MOULINS DE CAGNES SUR MER 06800


Mise à jour novembre 2017

 

Au XVIIIème siècle la Communauté de Cagnes possédait des moulins au quartier la Serre, sur la rive gauche du Loup près de son embouchure, et un moulin dit de Cassole

Le quartier en a gardé la mémoire  sous le nom « Les moulins ».

Dans un des documents exploités on peut lire aussi moulins de la voute.

 

Photos ci-dessus de gauche à droite:

Restes des anciennes installations des moulins du Loup avec le canal d'amenée et traces de pieux dans le Loup au droit des moulins

D’après le cadastre de 1835 on note :

 

Moulins du Loup

 

D’après l’ancien cadastre

Section C1 page 86 moulin du Loup en rive gauche

Parcelle 526 bastide et scie à eau

523 moulin à farine moulin à huile et pateq

524 ressence

525 Cloaque

Propriétaire Giraud Jean

 

Moulin 43° 38’ 55 N, 7° 08’ 17 E

 

Moulin de Cassole

 

D’après l’ancien cadastre

Section C1 parcelle 281 état de section page 78 quartier Moulin de Cassole alimenté par un canal dérivé du Malvan moulin à huile et pateq

Propriétaire : Scudier Joseph notaire et Cie.

 

Il n’a pas été possible de retrouver trace de ce moulin, dans une zone urbanisée du côté est du Boulevard du Maréchal juin près du Beal, juste en amont de la route d’Italie, mais le souvenir en est resté dans une liste des anciens noms de rues  consultable sur Internet « rue du moulin de Cassole » et dans un nom de « résidence du moulin de Cassole »

Cassole veut dire petite caisse

A l’époque cette zone était aussi appelée quartier des Combes

De gauche à droite ci dessus plans cadastraux anciens du canal des moulins du Loup, des moulins du Loup, du moulin de Cassole

 

Documents anciens

 

Dans les archives de Cagnes dossier DD 11, se trouvent un certain nombre de dossiers relatifs à ces moulins, et notamment :

 

Devis du 8 mai 1759 :

 

Ce devis est relatif aux moulins de la Serre :

D’après ce document il apparait qu’il y avait à cet endroit trois moulins à huile en série dont le plus aval était un moulin à ressence. Il y avait deux fours attachés à chacun des deux premiers moulins, probablement pour chauffer de l’eau pour traiter les olives.

Un moulin à farine est également cité sans précisions.

Le canal d’amenée de l’eau aux moulins approvisionnait ceux-ci en partie basse. En effet la cote approximative des moulins était de 7 m NGF alors que le niveau du Loup était à cet endroit de 2m NGF. Comme le terrain dans ce secteur est assez plat, la prise d’eau était assez loin au pied du village de Villeneuve Loubet et si les grandes roues avaient été alimentées en partie haute il aurait fallu un aqueduc d’amenée extrêmement long.

Le problème dans ce cas d’alimentation par le bas consiste à avoir un peu de jeu de la grande roue par rapport au fond du canal pour que la roue ne tape pas suivant l’expression de l’époque, mais pas trop pour que l’eau ne passe pas sous les augets.

 

Devis suivant délibération du 9 mai 1762

 

Ne concerne que les moulins de la Serre.

Il est question notamment de la récupération de la meule du pressoir du milieu pour la mettre au moulin de ressence  et d‘en mettre une neuve au second moulin identique à celle du premier moulin.

Il est question aussi de réparation des toitures

 

Conseil du 7 juin 1761

 

Ce conseil était destiné à définir les réparations à faire au moulin de Cassole sur le modèle des éléments des moulins de la Serre.

Les réparations définies étaient importantes et comprenaient de la maçonnerie et de la charpente. Certains mots de lecture difficile sont notés avec des points d’interrogation et les pièces qu’ils concernent n’ont pu être déterminées.

La longueur du bâtiment était de l’ordre de 6 mètres.

Le bois de peuplier proposé pour la charpente a été refusé comme étant du mauvais bois

 

 

Inspection du 30 décembre 1760

 

Concerne les moulins de la Serre

On trouve au début les mots « savoir faisons », terme probablement usuel pour « nous faisons savoir… »

Beaucoup de termes n’ont pu être transcrits.

Il s’agit surtout du moulin de ressence

 

Inspection du 28 décembre 1762

 

Cette inspection a consisté à faire la recette de travaux effectués. Il concerne les trois moulins à huile de la Serre.

Il est aussi question de la réparation des fourneaux. Ceux-ci servaient probablement à produire de l’eau chaude pour la préparation de l’huile

 

Inspection suite à la délibération du sept novembre 1786

 

Ce document concerne les moulins de la Serre et celui de Cassole

L’examen des moulins et le rapport ont pris trois jours à deux personnes

Texte et documents originaux

Devis estimatif des réparations à faire aux moulins à huile de la Communauté de Cagne

Du huit mai mil sept cent cinquante-neuf, nous Lambert Seassal, second Consul, Jean Michel Dozol, bourgeois et Jean François Ferron aussi bourgeois, en suite de la délibération  du Conseil de la Communauté  du lieu de Cagne du premier mai, nous nous sommes portés au moulin à huile dit la Serre, en compagnie de Jean Roussel Maitre maçon de ce dit lieu et Antoine Joseph Raybaud Maitre charpentier de la ville d’Antibes, nous aurions (sic) visité le couvert du dit moulin qui menace une ruine certaine, en étant même tombée une partie. Nous aurions trouvé nécessaire de changer tous les bois du dit couvert auquel couvert il faut neuf poutres de bois de mele (mélèze) rouge de vingt pans de long et neuf pouces de diamètre au petit bout estimé à

Deux cent  seize livres                                                                              216 L

Quatorze  douzaines de chevrons, bois de mele rouge de neuf pans de long de trois pouces d’épaisseur quatre pouces de hauteur raboutés et tirés de hauteur

Cent quatre-vingt-six livres                                                                        186 L

Trois mille briques d’un pied pour feuiller ? le dit couvert

Soixante-cinq livres                                                                                      65 L

                                                                                                                  ------

                                                                                                                  477 L

Il faut reculer les fourneaux de deux pieds et demis, y faire un are? (âtre ?) en dehors faire une muraille de deux pans d’épaisseur pour envelopper le dit are et  fourneaux en sorte qu’au-dessus du dit are soit en forme de claie ? conduire la fumée  extérieur la muraille du levant de trois pans pour sus la cres ? (crête) du couvert et la continuer de niveau jusques à l’aqueduc du moulin à farine pour empêcher  de ne monter sur le toit. Clouage des chevrons fourniture des ouvrages

Trois cent livres                                                                                         300 L

Mille tuiles qu’il faut remplacer

Trente livres                                                                                                 30 L

                                                                                                                  -------

 

Total huit cent sept livres                                                                          807 L

 

Et de même suite nous aurions visité l’édifice ou engins, nous aurions trouvé que les deux grandes roues plus hautes  et ses arbres sont hors d’état de servir, lesquelles il faut faire de neuf bois de chêne sec qu’aurions estimé  à

Deux cent quarante livres                                                                          240 L

Les deux dits arbres

Soixante livres                                                                                             60 L

Le roudet bois de chêne qu’il faut faire neuf à la roue plus haute

Vingt-quatre livres                                                                                       24 L

                                                                                                                  -------

                                                                                                                  324 L

Il faut mettre quatre arcboutants à chaque lanternon aux deux moulins plus hauts

Douze livres                                                                                                  12 L

A la presse plus haute il faut deux estrapons bois de chêne neuf de deux pans et demis de largeur et de quatre pouces d’épaisseur et mettre cinq sabots à cinq estrapons tous lesquels sabots seront faits de vieux estrapons estimé

Cinquante livres                                                                                            50 L

                                                                                                                  --------

Total

Trois cent quatre-vingt-six livres                                                              386 L

Toutes lesquelles réparations les entrepreneurs desquelles seront obligés  de les mettre en état à perfection

Fait au moulin à huile l’an et jour susdit

Dozoul, Ferron, AG Raibaud

 

Du trente décembre mil sept cent soixante, savoir faisons, nous Mr Antoine De Chaillon Not. royal de ce lieu de Cagne et Sr Jean Michel Dozoul bourgeois du dit lieu experts commis de la part de la Communauté par délibération du Conseil de la dite Communauté du vingt-huit du dit mois et Sr Antoine Michaelis  bourgeois de la ville de St Paul a nommé ? de la part  de Sr Michel Mallet bourgeois du dit Cagne fermier des moulins à huile de la Communauté mis au bas de l’exploit ? des Srs Maire et Consuls du vingt-quatre du courant, nous sommes portés aux moulins à huile de la Serre de la dite Communauté à la présence du Sr Maire et Consul de la dite Communauté et du Sr Mallet, avons procédé  au fait de notre commission, avons vu en premier lieu au moulin plus haut qu’il lui faut un pallet fer et des coins de bois pour affermir le dormant. La lanterne du moulin plus haut, il y manque une clavette avec son palet, Pour affermir le mas ?  et il faut encore audit moulin un faittaron ? qui sert pour donner l’eau au dit moulin, après quoi avons visité le moulin du milieu. Nous avons trouvé que les deux  axis ?  sont hors de service et qu’il faut qu’il lui en soit fait de neuf et il y manque un palet et un coin de bois pour affermir le dormant, ayant observé que les deux bancs de pierre y prendent ? provient du défaut des palets et coins de bois pour être mis à niveau, ayant en outre observé que le mouscoullon qui y est à l’arbre de la lanterne est trop court et doit être allongé d’environ quatre travers ? de doigt  ou bien un neuf et de suite avons visité le moulin plus bas servant à la ressence, nous avons  trouvé que le banc que l’on se sert ? est maigre et hors d’état de servir a besoin d’une … et l’autre banc du côté de la porte nous y avons trouvé ni banquette ni axis ?

Les meuniers nous ont déclaré qu’il y a longtemps que le dit banc ne travaille pas. La pierre tournante du dit moulin de la ressence est trop petite et l’arbre qui fait tourner la dite pierre se trouve maigre et celui de la grande roue se trouve rompu et par conséquent hors de servir tout de même que le mandrin ? de la pierre et de suite  avons vu le bachas et avons trouvé que les deux petites poutres qui sont contre les murailles doivent être changées et que le dit bachas doit être couvert en planches et la fenêtre doit être grillée (grillagée) de fer avec la fenêtre et observé aussi que la serrure et clé de la porte du dit bachas est rompue et gâtée et par conséquent hors de servir après quoi nous avons visité la porte de l’entrée du dit moulin : doit être faite de neuf et mise en place avec la serrure et clé. Il faut du côté de la grande porte du dit moulin à main droite en entrant soit fait une petite muraille pour mettre le cer… du fermier hors de perission. Il sera fait l’ouverture du lare ? qui est en entrant à main gauche du moulin qui tourne. Sur le premier butoir ? au réservoir de la ressence une muraille de  deux pans de hauteur pour empêcher aux particuliers à porter les grignons du dit réservoir qui les jettent ordinairement avec de l’eau directement sur la porte du dit moulin qui coule dans le dit moulin ce qui rend le moulin impraticable, déclarant aux parties que le présent rapport est sujet au contrôle, les chargeons de le faire contrôler et en avons fait deux que nous avons signés et remis un à chaque partie

Signé Michaelis expert, De chaillon Dozoul Illisible

 

 

L’an mil sept cent soixante et un et le septième jour du mois de Juin après-midi le Conseil a été assemblé à Cagne dans la Maison de Ville de l’autorité  du Sieur Antoine Nicollas, Viguier  et à sa présence, à la réquisition des Sieurs Consuls de la Communauté du dit Cagne où sont été présents Sieur Antoine De Chaillon, Premier Consul, Sieur François Louans Second Consul, Sieur Antoine Lambert regardateur, Sieur Antoine Marlin, trésorier, Sieur Jean Michel Dozol, Antoine Provençal, Claude Barnoin, Louis Gourdon ? regard. Sieur Pierre De Chaillon regardateur, Sieur Jean Pierre Royer audit. ? Sieur Jean Octobon estimateur, Sieur Antoine François Ven… Sieur Jean Gardenne, Honoré Paullian estimateur Guillaume Girard tous conseillers et particuliers de ce lieu de Cagne duement appelés par la voix et organe de Gaspard Giraud, Valet de Ville, ensemble les forains à la manière accoutumée.

Sieur Jean Gardenne ici présent au Conseil, s’oblige de faire les réparations et mettre en état le moulin de Cassole appartenant à la Communauté pour détriter les olives tout ainsi et de même que par ci-devant tout pour ce qui concerne la maçonnerie que charpente aux conditions suivantes, savoir : au toit quatre poutres bois de peuplier de vingt-quatre pans de long de huit pans de circonférence et un pan de diamètre au petit bout, quatre-vingts chevrons de même bois de la longueur des evazoides ? et largeur des briques de feuillet et les briques nécessaires à feuiller pour le dit toit, deux mille tuiles pour couvrir le dit toit et plus s’il en faut, faire la grande roue lanterne et lanternon avec ses arbres noisières ? pageoles ? le tout bois de chêne bien conditionné avec la feramente nécessaire, faire la marre et en icelle faire serrer les douelles ? la pierre tournante  et le bras ? qui s’y trouve et mise à l’équerre  de la pierre avec du parcellaire ? en dehors ? faire deux banquettes de deux adris ? pour presser la marre aux olives. Les colonnes de fer de la grosseur et longueur de celles qui sont aux moulins de la Serre montées de chêne. Le dormant proportionné qui sera  bois de chêne  frêne ou ormeaux ou noyer  de même les banquettes avec toute sa feramente proportionnée, faire trois saguomes cerclées de fer et un biron ? pour presser l’huile et hauteur de celles des moulins de la Serre avec les conduits pour rendre l’eau des saguomes au bachas, on réparera le bachas comme étant par ci-devant et des parcellaires en dedans jusques à un pan par-dessus où vient l’eau qui sort des  saguomes, faire la cheminée comme tant par ci-devant, aussi un fourneau,  faire la porte du dit moulin doublée  toute en bois de melle avec ses paumelles gonds serrure et un verrou en dedans le tout proportionné, on réparera le conduit  qui passe l’eau pour faire tourner le dit moulin qui est tout au long et par-dessus la muraille qui prend de la vigne de Jean Pierre Royer jusqu’au bout du dit conduit à chaux et sable et une brique  par-dessus tout au long de chaque côté, toutes lesquelles réparations ci-dessus, le dit Sieur Gardenne s’oblige à les faire moyennant que la dite Communauté ne lui fasse jouir et percevoir dix sols sur chaque motte d’olives  qui se présenteront et  détriteront du Creux de Cagne et son terroir pour les particuliers dont la Communauté a droit d’imposer pendant le temps et espace de trois ans complètes et par… à commencer à la récolte prochaine lesquels dix sols par motte seront payables en argent ou huile et la Communauté sera tenue de faire venir l’eau au dit moulin pour le faire tourner à ses frais et dépens  et de la susdite imposition de dix sols par motte et  de tout ce que de droit et moyennant ce, le dit Gardenne s’oblige de rendre à la dite Communauté le dit moulin bien et duement en état pour tout le mois de novembre prochain en conformité de la présente offre Gardenne à l’original ?

Sur la réquisition ci-dessus le Conseil a délibéré et donne pouvoir aux dits Sieurs Consuls d’envoyer prendre la permission de Monseigneur l’Intendant pour faire la réparation  du dit moulin à huile de Cassole et de le mettre aux enchères et sur le pied de la dite réquisition portant offre pour être délivrée à celui  qui en fera la condition meilleure à la Communauté

Signé Nicollas Viguier, De Chaillon Consul, Martin trésorier, Vedier ? Gardenne Jean Pierre Royer aud. Dozol a. Provençal, Lambert regardateur,

De Chaillon Gourdon Barnoin ont bon dit que le bois  poutre et chevrons pour le toit du dit moulin doit être  de melle et non de peuplier, attendu que c’est du mauvais bois autrement proteste Vigne Octobon estimateur Guy greffier

Extrait des registres de délibérations de la Communauté de ce lieu Cagne et collationné par nous, greffier de la Communauté

Soussigné G… Greffier

 

Devis estimatif  des réparations qu’il y a à faire aux moulins à huile de la Serre appartenant à la Communauté du lieu de Caigne fait par Jacques Baleste, Maitre charpentier du lieu de Valbonne et Claude Giraud Maitre charpentier  de la ville de Vence, commis par délibération du Conseil de la Communauté de Caigne, tenu le neuf mai mil sept-cent soixante deux

 

                                                         Premier moulin

Premièrement la grande roue y sera relevée par deux coussinets de trois à quatre pouces afin qu’elle ne tape point dans l’eau et y sera mise sur son  niveau  et sur son plomb (d’aplomb)

De là nous avons entré  dans le moulin et avons trouvé que toute la chevillerie doit être changée et passée au tour; tant de la lanterne que du lanternon, la pierre virante de la dite mare doit être faite de neuf de la hauteur de six pans et demis et sept pouces d’épaisseur et dix pouces d’épaisseur sur le milieu du trou ? et le pas (fond ?) de la dite mare doit être replacé et mis sur son  niveau  de même que la dite mare doit être refaite  et les doilles ? réparées et s’il en manque, l’entrepreneur en mettra des neuves.

Le banc de dessus du pressoir du dit moulin doit être mis à son plomb et bien extrançonné, et les montants de fer seront réparés ? et bien arrêtés ? avec pattes ? et cloutés de fer

                                                         Second moulin soit milieu

 

La grande roue sera relevée par deux coussinets de trois à quatre pouces afin qu’elle ne tape pas dans l’eau  et sera mise sur son niveau et sur son plomb.

De là nous sommes entrés dans le moulin et nous avons trouvé que le lanternon est tout cassé et …détruit ? par quoi nous disons qu’il en sera fait un de neuf de la même qualité du vieux et il sera aussi changé les deux evoiziètes ? de la lanterne de quatre pouces de hauteur et environ trois d’épaisseur. Les évoiziètes seront de bois de chêne et il sera aussi changé toutes les chevilles tant de la lanterne que du lanternon et elles seront faites au tour.

La pierre tournante qui se trouve au dit moulin sera mise au moulin de ressence, et au dit moulin y sera faite une pierre tournante de neuf de la hauteur de six pans et demis et sept pouces d’épaisseur et dix pouces d’épaisseur sur le milieu du trou  et le pas de la dite mare doit être réaplani, et mis sur son niveau de même que la dite mare doit être refaite et les doilles ?  réparées  et s’il en manque l’entrepreneur en mettra des neuves. Le banc de dessus du pressoir du dit moulin doit être mis à son plomb et bien  extrançonné. Et les montants de fer seront repartagés ? avec les pateles ?  et cloutés de fer.

                                                         Moulin de ressence

 

Il sera fait de neuf une sayetière de la longueur de celle qui y est pour ce qu’il regarde ? le fond sera de la même longueur largeur et épaisseur. Les deux côtés seront de dix à onze pouces de hauteur et de la même épaisseur que celle qui y est.

Le bois de la dite sayetière sera de bois de pin bon et de refente ? Il sera mis un support de bois de chêne ou soit mele de huit à neuf pouces sur son côté, douze pans de long.

Il sera mis un autre soutien au coin du moulin à blé environ quatorze à quinze pans de de long et de huit à neuf pouces sur son côté ? de bois de chêne ou de melle  et si la dite roue du moulin de ressence demande d’être relevée comme les autres ci-dessus on la relèvera. De là nous avons entrés dans le moulin de ressence et nous avons trouvé l’arbre de la lanterne qui doit être fait de neuf de dix pouces de son côté.

La porte viable ? peut servir et il sera fait un viable ? de neuf. La lanterne doit être faite de neuf de la même qualité  de l’autre ; les evoizières ? se trouvant trop minces doivent être de trois pouces d’épaisseur et quatre pouces de hauteur.

La chevillerie de la lanterne et du lanternon seront faites de neuf et percées au tour. Le pas ? (base ?) de la mare sera replani et mis à son niveau de même  qu’on ôtera la pierre tournante qui se trouve dans la dite mare et on y mettra la pierre tournante  qu’on ôtera du moulin du milieu parce que nous avons dit à l’article du moulin du milieu qui doit être changée. Et comme nous avons trouvé qu’elle peut servir pour le moulin de ressence, c’est pour cela qu’on la mettra dans le moulin de ressence comme nous disons ci-dessus. Et la dite pierre tournante sera mise à son excaire (équerre ?). Le pressoir du moulin de ressence on le molenera ? les deux trous  et on y fera deux aix ? de neuf  de bois de noyer ou de cormier de même qu’on changera  l’exclapon du côté ? du moulin du milieu. On mettra une douzaine de planches de pin dans le bachas pour y marcher dessus, plus on étançonnera ? tous les pressoirs et on les arrêtera bien comme il faut. On mettra les saguomes des dits pressoirs à sa place. On accommodera le canal qui mène l’eau des saguomes dans le dit bachas. On mettra aux fourneaux des dits moulins des pièces de fer de la manière convenable et celui du moulin de ressence subsistera.

 

                                              Bualière et Cavée

Les cavées des trois moulins seront nettoyées  afin que les roues ne tapent pas de même que depuis le coin du dit moulin, la bualière sera aussi bien nettoyée et changée de la longueur de vingt-cinq à vingt-six canes et dépendant le crugage ? sera fait de manière que les roues ne tapent pas.

 

                                              Au couvert

Nous avons visité le couvert servant d’écurie et nous avons trouvé les chevrons et les riostes ? qu’il est tout pourri et même il y a une partie de cassées tant des chevrons que des riostes et nous ne nous sommes pas contentés de les visiter, nous les avons prouvées avec une hache pour quoi il doit être tout changé et il y sera employé six douzaines de chevrons bois de melle ou chêne blanc, dimension trois pouces d’épaisseur et quatre pouces de hauteur et de longueur nécessaire.

Il y sera employé dix douzaines de riostes de bois de melle ou chêne blanc ou cerisier. Ils auront deux à trois pouces de large et six pouces d’épaisseur. Les tuiles du dit couvert serviront et il en manque cent qui sont cassées que l’entrepreneur fournira pour rendre le couvert en bon état. Il mettra les matériaux convenables pour le dit couvert, plus la poutre de peuplier ? qui est au dit couvert du côté des chemin elle sera tournée, parce qu’elle ne porte pas sur son niveau. Le couvert du dit moulin et celui du bachas  seront réparés et les tuiles qui sont cassées, l’entrepreneur les fournira.

 

Et nous estimons tous les ouvrages et réparations contenus au dit devis  à la somme de sept cent vingt-sept livres onze sols dont nous, Jacques Baleste et Claude Giraud s’obligeons de la faire pour la dite somme mentionnée ci-dessus et avons signé

Giraud

 

Du vingt-huit décembre mil sept cent soixante-deux, savoir faisons, nous Antoine Joseph Raybaud maitre charpentier de la ville d’Hantibes (sic) et Pierre Mayfret Maitre charpentier du lieu de Mouans résidant à Biot et expert nommé par délibération du Conseil de la Communauté du dit Cagne le vingt-six de ce mois, savoir lequel Maitre Raybaud de la part de la Communauté  et leurs membres et Maitre Mayfret de la part de Maitre Antoine Escudier Notaire royal du dit Cagne pour procéder à la recette des réparations faites aux moulins à huile de la Serre de la dite Communauté par Claude Giraud Maitre charpentier de la ville de Vence, entrepreneur d’icelle et Maitre Escudier sa caution, qui en suite de la désignation verbale à nous donnée à aujourd’hui, nous nous  serions (sic) rendus au présent lieu de Cagne, où étant arrivés en compagnie de Maitre Antoine De Chaillon Premier Consul de la Communauté, Claude Giraud, Maitre charpentier de la ville de Vence, entrepreneur des dites réparations et ensemble Maitre Escudier sa caution, nous nous serions transportés au dit moulin, où étant arrivés le Sieur Consul nous aurait remis le devis estimatif des dites réparations, et procédant alors à la recette d’icelles nous avons visité la grande roue du premier moulin  et nous avons trouvé qu’elle est à son niveau, qu’elle ne tape point et qu’elle est sur son plomb (d’aplomb), et de là nous sommes entrés dans le moulin et ayant examiné la chevillerie des dits moulins, tant de la lanterne que du lanternon, nous avons trouvé qu’elle est mise de neuf et passée au tour, après quoi ayant examiné la pierre virante (tournante) nous avons trouvé qu’elle a été mise de neuf et qu’elle a la hauteur et épaisseur portée par le devis, que le jas de la dite marre est aplani et qu’il est à son niveau, que la marre a été refaite et que les douelles ? sont bien jointives et ensuite ayant examiné le pressoir du dit moulin avons trouvé que le banc de dessous  du dit moulin est à son plomb et bien estrançonné  et que les montants de fer ont été réparchés ? et que sont bien arrêtés  avec des pattes ? et déclarons le tout en conformité du devis et étant sortis du dit moulin nous avons examiné la grande roue du second moulin dit du milieu et nous avons trouvé qu’elle est à son niveau et sur son plomb et qu’elle ne tape point et de là étant entrés de nouveau ? dans les dits moulins et ayant examiné le charpente, la marre, pierre virante et le jas du dit moulin et nous avons trouvé qu’il a été fait un lanternon de neuf et que les evoisières de la lanterne ont été faites de neuf, que la pierre virante du dit moulin a été mise de neuf, que les chevilles de la lanterne et du lanternon ont été mises de neuf  et qu’elles sont passées au tour, que le fond ? de la dite marre  est aplani et convient  que la marre du dit moulin  a été refaite et que les douelles  sont bien jointives, que le banc du dit pressoir est à son plomb  et bien estrançonné, que les montants de fer ont été reperchés ? et qu’ils sont bien arrétés avec des pattes ? cloutés de fer le tout en conformité des devis. Etant sortis  du dit moulin, nous avons été visiter la sayetière du moulin de ressence que nous avons trouvée avoir été faite de neuf en conformité du devis, de même que nous avons trouvé qu’il a été mis deux soutiens ? à la dite sayetière de la même qualité et aux endroits portés par le devis et que la grande roue du dit moulin ne tape point, et ensuite nous sommes entrés dans les dits moulins et ayant examiné la pierre virante, charpente, bancs de pierre et pressoir du dit moulin, nous avons trouvé que la pierre virante qu’elle était au moulin du milieu a été mise dans la marre du moulin de ressence  ce que nous déclarons en suite de ce qui nous a été attesté par les meuniers des dits moulins, que l’arbre de roue du dit moulin de ressence  a été fait de neuf de même que la lanterne  et les chevilles tant de la lanterne  et du lanternon, qui sont passées au tour, que le jas de la dite marre est à son niveau et aplomb, que la pierre virante est à son aicraire (équerre) que les deux trous  de bancs de dessus du pressoir  ont été rainolinés ?  et qu’il y a deux axis ? de neuf  et un esclapon  au banc qui touche le pressoir du moulin du milieu, que les deux bancs de pierre du dit pressoir sont à son niveau  et que le pressoir du dit moulin est bien estrançonné et arrêté ? le tout en conformité du devis, que les saguomes des dits pressoirs sont en place et le canal qui mène l’eau des saguomes  dans le bachas ont été réparées  et que le tout est conforme au  devis, et étant entrés dans le bachas, nous avons trouvé qu’il a été mis douze planches de pin et que les meuniers nous ont attesté en conformité avec le devis, et ayant examiné les fourneaux du moulin plus haut et du milieu, avons trouvé que les embouchements des dits fourneaux ont été faits avec des pierres de feu en conformité du devis et étant sortis des dits moulins, nous avons examiné le couvert et la bualière d’iceux et avons trouvé que le tout a été fait en conformité du devis auquel rapport nous avons travaillé selon Dieu nos âmes et conscience et vaqué à icelui deux jours, un jour pour la visite des réparations faites aux dits moulins et un jour pour la dresse du présent rapport et taxé nos honoraires à six livres pour chacun de nous à raison de trois livres  par jour et nous avons rendu le dit devis estimatif au Sr Maire de Chaillon Premier Consul

Fait à Cagne le dit jour, an que dessus et nous soussignés

Remis le présent rapport au Premier Consul pour le faire contrôler

Signé lequel Raybaud, R. Maifret

 

 

Du second juillet mil sept cent septante un, en suite de la délibération du Conseil de la  Communauté de ce lieu de Cagne du vingt-trois juin dernier qui nous commet pour divers devis du bachas et couvert à faire au moulin que la Communauté possède au terroir de ce lieu, quartier des Combes dit de Cassole et estimatif.

Nous nous serions (sic) transportés  au dit moulin et après avoir examiné le local, disons que le bachas doit être fait hors dudit moulin  et attenant à icelui du côté du levant et commencera à quatre pans du dit moulin du côté du midi en venant au nord et aussi dix-huit pans et demis de long sept pans de large en commençant et dix au bout du côté du nord en tout le murailles comprises.

Les fondements  seront creusés  trois pans de profondeur, les murailles auront deux pans de large au fondement un pan et demi sur terre réduit par proportion à un pan au toit. Le bachas sera creusé dans la terre jusqu’au niveau du fossé qui sert pour la fuite de l’eau du moulin de façon que l’eau du bachas ait sa fuite.

Il sera fait un conduit en briques qui servira pour la fuite de l’eau du dit bachas qui se dégorgera dans le dit fossé et sera pavé au fond avec des briques nissardes et de porcelaine et crépi aussi  avec de porcelaine tout autour jusques au niveau de la porte d’entrée.

Le toit sera fait avec des chevrons de melle  et couvert avec des briques à feuiller et des tuiles par-dessus, les chevrons s’appuieront sur la muraille du moulin à côté de ceux du couvert du dit moulin et au même niveau auquel couvert on donnera la pente nécessaire et sera fait tout autour du couvert du bachas une muraille d’un pan et demi  de hauteur au-dessus du toit, laquelle muraille sera faite au bout à dos d’âne et on fera tomber  toute l’eau du dit couvert du côté du fossé de la grande voie par une gouergue qui règnera entre la muraille et le bout du toit.

La porte d’entrée du bachas sera ouverte  dans le moulin au coin du pied de l’are ?

Elle aura quatre pans  de large et sept pans de hauteur. La porte sera faite de bois de melle  simple à double joint avec ses gonds pentures  serrure et clé le tout en proportion de la porte.

Les murailles de l’ancien bachas du côté du midi et du nord seront démolies et l’emplacement du dit bachas sera comblé à niveau du plan du moulin. On pavera le dit emplacement avec des briques nissard et on fera tout autour du dit emplacement une muraille de la même hauteur de celle qui est à côté de la marre  après avoir laissé quatre pas de large pour entrer dans le bachas et de la même épaisseur avec une brique nissard par-dessus  du côté de la marre.

On laissera une petite ouverture de deux pans et demis de large avec une filure ? au milieu de la muraille  de chaque côté de l’ouverture pour pouvoir la fermer avec une planche.

Il sera fait devant la porte du dit moulin un couvert qui prendra toute la façade du moulin. Il aura seize pans de long depuis la porte du moulin jusques au pied des aves ?. dont il sera parlé ci-après francs des murailles. Le couvert  sera fait sur trois ares et sera de la même hauteur et fera la même figure de dos d’âne que celui du moulin. Les pieds des ares auront cinq pieds de fondement trois pans d’épaisseur au fondement  et seront commencés sur le ferme, et depuis la vès ?  de terre jusques au toit réduit par proportion à  deux pans et demis.

Les deux piliers pour soutenir les aves  formeront chacun un coin et auront huit pans de large quatre pas de chaque côté.

Il sera employé au dit couvert une poutre de melle  à la bois ? qui aura  un pan de diamètre au petit bout.

Les chevrons seront de melle de la longueur nécessaire. Ils auront trois pouces d’épaisseur et quatre pouces de hauteur. Ils auront deux pans de distance francs l’un de l’autre. Il y sera employé des riostes ? de melle de trois  quatre pouces d’épaisseur et les tuiles nécessaires

La terre qui est devant la fenêtre des moulins… être pendant toute…du couvert jusques à niveau du…de la porte du moulin, le tout ci-dessus  sera fait suivant les règles  de l’art et au bachas il y sera fait une petite muraille pour pendre ? le roudet avec les… convenables et… suivant les règles de l’art.

Estimant les dits ouvrages à la somme de cinq cents livres

Et à l’emplacement de l’ancien bachas, sera comblé ? à chaux et à sable de la  de deux pieds de hauteur

Nicolas Scudier

 

 

Par délibération du Conseil de la Communauté de ce lieu de Cagne du sept novembre mil sept cent cinquante-quatre vingt-six, nous Joseph Dalons Maitre charpentier de la ville de Saint Paul, nommé de la part du dit Conseil et Pierre Raybaud Maitre charpentier du lieu de Cagne nommé de la part du Sieur Gardenquy et de Sieur Beranger son fermier, ayant donné pouvoir aux Sieurs  Maire et Consuls de prendre aussi un tailleur de pierre, les dits Dalons et Raybaud ont demandé… à Joseph Curel  Maitre tailleur de pierre de la Colle Saint Paul à la visite du moulin à huile de ce dit lieu conjointement avec le dit Dalons et Raybaud experts amiablement convenus  par la dite délibération à l’effet d’être par nous procédé au rapport de vérification pour voir si les dits moulins et engins appartenant  à la dite Communauté sont en état de détriter les olives, en exécution de la dite délibération et à la réquisition verbale du dit Sieur Maire et Premier Consul et du Sieur Gardenquy  et Sieur Béranger son fermier et après avoir été dispensés de la prestation de serment par la dite délibération en tel cas requis de toute formalité de justice, nous nous serions rendus à Cagne ce jourd’hui courant à neuf heures du matin où nous nous serions rendus aux moulins à huile en compagnie du Sieur De Chaillon Maire et Sieur Gardenquy son fermier et après avoir attendu l’heure d’expectative nous aurions fait lecture de la délibération du Conseil de ce dit lieu, nous aurions vérifié  et examiné les dits moulins et pris nos mémoires sur chaque article et n’ayant plus rien à opérer dans les dits moulins nous nous serions rendus au dit moulin appelé Cassole toujours en compagnie du Sieur De Chaillon Maire et de Sieur Béranger fermier du dit moulin et avons fait la visite du dit moulin et pris nos mémoires sur chaque article et n’ayant plus rien à opérer dans le dit moulin nous nous serions retirés à Cagne dans la maison de Pierre Paulien ? et renvoyé la dresse du présent rapport à demain neuf du courant et observé ? le dit jour et heure de huit du matin nous aurions procédé à notre rapport  en présence du Sieur De Chaillon Maire et Premier Consul ainsi qu’il suit :

Nous avons visité le premier moulin dit moulin de la Voute ? Nous disons que l’arbre de la pierre est trop court pour reposer le dit arbre. Nous disons qu’il faut rapporter une pièce de bois à la campane, afin qu’il ne soit court et qu’il ne ballote pas.

Nous disons que la marre, jas, et viran est dans un mauvais état, mais par le moyen d’aplanir le jas et mettre le viran à l’équerre il pourra servir pour faire la récolte des olives.

Nous disons encore que le second trou au banc de la pierre, les écrous sont coupés, nous disons qu’il faut le réparer et faire une autre vis.

Nous disons que la lanterne doit être baissée afin que les chevilles ne portent pas de si loin.

Second moulin, nous disons qu’il sera rapporté une pièce de bois à la campane comme celle-ci-dessus. La lanterne sera aussi surbaissée, le jas sera aplani, le viran sera mis à l’équerre et arrondi. La saye ? où l’on se sert pour reposer la pâte des olives, nous disons qu’elle est pourrie à fond même qu’il y a un tampon de liège et nous disons qu’elle sera raccommodée.

 

Troisième moulin : Nous disons que la lanterne sera baissée comme les autres. Nous disons qu’il faut couper les chevilles qu’elles sont trop longues que par ce moyen ils auront le grenage (engrenage ?) le jas sera aplani, le viran sera mis à l’équerre. La vis de la presse du plus bas est trop petite et nous disons qu’elle ne peut presser les escourtins et pour y remédier à cet objet nous disons qu’il en faut faire de neuf.

Nous disons encore que les six gourguerons ne sont point plombés et pour empêcher cette perte d’huile des particuliers, nous disons qu’il y sera fait un crampon aux dits gourguerons et seront enchassés dans les martrettes ? et seront plombés et solidement arrêtés afin qu’ils ne perdent point l’huile.

Nous disons que la sayetière du dit moulin est hors d’état de servir, qu’il en faut une de neuf

 

Moulin de Cassole

Nous avons visité le dit moulin. Nous disons que la roue et l’arbre est en très mauvais état.

Le jas doit être aplani et le viran doit être arrondi et mis à l’équerre. Les gourguerons doivent être plombés comme ceux des autres moulins, une sayme des martrettes s’y trouve qu’il y a des douelles au bas qu’il manque et le four de la dite saguome est découvert ; qu’il prend les eaux comme les huiles et pour y remédier à cet objet nous disons qu’il y sera changé des douelles qui sont rompues.

Et n’ayant plus rien à opérer du dit rapport, après avoir eu entre nous une conférence ensemble et avoir eu égard à tout ce que de droit et pris sur chaque article nos résolutions et après avoir été dispensés par la dite délibération du Conseil du sept novembre dernier de la prestation de serment et de toute formalité de justice, nous aurions dressé le présent rapport que nous aurions vaqué trois jours.

Fait et achevé à Cagne le dix novembre mil sept cent quatre-vingt-six et pour nos honoraires à raison de cinq livres par jour pour chacun de nous deux, Dalons et Curel à trente livres et nous nous sommes soussignés et le dit Raybaud a dit ne savoir signer

Signé Curel expert, Dalons expert

 

 

Notes sur le vocabulaire des moulins à huile

 

Bachas : Bassin à la sortie du moulin. Le nouveau bachas prévu en 1771 au moulin de Cassole devait faire environ 4.5m de long et de 1.5m à 2.5 m de large

Banc de dessus : terme utilisé pour la pièce de bois mobile servant pour presser les escourtins, peut-être équivalent d’estrapon

Briques à feuiller :

Briques nissardes : type de brique

Bualière = béalière ou beal ou canal d’amenée de l’eau

Cagne ou Caigne = Cagnes sur mer suivant les dénominations du XVIII ème siècle

Campane : probablement pièce liée à l’arbre  vertical de la meule tournante

Cavée

Chapelle de presse : terme utilisé parfois pour désigner l’ensemble de la presse

Chevillerie : les pièces de bois formées au tour servant d’engrenage

Cormier = arbre du genre sorbier

Coussinet : pièce destinée à relever l’axe de la  grande roue

Détritage : opération de broyage des olives

Doille : peut-être douelle. Cela voudrait dire que le bassin dans lequel se mouvait la meule avait des parois en bois. Les planches des tonneaux sont des douelles. Le terme est aussi utilisé en couverture

Escortin ou escourtin ou scourtin : panier contenant la patte d’olive à presser. Dans le texte, il est précisé maille 28

Estrapon : pièce de bois. Les dimensions citées sont de 60X10 cm environ, peut-être doublées. Il s’agit probablement de la pièce mobile servant à presser les escourtins.

En niçois « estrapia » veut dire écraser

Exclapon : peut-être une autre forme du nom estrapon

Evoizières : pièces de bois faisant partie de la lanterne et du lanternon, de 4 pouces de hauteur et 3 pouces d’épaisseur

Faittaron ? élément pour conduire l’eau

Feuiller : terme mentionné avec briques à feuiller

Gouergue : canal ou cheneau,

Gourgueron : peut-être autre terme pour les douelles de la piste

Grignon : résidu solide des olives après traitement

Jas : peut-être la pièce servant de racloir pour ramener la pâte des olives sous la meule ou éventuellement la pièce reliant l’arbre vertical à l’axe de la meule tournante ou virante

Lanterne : roue comportant des chevilles servant de dents d’engrenage liée à l’arbre de la meule

Lanternon : dito ci-dessus, roue entrainant la lanterne

Livre : divisée en 20 sols. Le sol est divisé en 12 deniers

Mare ou marre : bassin dans lequel tourne la meule équivalent de piste

Mele ou melle= Mélèze

Meule : Dans le devis du 9 mai 1762 les dimensions définies sont de 6.5 pans de diamètre, 7 pouces d’épaisseur renforcée à 10 pouces autour de l’axe

Motte ou moute= mouture

Mouscoulon. Pièce de fer sur laquelle repose l’arbre de la lanterne

Noisière ? élément de la grande roue

Pageole : élément de la grande roue

Pan : environ 25 cm, 1/8 de canne

Porcelaines : briques vernissées

Pouce : environ 2.5cm, 1/12 de pied

Rabion : terme utilisé à Grasse pour désigner le racloir au fond de la piste

Ressence : traitement des résidus

Rioste : pièce de charpente reposant sur les chevrons de dimensions 2 à 3 pouces de large et six pouces d’épaisseur

Saguome ou sagueme : élément entre le pressoir et le bachas

Sayetière : bac

Sur son plomb = d’aplomb

Vannoir : instrument pour enlever les feuilles mélangées aux olives, ressemblant au vannoir à blé

Viran,  ou meule  virante, tournante

 

Moulin d’A Cupera à Breil sur Roya 06540

 

Ce moulin a été renové et la description de ses éléments est consultable sur Internet

 

Bassin pour le triturage : piste, terme souvent employé ailleurs ou goumbagna, à comparer avec marre terme employé à Cagnes

Grignou : noyau d’olive, équivalent de grignon, résidu solide

Lavelli : bassins de lavage et décantation, équivalent de bachas

Margine : résidu liquide

 

 

 

Vocabulaire :

 

La signification d’un certain nombre de mots a pu être reconstituée d’après la position logique des éléments