digue du var

 

COLONEL WAGNER CHEF DU GENIE DE NICE

 

Mise à jour avril 2019

 

Cet officier a été en poste assez longtemps dans les Alpes Maritimes.

En 1865, il était capitaine du Génie et a fait un rapport le 26 mars 1865 intitulé :

 

Mémoire sur la reconnaissance des hauteurs entre la Vésubie et la Roya occupées par les armées française et austro-sarde en 1792, 1793, 1794"

A cette occasion il a parcouru les montagnes niçoises dans tous les sens et il a pu recueillir des informations de la part au moins d’une personne très âgée de l’arrière-pays qui avait connu les guerres de la Révolution.

A son époque il y avait encore de nombreux vestiges visibles des camps et positions de combat des belligérants.

Beaucoup de traces ont disparu depuis.

Son rapport comporte aussi des observations à caractère économique sur les ressources du Haut Pays pouvant servir aux militaires

Malheureusement les plans et croquis accompagnant ce mémoire ont disparu. Une liste a été établie pour le cas où certains réapparaitraient

 

En mai 1878, il était lieutenant colonel, chef du Génie à Nice, il a fait un rapport intitulé :

 

Rapport au sujet des dispositifs de mines exécutés par les italiens sur la route de Tende dans le voisinage de la frontière

Dépêche ministérielle N° 4429 du 26 Mars 1878

 

Cette opération d’espionnage a été effectuée le 29 avril 1878 et l’officier indique être rentré à Nice dans le nuit du 1er au 2 mai.

Le col de Tende était alors italien et la visite a dû être discrète. Le Colonel était accompagné d’un homonyme du nom de Wagner, commissaire de police à Fontan

La frontière se trouvait au nord de Fontan.

Une plaque  été apposée après la deuxième guerre mondiale à cet endroit, assez revancharde, par le Comité de rattachement.

Elle a depuis été retirée dans le cadre de la réconciliation franco-italienne. Mais une photo se trouve dans les archives des Editions du Cabri à Breil sur Roya. Il y avait aussi une autre plaque apposée sur la façade de la Mairie de Tende

 

La mémoire de cet officier est conservée sur une plaque dominant un abreuvoir au col de Turini et indiquant « à la mémoire du lieutenant colonel Wagner Chef du Génie à Nice  1877-1881 »

Voir photos ci-dessus en tête de l'article

Note:

 

A propos d’un cadran solaire en cours d’exécution sur le Quai du Midi à Nice et d'un article du Journal de Nice du 21 mai 1865:

"…Tel est le projet de cadran solaire sur le Quai du Midi. Ce monument gnomonique, le plus complet qu’on puisse peut-être citer, la ville de Nice le devra à Monsieur le Capitaine du Génie, Wagner, qui sur la demande de la Municipalité a bien voulu en rédiger le projet et en diriger l’exécution…" (suit une description du monument)

Voir dossier:

http://www.archeo-alpi-maritimi.com/cadransolairedumidi.php

L’état des travaux du tunnel du col de Tende en 1878

En 1878, le Lieutenant Colonel E. Wagner alors chef du Génie à Nice a été désigné par le colonel Directeur du Génie pour faire une visite  des dispositifs de mines exécutés par les italiens sur la route de Nice à Turin par le col de Tende.

Notons pour mémoire que des projets de tunnel avaient déjà été faits en 1612, vers 1680 avec deux forages et vers 1750 (voir atlas Saluzzo bibliothèque royale de Turin)

 La  tournée du colonel a été effectuée en compagnie de Monsieur Wagner (un homonyme), commissaire spécial de police à Fontan, et probablement en toute discrétion.

Le colonel dans son rapport du 10 mai 1878, note :

 «Nous avons fait cette tournée en compagnie de Mr Wagner, Commissaire spécial de police à Fontan, qui s’est mis à notre disposition avec beaucoup d’obligeance et nous a facilité notre mission, notamment dans notre passage au milieu des gendarmes italiens de Tende qui inspectent soigneusement tous les voyageurs »

 Le colonel profite de sa tournée pour examiner l’état d’avancement des travaux du tunnel :

« A Tende, une compagnie de chasseurs alpins tient garnison. Le tunnel de la montée du col de Tende est toujours en cours d’exécution. Nous l’avons visité du côté sud et nous avons obtenu de l’Ingénieur chargé de la direction des travaux de ce côté tous les renseignements que nous avons voulus. Le gouvernement italien a pris directement en main l’exécution des travaux après plusieurs déconfitures d’entrepreneurs. Le travail est entrepris par les deux têtes et suivant les procédés les plus élémentaires de l’art du mineur, c’est à dire au moyen du pistolet et de la barre à mines manœuvrés à dos d’hommes.

Du côté du sud, on était arrivé, le 29 avril, à une longueur de 675 mètres et du côté nord à une longueur de 860 mètres, la longueur totale du tunnel devant être de 3150 mètres, et l’avancement par jour étant de 0.80 mètre du côté sud et de 1 mètre du côté nord, on voit que la moitié du travail à peine est faite et qu’il faut encore deux ans et demi pour le terminer, si toutefois les travaux ne sont pas interrompus et que les difficultés d’exécution restent les mêmes qu’aujourd’hui.

La galerie doit être revêtue sur presque toute sa longueur ; actuellement du côté sud elle ne l’est que sur une cinquantaine de mètres ; la partie, d’une centaine de mètres de longueur, qui suit celle-ci ne doit pas avoir de revêtement à cause de la nature compacte et homogène du roc. Ce revêtement se fait en moellons d’assise, et à une épaisseur d’environ 0.60 mètre. La section intérieure a une forme ovale surhaussée en anse de panier. Sa largeur est de 6.50 mètres et sa hauteur de 6.00 mètres. Ce tunnel supprimera une bonne partie de la montée du col, soit environ 600 mètres de hauteur sur le versant sud. Cette partie est franchie par un tronçon de la route actuelle, présentant des pentes de 0.070 à 0.086 par mètre et environ 50 lacets. Malgré cette suppression de 600 mètres dans la traversée de la montagne, ce tunnel est encore trop haut pour pouvoir servir à un chemin de fer, la pente n’en saurait être moindre que 0.05 par mètre »

 

Bibliographie

 

Collection du Ministère de la Défense, SHD, département de l’armée de Terre, 1 VD 34, art 4 sect 1, parag 5, C1, N° 37