Ci des

Chapelle St-Jean à Belvédère

MIRE DE LA GAUDE 06610 LA GAUDE

 

Mise à jour aout 2015

Prospections et recherches  : B. Mingalon, J.Sarale, R. Barbès

 

 

ci contre:

documents officiels extraits

A la fin du XIXème siècle l’astronome Henri Joseph Anastase Perrotin  a fait des mesures de la vitesse de la lumière, d’abord entre l’observatoire de Nice et un emplacement situé à la Gaude dans la propriété d’un ami, distant de 12 kilomètres environ. Ces mesures ont fait l’objet d’un compte rendu à l’Académie des Sciences en 1900 mais les mesures avec la Gaude ont commencé en 1898 comme il résulte de notes manuscrites (voir à la fin). Alex Benvenuto () page 40 et 41 a fait un historique de ces mesures

 

La mire se trouvait dans une propriété au quartier la Condamine appartenant à la fin du XIXème siècle au Professeur Ambayrac ami de Monsieur Perrotin.

Cadastre actuel section BI 83, ancien cadastre de 1834 section E la Font Antique

Depuis, cette propriété a été morcelée mais le laboratoire existe toujours.

 

Ci dessus de gauche à droite: façade sud du laboratoire, façade nord avec plaque, détail de la plaque, pilier, extrait de Science et Vie

Une plaque située contre la paroi nord du laboratoire du professeur, porte les mentions suivantes :

PILIER GEODESIQUE

ALTITUDE 318M

LONGITUDE 4°43’55.4

LATITUDE 43°43’34.4

TRIANGULATION

LA GAUDE OBSERVATOIRE BISCHOFFSHEIM

DISTANCE 11862.2 M

VITESSE DE LA LUMIERE 299mk9

PAR CORNU DE L’INSTITUT

PERROTIN DIRECTEUR DE L’OBSERVATOIRE

SIMONIN COLOMAS  BRIAL LAVELLE

 

Le but de la présente étude est de retrouver sur place la position de la mire et les vestiges éventuels.

 Le point GPS de la plateforme situé près du laboratoire à 2 mètres à l’Est donne :

Latitude 43°43’35.5 Nord

Longitude 07°09’06.2 Est

Le méridien de Greenwich a été retenu comme référence officielle à la conférence de Washington en octobre 1884, mais il apparaît que les mesures gravées se réfèrent probablement au méridien de Paris utilisé en France jusqu’en 1911.

En ajoutant 2°20’14 sec 025, écart de longitude entre les deux méridiens on obtient un point au nord-ouest de Vence 7°04’09 sec 425 sauf erreur, ce qui n’est pas satisfaisant

En prenant ensuite 48 ‘ au lieu de 43 ‘ en supposant une erreur du graveur entre le 3 et le 8 on arrive à une longitude de 7°09’09 sec 425  qui correspondrait à un point un peu à l’Est de la maison de Monsieur Petry-Amiel, propriétaire actuel.

En annexe figure le calcul approximatif de la seconde d’arc de longitude à la latitude  de la Gaude, soit 22,38 m

A la latitude de La Gaude un écart de 3 secondes environ entre la plateforme et le point où était positionnée la mire  correspondait donc à une distance d’environ 65 mètres

Un lotissement a été créé après le morcellement de l’ancienne propriété Ambayrac et des villas ont été édifiées.

 Il n’a pas été trouvé trace du socle de la mire dans ce secteur.

 

Dans le magazine municipal Hors-série "La Gaude c'est notre histoire" Automne 2012, pages 75 à 77, consultable sur le site ci-dessous,  on peut lire un article d’Alex Benvenuto, relatant l'expérience de la vitesse de la lumière et l’intervention de Monsieur Jean Hippolyte Ambayrac professeur de physique, propriétaire de la maison de La Gaude  à l’époque. Malheureusement son nom n’est pas cité sur la plaque.

 

 

 http://fr.calameo.com/books/000096317a60409de4171

 

 

Vérification de la longitude de la mire de la Gaude à partir de la distance

 

Sur le document « Observations géodésiques »  de Perrotin et Simonin on peut voir page A 104 que le point G (mire de la Gaude) a été triangulé à partir des points : A (phare de la Garoupe), F (mont Férion) et N (Nice). On peut lire  page A 107 que le point C de la roue dentée était près du centre de la coupole.

Dans un rapport de l’académie des Sciences  lors de la séance du 5 novembre 1900, il est indiqué page 732 que la roue dentée était à l’angle sud-ouest du grand équatorial  Ses coordonnées sont :

43°43’38 N

7°17’56.53 E

Si l’on considère que la latitude de la mire de la Gaude est :

43°43’34 N

On constate que la roue dentée était  environ 4 secondes au nord de la mire  alors que le point P était exactement à l’ouest de la mire ce qui ne change pas grand-chose à la mesure de la différence de longitude entre G et C.

En reprenant la distance gravée sur la plaque, soit 11862.2 m, qui est celle qui figure dans le rapport de l’Académie des Sciences (11862.27 m et 11862.17), cette distance équivaut à 530,97 secondes soit 8’5097. En retranchant cette quantité de la longitude de la roue dentée présumée on trouve le point 07°09’05.6, ce qui correspondrait à peu près à un peu plus d’une dizaine de mètres près à l’Ouest  de la plateforme située à 2 mètres du laboratoire.

Notons que s’agissant d’un écart  de 7/10 de seconde environ, il peut y avoir une petite erreur sur la position exacte de la roue à l’angle de la coupole et sur le point de référence pris sur la plateforme.

La différence entre la corde (distance mesurée par triangulation) et l’arc correspondant a été considérée comme négligeable,  mais le calcul de l’arc a été fait en supposant la terre sphérique. Or elle est aplatie aux pôles. Cette longueur est donc très légèrement surestimée.

La position de la mire sur la plateforme près du laboratoire parait donc plausible.

Cette plateforme en béton de 5X8 m environ  dont le grand côté est orientée à l’azimut 40° comportait probablement quatre petits piliers d’angle  et un central à l’origine dont deux ont été reconstitués.

Pour cette estimation, le rayon de l’équateur utilisé est le rayon standard de 6378.14 km défini par l’Union Internationale Astronomique en 1976.

Pour l’instant on ignore quand exactement la plaque a été gravée et pourquoi l’erreur de longitude qui y figure n’a pas été signalée

 

Notes manuscrites

Dans les papiers retrouvés par D Petry Amiel, figurent trois notes manuscrites.

L’une du 5 mai 1898, est relative à la situation de la maison de Monsieur Ambayrac, une autre concerne des notes de calcul.

La troisième est transcrite ci-dessous :

 

« 1899 octobre 24

Voyage à la Gaude

Instructions

1/ Dire à Monsieur Simonin de pointer le Mont Férion dans le cas où on le verrait de la Gaude

2/ S’il n’a rien vu dans l’après-midi du 22 octobre, ni lumière (boule étamée ?), ni drapeau et s’il n’a pas vu la lumière qu’on lui enverra avec le miroir (…) il y aura le soir une lampe électrique.

3/ De plus il y aura un drapeau sur la girouette

 Avec un croquis : angle (?) girouette 12 m depuis un pilier »

En marge « miroir de 2 à 4 h

 

Sur l’autre page de ce document on peut lire :

 

« On dit que la dépêche ne partira qu’après 2 h parce que le bureau ne s’ouvre qu’à 2h

Vers 3h ½ ? Elle me dit que Maynard arrive à Beuil ce soir.

Dans ces conditions je commande un mulet à Faraut et je file ce soir »

 

On voit d’après ces extraits les difficultés de communication entre les sites.

 

Autres documents

 

Document Simonin

Ce document n'est pas daté

Observations géodésiques

Voir notamment page A 107

Sur Internet, en tapant « Henri Joseph Anastase Perrotin » on trouve l’histoire des mesures, très précises pour l’époque.

En tapant « observatoire du Mont Mounier » on peut voir l’histoire de ce site et des photos anciennes. L’association AMONT a fait paraitre un article au sujet de cet observatoire.

Il devait servir notamment aux mesures avec la Corse qui ne purent avoir lieu du fait du décès de Monsieur Perrotin
De même on peut consulter « observatoire du Mont Vinaigre »

Les dernières mesures de vitesse de la lumière donnent : 299 792 458 kilomètres par seconde alors que l’astronome était arrivé à 299 880 000 kilomètres par seconde plus ou moins 50 kilomètres par seconde. Ses mesures ont fait foi pendant quelques années

Une émission France 3 sur Nice Patrimoine a été tournée sur le sujet.

 

Note sur la vitesse de la lumière

 

Maurice Allais (1911-2010) prix Nobel d’Economie 1988, s’est intéressé à divers sujets dont celui de la vitesse de la lumière.

Sur Internet, notamment dans « Gravitation - Einstein – Maurice Allais », on trouve les titres de ses nombreuses études.

En 1987 il a publié un livre sur l’ « Anisotropie de l‘Espace » ()

A la suite des expériences de Michelson Morley et Miller il a  émis l’hypothèse que la vitesse de la lumière n’est pas constante mais qu’elle varie légèrement suivant la direction. Ces anomalies remettent en cause la théorie de la Relativité.

Il a aussi publié une étude sur la conception de l’ « Ether »  support des radiations électriques le 25 avril 2003

 

Bibliographie

 

Benvenuto Alex – Une première mondiale dans le Comté, le calcul de la vitesse de la lumière –Sourgentin  N° 206 avril 2013

 

http://adsabs.harvard.edu/full/1929C%26T....45...82G

 

http://hal.archives-ouvertes.fr/docs/00/84/83/06/PDF/Article_paru.pdf

 

http://www.archeo-alpi-maritimi.com/miredumontmacaron.php