Le Four ŗ pl‚tre de Sospel

GLANDEVES  ENTREVAUX 04320 - VESTIGES ARCHEOLOGIQUES


Photos et prospections  : Henri et Olivier Guigues, Jacky Sarale, Paule Joelle et Roger Picco, Raoul Barbès

Etudes avec l’aide du Chanoine Salnitro curé d’Entrevaux

 

Mise à jour septembre 2016

Note: Après les visites de 2014 décrites ci-dessous, de nouvelles fouilles ont été entreprises depuis cette date et les vestiges recueillis conservés à Entrevaux

Visites de 2014

On possède diverses indications sur l’évêché de Glandèves, son évolution, l’étendue de sa juridiction, ses évêques, jusqu’à sa disparition à la Révolution, notamment par les travaux de Charles Jacquet () qui mentionne Achard  - Géographie de la Provence, A. Durbec () Luc Thévenon (), Daniel Thiéry (), Franck Mallet ()

Le livre de Jacquet n’est pas daté mais a été écrit du temps de l’abbé Braux vicaire à Entrevaux suivant une note de la page 148

La présente étude pourrait servir en cas de fouilles dans la propriété de l’ancien évêché, actuellement hôpital, à aider au repérage des traces des bâtiments anciens et des vestiges romains et moyenâgeux probablement nombreux. Lors de travaux il a été notamment découvert le couvercle d’une tombe à Ascia, et un baptistère du haut Moyen Age qui a servi d’auge dans la ferme à l’est de l’hôpital. Ces vestiges sont au musée de la Poudrière

 

L’évêché aurait existé depuis le Vème siècle sous le nom de Sedz (civitas sedis). Selon C.J.Jacquet, la première preuve de l’existence du siège daterait de 451

Un quartier à l’est de l’hôpital est nommé la Sedz sur la carte au 1/25000  ème

L’ancienne cité romaine s’appelait Glanata

L’étude  qui suit a pour but de se pencher  sur les sites  et les témoignages qui restent sur le terrain.

Les anciennes cartes depuis 1763 mentionnent trois sites facilement repérables :

- celui des Claux sur la rive gauche du Var ou Villepasson actuellement propriété privée (x= 961.480, y=3193.903, z= 531)

- celui sur la colline vers Gourdan (x=961.439, y=3192.910, z=638)  qui domine la rive droite du Var, propriété privée,  en partie en ruines mais en partie habité, avec une chapelle

- celui de l’actuel hôpital ancien siège de l’évêché (x=959.920, y=3193.220, z= 465)

 

La Sedz et Glandèves

 

Il semble que selon Isnard () cité par Mallet (), la Sedz et Glandèves formaient à une certaine époque deux seigneuries distinctes et que celle de la Sedz plus récente remontait au XIème siècle. Peut-on en conclure à la possibilité de ruines dans deux endroits distincts bien que peut être voisins ?

Daniel Thiery (Internet) écrit à ce sujet :

 

«  La cathédrale de la Seds et l’église Saint-Michel de la Seds

Mais un problème se pose que personne n’a soulevé jusqu’à maintenant. Il existe deux sites éloignés l’un de l’autre de près de 1500 mètres. Sur les cartes modernes, il existe le lieu-dit le Parc où subsiste l’abside de la cathédrale romane et un autre site dit Glandèves avec une croix. La carte de Cassini n° 168 est encore plus précise et riche d’enseignements : le lieu-dit le Parc est appelé l’Evêché avec une église, l’autre site est dit Glandeve avec une église en ruine. Le cadastre de 1816 fournit les mêmes indications que Cassini (Section C 1, parcelle 292 et C 2 parcelle 424). Il y a donc deux lieux de culte. Si le premier correspond à Notre-Dame de la Seds, il faudrait peut-être placer à
Glandeve l’ecclesia Sancti Michaelis de Sede citée par les Pouillés en 1351 et 1376 (p. 261 et 264). La position de ce Glandèves est en retrait du cours du Var et est même protégé des crues par une colline allongée d’une soixantaine de mètres de hauteur. Entre celle-ci et le départ de la pente de la montagne au sud il existe une sorte de couloir protégé des deux côtés où passait le chemin d’Entrevaux au Puget comme l’appelle le cadastre napoléonien. C’est là qu’était situé Glandèves, à l’abri. La France Pontificale relate que l’on trouve peu de vestiges d’habitation, excepté les débris de l’ancienne église, nommée Notre-Dame de la Sedz, à côté desquels on bâtit, au XVIIe siècle, le palais de l’évêque, car les évêques avaient d’abord habité dans un prieuré de Bénédictins situé à Glandèves, puis à Beuil dans le comté de Nice, ensuite à Annot, et enfin à la Sedz même (II, p. 296). L’abbé Féraud donne les mêmes indications dans ses Souvenirs Religieux (p. 273-276). Or, le cartulaire de Saint-Victor fait état en 1337 de deux prieurés, du Saint-Sépulcre et de Saint-Michel de Minet, érigés in cathedrali ecclesia Gladatensi (II, n° 1131, p. 620). Quant à Abbayes et Prieurés, il cite un prieuré Saint-Michel, uni au chapitre cathédral (p. 173).
Plusieurs indices concordent pour placer à l’origine le siège de l’évêché à Glandèves alors que la cathédrale se trouvait au lieu-dit le Parc. C’est là, dans ce dernier lieu, que s’élevaient l’agglomération gallo-romaine ainsi que l’église primitive comme l’a démontré Guy Barruol. On sait par ailleurs que le palais épiscopal fut construit par l’évêque Jean-Dominique Ithier (1654-1672)
qui fit bâtir à la Sedz une maison de campagne, ornée d’une magnifique galerie et environnée d’un superbe parc (France Pontificale II, p. 336) »

 

L’évêché

 

Ci dessus de gauche à droite: façade est avec les deux ailes,

soubassement de l'ancienne galerie, détail des arcs, escalier du XVIIIème siècle

 

Ci contre de gauche à droite:

 

vue d'ensemble depuis l'ouest,

vue depuis le sud

Ci contre de gauche à droite:

vue depuis le jardin

porte du XVIIIème siècle

Les derniers bâtiments datent de 1884. Le plus ancien bâtiment, palais épiscopal probable, pourrait être celui qui fait face à l’ouest, avec un encadrement de porte travaillé. Il serait du XVIIème siècle avec à l’intérieur un escalier à balustres du XVIIème siècle.

Il comportait deux avancées à l’est encore visibles malgré les modifications.

Le palais épiscopal fut construit par l’évêque Jean Dominique Ithier, selon J.C.Jacquet (page 135) après 1653  et fini avant 1656.

Selon le même auteur, on ignore à peu près tout de la première cathédrale. La seconde fut construite en 1032 et portait le nom de Notre Dame la Dorée ou de la Sedz

Dans le parc aurait été trouvé notamment un sarcophage d’enfant entreposé en 2011 au musée de la Poudrière à Entrevaux. Il s'agit d'un sarcophage à Ascia

Voir dossier Internet sarcophage à ascia

 

Photo ancienne de l'hôpital ancien évêché et du parc due à l'amabilité de Monsieur Régier  à gauche.

Photo de droite prise après 1884

On voit au sol quelques restes de pierres de taille : un morceau de colonne, des pierres ayant appartenu à des voûtes, et deux socles dont un daté de 1801, photo de gauche

 

Les oratoires

Ci dessus de gauche à droite oratoire Saint Louis et détail, oratoire Saint Didier, chapelle est vue du nord, vue du sud et détail

Sur le cadastre napoléonien ce lieudit « la sedz » est noté au sud est de l’évêché et au nord ouest de Neigeas. Et sur la carte au 1/25000 ème on voit deux croix dans ce secteur.

Une prospection effectuée dans le quartier a permis de voir deux petits oratoires, l’un  consacré à Saint Didier patron du canal à l’est et l’autre à Saint Louis de part et d’autre de la petite route qui enjambe un canal à cet endroit (43 56 50 7 N, 6 49 29 2 E), et une centaine de mètres plus à l’est en bordure du canal (43 56 46 1 N, 6 49 32 1 E), dans une propriété privée, une minuscule chapelle de 1.5 m x 2.5 m environ à l’intérieur de laquelle dans une niche se trouve une statuette de saint portant un enfant dans le bras ( Saint Antoine de Padoue ?). Les piédroits de l’entrée paraissent récents

 

Cuve baptismale

Dans le parc a été trouvé un ancien baptistère déposé au musée de la Poudrière.

La cuve est octogonale et fait 62 cm de haut et s’inscrit dans un cercle de 96 cm de diamètre au sommet, photos ci dessus  

 Chapelle

De l’ancienne église subsiste le chœur orienté à l’est et qui a fait l’objet d’une restauration récente. Voir dossier Internet chapelle de Glandèves . On ne voit pas d’autre trace de l’ancienne église qui devait être beaucoup plus grande. Le style de l’abside (appareillage, fenêtres) rappelle le style d’absides du XIIIème siècle de Puget Théniers et d’églises de la vallée de l’Estéron.

Mais l’appareillage du haut de l’abside est rustique car celle-ci a peut être été en ruines à une certaine époque. L’église cathédrale d’Entrevaux a été construite à la fin du XVIème siècle et au début du XVIIème. Selon J.C.Jacquet (page 134) c’est l’évêque Clément Isnard qui fit commencer les travaux en 1593.

A l’emplacement de la nef de l’ancienne cathédrale avait été construit un grand séminaire qui a complètement disparu.  Selon J.C.Jacquet (page 135), c’est l’évêque Léon Bacone qui donna 10000 livres pour la fondation d’un séminaire  qui ne subsista que peu de temps ; l’idée fut reprise par Monseigneur de Sabran après 1702

Sur le plan de 1763 on voit deux blocs de bâtiments.

 

C’est peut être entre les deux que se situait la galerie mentionnée plus loin.

Sur le côté sud de la chapelle on peut observer la naissance d’un arc. Il appartenait  peut être à un ancien cloitre. Dans ce secteur se trouvait peut-être l’ancien baptistère

On voit à l’ouest du parc une porte murée à laquelle est adossée une rocaille abritant une statue de vierge à l’enfant côté parc.

La rocaille et la grotte datent des années 1920

De gauche à droite: la grotte et sa statue, l'ancienne porte vue de l'extérieur

 

Le parc a été remblayé par rapport au niveau naturel du sol beaucoup plus bas à l’ouest du chemin de bordure. Ce remblaiement est peut être très ancien car le seuil de l’église et du portail ouest sur la route, correspondent au niveau actuel. Mais le portail ouest a peut être été placé là en réemploi

Dans la salle à manger de l’Hôpital on voit les arcs soutenant une ancienne galerie qui reliait les bâtiments utilisés comme couvent à l’évêché au sud.

Cette galerie est mentionnée par J. C. Jacquet qui indique « Monseigneur Ithier fit construire à la Sedz un Palais épiscopal orné d’une galerie de 60 pieds de long »

Dans le couvent ont séjourné des ordres religieux féminins  dont les  bernardines de la réforme par Monseigneur Hachette des Portes et les sœurs de la Présentation de Manosque.

Selon J.C.Jacquet  (page 136), c’est l’évêque Gaspard de Tressemane de Brunet  qui sollicita et obtint l’autorisation d’établir un couvent de Bénédictines après 1755.

Il semble qu’aucun sondage n’a été fait dans le parc pour retrouver les éléments anciens depuis l’époque romaine.

L’évêque Henri Hachette des Portes, selon J.C.Jacquet  (page 137) fit construire le séminaire diocésain sur l’emplacement de l’ancienne cathédrale de la Sedz.

Son portrait se trouve dans la sacristie de l’église cathédrale d’Entrevaux.

Voir dossier Internet Hachette des Portes

Stalles

 

Les stalles de la cathédrale d’Entrevaux proviendraient de l’ancienne cathédrale de Glandèves.

sculptures des

stalles

 Note

Les bâtiments ont fait l’objet d’une brève mention en 1795 par deux officiers français

 

En effet une note a été établie le 26 floréal an 3 (15 mai 1795) par Aréna adjudant général chef de brigade et Florence Le Fort officier du Génie ().

L’orthographe a été modernisée sauf pour les noms propres. Entre parenthèses sont  indiqués le nom actuel, et les commentaires

« En sortant d’Entrevaux sur la droite du Var on trouve un pont de pierre construit sur un ruisseau (la Chalvagne) qui descend des montagnes de droite par une gorge escarpée qui forme au sud un retranchement contre l’approche des ennemis sur la ville.

     A 1/4 d’heure de là on passe au pied de l’ancien évêché de Glandev (Glandèves) qui sert maintenant d’hospice militaire »

 

La Bastide de Villepasson ou des Claux

Selon J.C.Jacquet (page 134), elle fut commencée par l’évêque René Le Clerc en 1687.

 La photo ancienne du bâtiment au centre a été communiquée par Monsieur Régier de Touet sur Var. La construction existe toujours et appartient en 2011 à des particuliers

Sur la carte de Cassini du XVIIIème siècle, le site de la rive gauche est noté « Glandève bastide », celui de l’hôpital actuel  est noté « l’Eveché » et celui du Gourdan « Glandève ».

Sur une carte de 1763 des Archives Royales de Turin (), on peut lire respectivement « Bastide del Vescovato », « Evechée de Glandève » et « vieux Glandève »

Au dessus du site de la bastide on peut lire sur la carte :

 

EV

    CV

A la Révolution cette propriété aurait été achetée par un Laugier comme bien national.

Dans le bâtiment il n’y a plus de chapelle

 

Glandèves

Ci-dessus de gauche à droite, divers aspects des ruines  côté sud et côté nord

Vues d'ensemble du site

la chapelle Saint Louis

Des constructions existent toujours sur le flanc nord de la montagne de Gourdan. Elles font partie d’une propriété privée et sont en partie en ruines et en partie habitées avec une chapelle restaurée en 2002, orientée à l’est. Elle est dédiée à Saint Louis. Selon J.C.Jacquet (page 145) le bâtiment aurait été construit par Monseigneur Hachette des Portes, et il décrit ainsi la construction « Cet immeuble dans lequel on a voulu voir tantôt une grosse maison de ferme, tantôt un château, a toutes les apparences d’une construction faite pour résister à une attaque et même subir un siège. Ses murs d’une épaisseur de plus de deux mètres à la base n’ont d’ouverture sur la façade du midi la seule accessible, qu’à l’étage supérieur et la porte d’entrée, seule ouverture existant au rez de chaussée, est située au fond d’un étroit couloir aisément défendable, formé d’un côté par un énorme bloc de rocher. Cette porte était surmontée d’un fronton écussonné, dont les armoiries, effacées par le temps ou peut être grattées, sont à présent illisibles. Notons encore l’existence d’un meurtrière au dessus de la porte, et à un angle du bâtiment d’une construction carrée, rasée à la hauteur du surplus de l’immeuble, qui semble avoir été une tour » 

Un dessin  de la doctoresse Jacquet figurant en page 143 de l’ouvrage cité, s’intitule « montagne de Glandèves – le vieux château ; Il date des années de ministère de l’abbé Braux

 

Hotel des Barons de Glandèves

Se trouvait rue basse des remparts, Il est daté de 1825

dossier Internet:  Entrevaux murs et linteaux

 

Castellet les Sausses

 

Ce village dépendait de l’évêché de Glandèves et sur la carte de 1763 il est nommé Castellet de Glandèves

 

Portrait de l’évêque Jean Baptiste de Belloy

 

Il est conservé dans la bibliothèque de l’église cathédrale

 

Chemin d’Entrevaux à Puget Théniers en rive droite du Var.

 

D’après la carte de 1763 des archives Royales de Turin, il semble que le chemin passait bien au nord de l’évêché, voir ci dessus agrandissement de la carte) ce qui est confirmé par le cadastre napoléonien de 1816 (105 Fi 076/001). La carte de 1774 du musée de la poudrière n’apporte aucun éclairage sur ce sujet.

Voir dossier Internet:chemin Entrevaux Puget en 1795

 

De gauche à droite:

extrait de Carte Top per A e B Nizza M1,  conservée aux Archives Royales de Turin de 1763 et extrait de la carte au 1/25000ème

 

Bibliographie

 

Achard – Géographie de la Provence

 

Aréna et Florence Le Fort, Mémoire sur la reconnaissance des communications de l’Armée d’Italie avec celle des Alpes, faite en vertu des ordres du général en chef Kellermann en date du 26 floréal  troisième année de la République. Collection du Ministère de la Défense, SHD, département de l’armée de Terre, 1 VD 34, art 4 sect 1, parag 5, C1, N° 37

 

Carte Top per A e B Nizza M1,  conservée aux Archives Royales de Turin

 

Durbec Joseph – les villages du val de Chanan et des terres environnantes dans l’ancien diocèse de Glandèves – communication -  Paris BNF 1968

dossier Internet:  Entrevaux murs et linteaux

Isnard – Etat documentaire de la Provence

 

Jacquet Charles Jean – Une trilogie provençale : Glandèves, Entrevaux, La Sedz  - préface du Docteur Volvenel, bois originaux de la doctoresse Jacquet – Nice – Ecole professionnelle Don Bosco - Bibliothèque Romain Gary Nice  FR A 1983

 

Mallet Franck - Entrevaux en Provence - éditions Serre  collection les Régionales - Nice 1990

 

Papon (abbé) -  Histoire de la Provence

 

Thévenon Luc  - Ou prier dans la montagne – réflexions sur la géographie  des cultes, à partir d’une enquête en cours dans les limites de l’ancien évêché de Glandèves – Mouans Sartoux – centre régional de documentation occitane

 

Thiery Daniel – Entrevaux sur Google