Gravure des Blancons à Belvédère

GRAVURE DE LA CHAPELLE SAINT JEAN BAPTISTE A COURSEGOULES 06140

   

 

                                                                              mise à jour avril 2013

 

Cette chapelle se trouve à l’angle du chemin du Brec à l’est du village. Elle est orientée à l’est. Sa façade est fermée par une grille.

Elle a fait l’objet d’une étude par Jean Claude Poteur () et selon lui serait antérieure à 1705.

 

A la clé de voute, mais très légèrement décentrée vers la gauche, on peut lire une inscription gravée en creux, mais dont les traits ne sont pas très épais, environ 2mm de profondeur et 2mm de large. La gravure est régulière. Le graphisme est curieux, très angulaire, et de bonne qualité.

JC Poteur () a donné l’interprétation suivante :

«  On pourrait y lire les mots  SAN JUA, écriture sous une forme maladroite et très phonétique  du provençal Sant Joan (Saint Jean) ».

Il semble que la graphiste a voulu poser une énigme. Ce n’est pas un cas unique.

On trouve des dates inscrites difficiles à interpréter dans l’ancienne église de Tournefort, de Sigale et à La Tour sur Tinée. Ces inscriptions ont déjà fait l’objet d’articles (voir dossiers Internet). Ces inscriptions datent du XVème et du début du XVIème siècle.

Par ailleurs Coursegoules a été sous l’influence des templiers.

Mais ces remarques sont peut être hors sujet.

En allant de la gauche vers la droite on trouve ce qui semble être le signe « infini » tourné de 90 degrés, puis un signe A barré en travers, un signe ressemblant au PI grec, un ovale non fermé en haut barré comme le A, un signe ressemblant au U et un A barré en travers comme le premier A.

Si les caractères sont latins, la lettre qui ressemble à un PI grec serait un M ou un N stylisé, la lettre ovale ne s’explique pas.

Si les caractères sont grecs, on aurait éventuellement Alpha, Pi, Omicron(?), Upsilon, Alpha.

Dans les Alpes Maritimes, les inscriptions en caractère arabes, hébreux, grecs sont très rares.

En ce qui concerne des inscriptions en caractères grecs, on en trouve pas exemple à Annot mais du XVIIème siècle, à Gréolières dans le texte synoptique en quatre langues de la Croix du Tricot du début du XIXème siècle (voir dossiers Internet).

 

Dans le dictionnaire de Bailly () page 906, on trouve le verbe grec transitif : eta, pi, upsilon, omega, dont la forme en dorien devient : alpha, pi, upsilon, omega,

Si ce verbe  est un verbe contracté type « a » voix active, la troisième personne du singulier se termine par « a »  ref. Ermaion () page 354

Le sens principal est « j’appelle à haute voix », ce qui associé au signe de l’infini pourrait donner dans le cas de la chapelle « à l’infini il appelle à haute voix », à rapprocher du texte sacré « sans cesse j’ai crié dans le désert ».

Dans Isaie 40.3 on trouve « voix de celui qui crie dans le désert » 

Cette inscription s’appliquerait assez bien, dans cette hypothèse, à Saint Jean Baptiste.

Dans le cas du texte upsilon se serait transformé en omicron, upsilon.

 

 

Bibliographie

 

Bailly – le grand dictionnaire Grec Français – éditions Hachette

Ermaion – initiation au grec ancien - Ophrys 2003

Poteur Jean Claude –Conseil Général - Inventaire départemental du patrimoine culturel – Extrait de la commune de Coursegoules