le lit du Paillon en ménageant un écoulement  au  vallon de saint André, 7 kilomètres de long sur une largeur moyenne de 100 mètres soit 60 hectares que l’on transformerait en jardins, casernes, établissements d’agréments et d’utilité de toute sorte. Le produit de location et de vente de ces terrains rapporterait bien au-delà du capital exigé pour le détournement du Paillon

… C’est Nice toute entière qui s’enrichira… Il faut ouvrir ses ailes à l’esprit nouveau… 

 

Samedi 2 avril 1862

 

Système de barrages appliqué au Paillon

 

Monsieur

 

J’ai l’honneur de vous adresser ci-joint un rapport sur un système de barrages appliqué au Paillon; permettez-moi d’espérer qu’il trouvera place dans vos colonnes puisqu’il intéresse tous les habitants de la contrée de Nice.

Mon plan a été conçu dans la pensée de supprimer le Paillon, d’utiliser ses eaux et de renouveler ainsi la face du pays.

Une question de cette nature qui touche de si près à l’embellissement et à la prospérité du pays, ne pouvait échapper à la prévoyante sollicitude de Mr le Préfet qui la reçut et la soumit sans différer à l’examen de Mrs les Ingénieurs des Ponts et Chaussées.

L’accueil favorable fait à mon rapport me permet, je crois, de donner un aperçu de mes excursions dans les montagnes.

Je veux constater d’abord que les inconvénients qu’oppose la disposition des lieux ne sont pas aussi difficiles à surmonter qu’on pourrait le croire. Avec un peu de bonne volonté et pas trop d’argent le lit du Paillon privé des tributs de ses principaux affluents ne tarderait pas à disparaître et les graviers du torrent feraient bientôt place à de fertiles jardins, prairies etc.

J’ai visité les vallées de Luceram, de Thouet, de Berra, de l’Escarène, de Peille, de Contes, de Bendejun, de Coaraze, de Saint André jusqu’à la grotte de ce nom. Nul pays ne se présenterait mieux que celui-là à l’exécution de mon projet.

A Luceram à soixante mètres en amont du moulin dit Soutran on pourrait établir le premier grand bassin dont la capacité serait de 655.371 mètres cubes.

Le barrage aurait 5 mètres d’épaisseur moyenne sur 24 mètres de longueur et 25 mètres de hauteur. Les eaux de ce bassin iraient, conduites par de simples rigoles, féconder toute la vallée de Luceram et arroser les hauteurs de l’Escarène d’où l’excédent retournerait dans le lit du Paillon pour se rendre dans un nouveau réservoir.

A Thouet on construirait un deuxième grand barrage au confluent des ravins de Pegriffe et de Braus. Sa contenance serait de 325.243 mètres cubes d’eau pure qui pourrait servir à l’irrigation de la vallée de Thouet, ainsi qu’à l’approvisionnement des vallées de l’Escarène et de Berra. Les dimensions de  la muraille seraient de 5.50 mètres d’épaisseur moyenne, de 25 mètres de long et de 40 mètres de hauteur. Dans le territoire de Peille à l’endroit appelé la porte de l’écluse, une montagne de plus de trois cent mètres de hauteur formée de roches compactes, semble s’être ouverte pour donner  issue aux eaux qui convergent sur ce point et viennent constituer le gros Paillon. Elle offre deux crevasses partie en talus, partie en surplomb qu’il serait facile de fermer.

Une muraille de 5.50 mètres  d’épaisseur  moyenne de 24.50 mètres de long  et de 50 mètres de haut, pouvant retenir 1.561.150 mètres cubes d’eau fermerait la gorge qui sert à l’écoulement des eaux de Braus, de Luceram, de Thouet, de Berre, de l’Escarène, de Très etc…et déterminerait un lac où l’on pourrait pratiquer la pisciculture. En fermant l’autre ouverture, à l’aide  d’un barrage de 5.50 mètres d’épaisseur moyenne sur 19.75 mètres de large et 60 mètres de haut, on obtiendrait un réservoir de 1.650.400 mètres cubes où toutes les eaux du grand vallon de Gaudissart s’accumuleraient; elles sont pures et pourraient servir à l’approvisionnement de Peillon, de Drap, de la Trinité, de Villefranche et de Nice.

Remarque : Au moyen de ces deux derniers barrages situés au passage de la plus grande partie des eaux qui viennent aboutir à Nice, on pourrait en les exhaussant de 2.50 mètres  et en achetant pour 150.000 f environ de terrains arrêter de dix à douze millions de mètres cubes d’eau.

Me voici arrivé au Paillon de Contes.

Après une ascension de six heures, j’ai atteint le pied d’une montagne appelée Palo. La Palo est située à l’extrémité de la vallée de Coaraze ; les chaines qui ferment cette vallée et qui se continuent sans interruption sensible jusqu’à Contes viennent s’y embrancher dans une direction à peu près perpendiculaire. J’ai constaté que les eaux  qui partiraient de cet endroit iraient approvisionner et arroser les communs de Coaraze, de Bendejun, de Châteauneuf et toute la vallée. En vue de ces beaux résultats je regrettais de ne pouvoir déjà faire profiter le pays de ces eaux qui couraient sans utilité devant moi pour aller se perdre plus loin dans les graviers.

Le jour étant sur son déclin, je me trouvais éloigné du premier village et au milieu d’affreux précipices. Il m’importait de quitter ce poste avant l’arrivée de la nuit, mais d’autre part j’aurais voulu m’y maintenir encore pour y déterminer au mieux l’emplacement de deux grands réservoirs, mais je dus en mettant à profit le reste du jour que j’avais devant moi, me borner à en fixer un qui contiendrait 815.450 mètres cubes d’eau. Le barrage aurait 6.25 mètres d’épaisseur moyenne sur 17.40 mètres de longueur et 50 mètres de hauteur.

Le jour suivant je continuai mes opérations dont voici le résultat. Au pont de Linée situé au bas du versant de Coaraze, une muraille de 4.75 mètres d’épaisseur moyenne de 8.25 mètres de longueur et de 10 mètres de hauteur déterminerait un récipient de 14.131 mètres cubes. Plus bas avant de contourner la propriété de Portanelly on pourrait établir un barrage  avec retour sur la rive droite du torrent. Il retiendrait 97.020 mètres cubes d’eau et ses dimensions équivaudraient, savoir :

1 - celles de la partie transversale, à 4.75 mètres d’épaisseur moyenne sur 11 mètres de longueur et 9 mètres de hauteur.

2 - celles de la partie en retour, à 1.50 mètres sur 20 mètres et 4 mètres.

A Calenco, quartier limitrophe des Communes  de Coaraze et de Bendejun, on construirait un bassin de 170.287 mètres cubes. Un mur de revêtement serait dressé contre la montagne de terre friable qui forme une partie de la rive gauche du Paillon, afin de prévenir des éboulements et la chute de terre dans le bassin. Ce mur tirerait  75 mètres de longueur 14.07 mètres de hauteur moyenne et 0.50 mètres d’épaisseur. Le barrage aurait 23.50 mètres  de longueur 5 mètres d’épaisseur et 15 mètres de hauteur.

Dans le territoire de Contes, au débouché de Lamayre il suffirait de faire sur le lit du Paillon une jetée de 6 mètres d’épaisseur moyenne sur 56 mètres de longueur et 40 mètres de hauteur pour arrêter 1.849.000 mètres cubes d’eau. On pourrait dans ce lac comme dans celui de l’Ecluse du Paillon pratiquer une avantageuse pisciculture. Les usines de Contes arrêtées souvent par défaut d’eau pourraient puiser dans cette source intarissable et fonctionner à volonté. L’eau de ce réservoir envahirait de chaque côté 7500 mètres de forêt claire plantée de pins rabougris appartenant à divers particuliers. Le fonds de la forêt se compose de gros blocs de pierre de groupes de rochers et de peu de terre. On l’achèterait à son prix en le payant 100 f.

Nota : Les autres ouvrages ne nuiraient pas aux intérêts de personne et serviraient tous les riverains. L’eau envahirait une section du lit  et chaque ravin sans atteindre la terre végétale.

La partie de l’affluent de Saint André que j’ai visitée comporterait deux petits barrages, l’un à la passerelle d’amont du village et l’autre devant la grotte. Les deux couteraient de construction 37843.50 f  et contiendraient 42.600 mètres cubes d’eau

Récapitulation de la contenance des bassins

Etat des frais de construction des dix barrages

Pendant qu’on exagérait généralement la production du Paillon et qu’on désespérait de pouvoir faire assez de réservoirs pour y renfermer  ses eaux, je pensais tout différemment. Je craignais au contraire qu’il ne donnait pas assez pour satisfaire les besoins du pays. Mais aujourd’hui après mes explorations, ne n’ai plus aucune crainte à ce sujet. J’ai vu à la naissance de chaque affluent des sources abondantes qui ne cessent de couler et qui alimenteraient les réservoirs en temps de sécheresse. En l’état actuel des choses, ces précieuses eaux se perdent aussitôt qu’elles touchent à cette immense trame de graviers qui va de Contes et de l’Ecluse de Peille jusqu’à la mer.

Tels sont les renseignements que je suis allé puiser à bonne source pour avoir l’honneur de soumettre à l’appréciation  des administrations compétentes et à l’appréciation de tout le monde. S’ils n’indiquent pas la forme  et la disposition définitive des ouvrages à faire, ils rendent au moins pour projet incontestable et dans son principe et dans son application aussitôt qu’on l’aura permis.

Le débit du Paillon quel qu’il puisse être lors des fortes crues, n’influerait en rien sur les barrages don il s’agit ; serait-il trois fois plus fort on pourrait encore le contenir en agrandissant et en multipliant les bassins ce qui serait facile à faire.

Mais en l’état actuel des choses, j’estime que les réservoirs que j’ai cités suffiraient pour recevoir et gouverner l’eau des affluents auxquels ils s’appliquent et l’eau même de tout le Paillon.

Mon opinion sur le sujet est fondée sur ce qui suit. La Seine roule dans son état moyen 130 mètres cubes d’eau par seconde ou 4.680.000 mètres cubes en dix heures. La Garonne que j’ai étudiée sur plusieurs points, en roule à Toulouse, 150 mètres cubes soit 5.400.00 mètres cubes en dix heures. Quiconque a vu ce dernier fleuve conviendra avec moi que le lit du Paillon ne pourrait  contenir à beaucoup près la moyenne de ces eaux.  Or si la Garonne plus abondante que le Paillon met dix heures pour produire 5.400.000 mètres cubes d’eau, quelle est la durée qu’il faudra supposer à une crue du Paillon pour produire cette quantité d’eau ?

Les anciens auprès des quels je me suis enquis de la durée des crues du Paillon, s’accordent à dire que les plus fortes ne se sont jamais  continuées au-delà de quatre heures. En les supposant de cinq heures et aussi abondantes que la Garonne  je crois ajouter beaucoup à leur importance. En effet les arches du Pont Vieux à Nice ne pourraient pas donner passage  à 150 mètres cubes d’eau par seconde. Pour qu’elles le puissent, il faudrait établir une rapidité de courant que  le pont ne pourrait supporter et que la largeur et l’inclinaison insensible du lit du Paillon refusent d’admettre. « Les eaux ne peuvent prendre une vitesse plus grande  que celle qui convient à la pente et à la section du lit…etc. ».

Dans le cas où la durée de chaque crue du Paillon serait de cinq heures et leur débit équivalent au débit de la Garonne elle s‘élèverait à 2.700.000 mètres cubes. Les réservoirs que j’ai indiqués mesureront ensemble 7.407.738 mètres cubes. Ce résultat augmenté de la capacité des bassins à établir dans quelques ravins secondaires permettrait de ramasser les eaux de quatre fortes crues au moins et ce serait assez pour pouvoir :

1 – Construire des usines de tout genre au pied et sur les versants des coteaux

2 – Alimenter en temps de sécheresse les usines qui existent déjà

3 – Arroser à volonté les montagnes et les vallées

4 – Pratiquer la pisciculture avantageusement

5 – Profiter du lit du Paillon

6 - Renouveler enfin la face du pays

Nice le 27 mars 1862

Duclos architecte ingénieur

 

21 aout 1862

 

On faisait hier dans l’après-midi des études de niveau sous le Pont Neuf. La montagne en travail de projets finira peut être par accoucher on le dit d’un…statu quo

 

31 aout 1862

 

Nous apprenons à l’instant qu’un vaste programme comprenant parmi l’exécution de travaux considérables,  le détournement du Paillon…vient d’être soumis à l’administration communale….plan et pièces justificatives présentés par Mr Sabatier

 

Jeudi 25 décembre 1862

 

Nous tenons de source certaine que les entrepreneurs qui doivent s’entendre avec les capitalistes de l’affaire pour le détournement du Paillon viennent d’arriver à Nice

 

Il n’a pas été trouvé pour l’instant d’autres documents relatifs à cette affaire, mais les travaux pour la construction de digues latérales ont commencé à ce moment

 

Vendredi 7 mars 1863

 

On a commencé hier dans le lit du Paillon à placer les jalons indicateurs du quai Masséna

 

Journal de Nice

 

Vendredi 10 juillet 1863

 

Les travaux d’endiguement du Paillon du Pont Neuf à la mer et l’élargissement du quai Masséna ont été mis en adjudication…l’endiguement du Paillon jusqu’à la mer implique l’idée du prochain établissement du pont destiné à relier la Promenade des Anglais au Quai du Midi

Agrandissement du quai Masséna adjugé le 24 juillet

 

Mercredi 6 janvier 1864

 

L‘ensemble des travaux en cours d’exécution sur le Paillon entre le Pont Neuf et la mer comprend l’élargissement des trottoirs du Pont Neuf, la construction du nouveau quai Masséna, l’agrandissement du jardin public et l’établissement d’un pont en fonte pour relier directement le Boulevard du Midi à la Promenade des Anglais…Il se composera de trois arches de 21 mètres d’ouverture

 

Dimanche 17 janvier 1864

 

Détails sur les travaux

 

Samedi 3 juin 1865

 

…Une longue expérience ayant suffisamment démontré que la section de trois arches ensemble du Pont Neuf est suffisante pour le passage des eaux dans les plus fortes crues, il suffirait d’avancer les murs des quais sur le torrent de manière à ne laisser à celui-ci qu’une section égale  au moins à celle des trois arches du Pont Neuf… Cette opération donnerait  sur chaque quai de deux rives une lisière de terrains dont une partie serait tout d’abord employée à l’élargissement des quais et boulevards…Sur l’autre partie construire sur les deux  rives depuis le Pont Neuf  jusqu’au pont projeté  à a Place napoléon  de légères et élégantes galeries… Ces galeries donneraient ensemble une longueur de 1500 mètres environ…plus de 300 magasins à offrir au commerce et à l’industrie…Masqué par d’élégants magasins, le Paillon ne serait plus visible que dessus les ponts

(Suit une évaluation des travaux)

Signé L. Navizet

 

Samedi 10 juin 1865

 

…Le Paillon à partir du débouché  de la rue Centrale sur le quai jusqu’à son embouchure dans la mer doit avoir un parcours d’environ 900 mètres. Si au lieu de suivre la direction actuelle il se dirigeait à gauche à partir du point que je viens d’indiquer pour venir se jeter  dans la mer près de la poissonnerie, il suivrait une ligne  à peu près tracée par la rue du Statut, de l’Arc, de la Poissonnerie, de la Place du même nom. (Rue Benoit Bunico actuelle).Son trajet serait raccourci de moitié. Sa pente dans cette partie  serait un peu plus rapide, par conséquent son débouché pourrait sans danger être diminué de moitié. Au lieu de 60 mètres qu’il doit avoir au Pont Neuf on pourrait ne lui en laisser que trente…

Come dépense les trois voutes que je propose de construire  équivaudraient à peu près à celles dont il est question  de faire pour recevoir les Halles, comme indiqué  sur le plan  récemment indiqué par Mr Jougla

Signé J F Grandidier de Marseille.

 

Jeudi 29 juin 1865

 

Second projet Navizet

 

… l’espace compris entre le Pont Vieux et le Pont Neuf  étant de 500 mètres environ, l’on pourrait créer en maçonnerie entre ces deux ponts dans l’axe du lit du Paillon une ile de forme oblongue de 300 mètres de longueur sur 12 mètres de largeur, à niveau des quais laissant  de chaque côté un espace de 20 mètres de largeur suffisant pour le passage des eaux dans les plus fortes crues. Un  pont à deux arches à construire du quai Saint Jean Baptiste au Boulevard du Pont Neuf, dont le besoin se fait sentir chaque jour davantage par l’accroissement que prend le quartier de la rive droite du Paillon donnerait accès à la susdite ile qu’il traverserait dans le milieu. Sur cette ile de 3600 mères de surface  seraient édifiées les Halles….en deux pavillons séparés  par le pont à construire

(Suit la description des pavillons et un commentaire sur le une critique de Mr Grandidier)

… Le Paillon disons nous est un cadavre sur lequel il faut tirer un rideau afin de le dissimuler autant que possible en attendant  de le faire disparaître… non en le jetant sous des voutes à travers la ville, non en partie comme le propose Mr Grandidier mais complètement en le détournant  à hauteur de Saint Pons et en le jetant dans la mer d’Eze…

Signé L. Navizet

 

Vendredi 15 mars 1867

 

Mr Durandy, agent voyer de la Ville, commencera demain les études d’envoutement…

 

Lundi 8 avril 1867

 

Enquête relative au projet d’envoûtement du Paillon et la création d’un square  entre les rue Alberti et Gubernatis

…Projet de construction d’un pont de 106 mètres de large

 

Dimanche 30 juin 1867

 

Dans le Paillon on a commencé les déblais pour les fondations des piles du pont qui supportera le square projeté et non encore dénommé

 

Dimanche 01 septembre 1867

 

Le pilotage de la culée occidentale du pont square est conduit à bonne fin. Il ne reste plus que quelques pilotis à enfoncer à l’extrémité nord. Le coulage du béton est commencé

 

Mercredi 11 septembre 1867

 

Le pilotage des fondations de la culée occidentale du pont square du Paillon a été entièrement terminé. Les deux sonnettes qui fonctionnaient une à chaque extrémité ont été pavoisées et ornées de bouquet... Suit une description détaillée de l’avancement

 

Mercredi 18 septembre 1867

 

Description de l’avancement des travaux du pont square

 

Dimanche 8 mars 1868

 

Les travaux de la rive droite du Paillon se poursuivent avec activité et bientôt le nouveau quai Saint Jean Baptiste, livré à la circulation au mois de décembre dernier, se prolongera avec son large promenoir jusqu’à l’église du voeu

 

Samedi 4 avril 1868

 

On a commencé ce matin sur la rive gauche du Paillon l’armature en bois de la culée et de la première pile qui doivent servir à la construction de  la voute du pont square.

Il est à supposer que cet ouvrage va être activement poursuivi de manière à être entièrement terminé avant le retour de l’hiver

 

Dimanche 3 mai 1868

 

Depuis quelques jours on charge les matériaux des cintres du pont square du Paillon. L’oeuvre de maçonnerie des voutes sera commencée la semaine prochaine ;

 

Dimanche 31 mai 1868

 

On a terminé la pose de la clef aux cinq arches du pont square du Paillon sur une largeur de dix mètres. On procèdera  bientôt au décintrage de cette partie des voutes afin de continuer les travaux en amont.

 

Dimanche 01 novembre 1868

 

Les travaux du square du Paillon ont repris depuis quelques jours…On a commencé aux deux extrémités du pont la pose des dés  servant à relier et à soutenir les garde-corps en fonte…Noua avons vu arriver sur place les premières assises du piédestal destiné à la statue de Masséna...il sera exécuté avec la belle pierre de la Turbie

 

Photo de 1891

 

Elle a été prise par Jean Gilletta et extraite d’un livre de Jean Paul Potron – Jean Gilletta et la Cote d’Azur-  paysages et reportages 1870-1930

On voit au fond le pont des Anges ou pont Napoléon III