digue du var

 

PREMICES DU TUNNEL DE TENDE 06430

Mise à jour octobre 2018

 

Des projets avaient été envisagés dès le dix-septième siècle sans succès, mais on peut encore voir dans la montagne un début de galerie abandonnée côté sud, et en juin 1853 il y avait une galerie de commencée côté septentrional du Col au lieu-dit la Panis près de Limonetto

Photo ci-dessus: extrait de l'atlas Saluzzo

Extraits  du journal l'Avenir de Nice

 

Lund 24 mars 1851

 

Séance du 18 mars 1851 (extraits)

Rapport de la Commission des Travaux Publics

Art 6 – Percement du col de Tende. Cette oeuvre est grandiose et d’une incontestable utilité commerciale et politique. Suivant le projet de l’ingénieur Moglino il faut pour son exécution 3.620.000 F et 18 années de travail. Mais Mr le Ministre après un examen réfléchi lui a préféré un nouveau projet du même ingénieur qui procurerait une grand économie de temps et d’argent puisqu’il n’exigerait que 1.500.000 F et 12 années de travail.

…. La Commission demanda  au Ministre si l’on avait fait des études de la roue par la vallée de l’Argentina

…. En évaluant la dépense de cette route on trouve un total de 4 millions.

…. La route de Nice à Tende une fois améliorée profitera aux provinces de Nice et de la Sardaigne, tandis que celle proposée par Mr Boso (Argentina) ne serait qu’à l’avantage de San Remo.

…. L’orateur rappelle que l’Ingénieur Moglino avait présenté deux projets pour le percement du col 1- dans le premier il s’agit de construire une galerie partant de Limonetto. Dans le second la galerie ne devait partir  que de la moitié du mont

 

Jeudi 27 mars 1851

 

Intervention à la chambre des députés de Monsieur Henri Avigdor député

 

Nous appelons l’attention de nos lecteurs sur le discours prononcé par Mr Henri Avigdor député dans la séance du 19 mars relativement au percement du col de Tende.

…Nice ne connaît du Piémont, il faut en convenir, que l’autorité tyrannique qui a régné sur elle depuis 1814.

… Ainsi, Messieurs, quand on parle de renvoyer la discussion d’un projet de loi en faveur du percement du col de Tende après la discussion des lois organiques, je renonce bien à avoir cette oeuvre utile accomplie avant une époque que je ne saurais fixer. Il s’écoulera une longue série d’années avant que la Province de Nice puisse se mettre en rapport direct avec la capitale.

Pour la discussion de ces lois organiques, il nous faudra l’espace de six à huit mois et il n’en faudra pas moins pour commencer les travaux, quand vous aurez voté les dépenses. Après il faudra encore douze ans pour terminer ce perforement (sic). Il me semble que la raison serait péremptoire pour ne pas retarder plus longtemps.

 

Vendredi 9 mai 1851

 

Etats sardes - Chambre des Députés-Séance du 5 mai.

Le ministre des travaux publics présente un projet de loi pour la construction d'une galerie à travers le col de Tende

 

Mardi 13 mai 1851

 

Editorial

 

… ce que nous croyons seulement c’est que l’idée du percement du col de Tende n’a été reprise d’abord que comme réclame électorale dans la vallée de la Roia et que ses plus fervents propagateurs eux-mêmes s’attendaient peu à la voir si bien réussir…

…un chemin de fer entre Nice et le Piémont est une chimère que l’esprit le plus crédule se refuse à caresser…

 

Vendredi 10 décembre 1852

 

Compensations

Plan financier du Ministère.

…Un mot sur un projet de route de Nice en Piémont par le col du Cavalet

Nous lisons dans la gazetta delle Alpi, journal de Coni le compte rendu d’une délibération de la Commune de Valdieri  relativement à l’ouverture d’une nouvelle route entre la province de Nice et le Piémont. Cette délibération a été prise suite à la suite d’une requête du municipe de Belvédère, aux termes de laquelle il demande à la Chambre des députés solliciter le Ministre des Travaux Publics qu’il fasse immédiatement procéder  aux études d’une route qui passant par Levens et Saint Martin de Lantosque, entre en Piémont par la vallée du Gesso après avoir passé les Alpes et  de ce point aller aboutir à Coni. Voici la teneur de cette délibération

«  1 – que la communication actuelle entre le Piémont et la Division de Nice se trouve réduite au passage  du col de Tende, toujours difficile et souvent dangereux, surtout pendant la saison d’hiver.

2 - qu’il en dérive de graves inconvénients et d’incalculables dommages au commerce qui pourrait être florissant entre es anciennes provinces de la monarchie

3 – que la suppression des droits différentiels, lesquels favorisaient le rapport entre Nice et le Piémont  et entretenaient  un certain mouvement sur cette route quoiqu’on eut détourné le commerce du côté de Gênes ; cette suppression  disons-nous a presque arrêté tout commerce entre les deux pays ; qu’il est par conséquent très urgent de pourvoir en de promptes et faciles communications au rétablissement de rapports commerciaux qui faisaient autrefois la prospérité du Piémont supérieur et du Comté de Nice

4 – que la route par Saint Martin de Lantosque présente des avantages qu’aucune autre route ne saurait offrir car moyennant le percement du col de la Cerise, dit le Cavalet, il serait possible d’avoir en toute saison de l’année un facile accès en Piémont et dans le Comté, de plus le trajet entre Coni et Nice pourrait s’accomplir en douze heures, que à cause de sa forme pyramidale, le col du Cavalet ne présentant qu’une longueur de deux mille cinq cents mètres, on pourrait en opérer la perforation avec une dépense qui d’après des calculs qui ont été entrepris n’excéderait pas la somme de trois cents mille francs ; que ce travail achevé le reste de la route ne présenterait plus aucune difficulté de sorte que l’on peut affirmer que cette voie de communication serait préférable à toute autre voie qu’on espérerait pouvoir ouvrir dans cette chaine des Alpes. Le Conseil persuadé à la vérité de ces considérations délibère à l’unanimité d’approuver la requête de la Commune de Belvédère et d’en présenter une de son côté aux députés de la nation »

Nous n’avons que peu de mots d’observation à faire sur ce projet, c’est que financièrement parlant et eu égard aux ressources disponibles de l’Etat, cette entreprise est impossible. En effet la galerie de Limonet  qu’on avait projeté à travers le Col de Tende pour mieux tromper les populations de la province de Nice lors de la suppression du port franc avait une longueur de 2800 mètres dans une roche calcaire et sa dépense s’élevait à 3.620.000 f et la galerie qu’on devrait ouvrir à travers le col du Cavalet ne couterait rien moins que sept ou huit millions au lieu de trois cents mille francs comme le croit le Conseil Municipal de Valdieri. Devant un chiffre aussi énorme, eu égard à l’importance secondaire de cette nouvelle voie de communication il est permis de reculer sans honte et de renoncer à des projets fabuleux.

Nous espérons  que la Commune de Belvédère ne nous en voudra point d’avoir soufflé sur ses illusions et de l’avoir amenée à la triste réalité. Ne tentons pas l’impossible mais que toutes les Communes de la province s’entendent  et n’aient qu’une voix pour réclamer des routes qui établissent une communication directe entre Nice et les diverses vallées de nos montagnes.

 

Mercredi 29 juin 1853

 

La malle-poste de Turin a versé sur le côté septentrional du col de Tende un peu en dessous de la galerie commencée de la Panis

 

Extrait du livre : le Col de Tende page 52

 

« Malheureusement les difficultés financières de l’Etat Piémontais ne permettent pas d’engager les travaux, malgré les pressions permanentes des élus et industriels des deux versants. Les années passent et le 3 février 1873 est enfin approuvé par le parlement un projet dû aux ingénieurs Fiorio et Giovanni Delfino de Coni. La somme extraordinaire de 2.120.000 lires est accordée pour ouvrir un tunnel au col de Tende et pour raccorder les deux accès de la route nationale de Cuneo à la mer. Les travaux de percement débutent la même année, à l’altitude de 1320 mètres côté nord et 1279 mètres côté sud.la galerie d’une hauteur de 5 mètres et d’une largeur de 6.30 mètres a finalement une loguer totale de31825 mètres. Elle est ouverte à la circulation en 1882 »

 

Etat des travaux en 1878

 

Les travaux du tunnel ont fait l’objet d’une visite discrète du Lieutenant-Colonel Wagner car le tunnel se trouvait en territoire italien.

Il y avait à ce moment un peu moins de 700 mètres de percés côté sud

Voir dossier Internet :

 

Bibliographie

 

Botton Charles et Michel Braun – le col de Tende – Editions du Cabri 1991