GRAVURES DU VALLON DE PARRIAU  SAINT JEANNET 06640


 Découverte et dossier préparé par Jean Laffitte

    

La première se trouve au pied du poteau GR 51, balise N°2.

Sur une face de la pierre est gravée la lettre « P » suivie du dessin d’une feuille dont on distingue très bien les nervures. Le « P » est gravé sur une face de la pierre et la feuille est dessinée sur l’autre. La signification donnée par Monsieur Trastour à Monsieur Fabry  de Saint Jeannet est « Pierrefeuille ». Il s’agirait d’un berger dont c’était le surnom.

La hauteur du « P » est de 10 cm environ et sa largeur de 4 cm. La feuille comporte 7 nervures en haut et 6 en bas. Sa longueur est de 14 cm et sa hauteur maximum de 13 cm environ

     

Sur le chemin en montant, environ une centaine de mètres après le virage à droite, on remarque sur la gauche, une pierre gravée de la date « 1831 » dans un cartouche.

Cette date n’est visible que dans le sens de la montée (P) x=986.825, y=3172.892, z=581

La largeur du cartouche est de 26 cm environ

      

Quelques mètres  au dessus, sur une autre pierre, sont gravées des lettres très difficilement lisibles « F. PASAS ». le dernier « S » est à l’envers. Il faut passer sa main sur la pierre pour sentir le relief des différentes lettres et en déchiffrer la signification. Comme elles ne sont pas visibles à l’œil nu, il faut les remplir de terre humide pour en faire ressortir l’inscription. Cette inscription est comme la précédente visible uniquement dans le sens de la montée. Sa signification serait « Faut y passer » «  Il faut bien s’en aller »

La hauteur moyenne des lettres est de 14 cm et leur largeur moyenne de 4 cm

  

Le chemin monte toujours et arrive à un endroit où il se divise en deux : la calade part sur la droite et contourne un arbuste, un cade, pour retrouver le chemin un peu plus haut et, contourner l’obstacle que représentait à l’époque un affleurement rocheux. C’est au début de cet embranchement que se trouve une autre inscription , malheureusement recouverte en partie de ciment aujourd’hui, suite à la détérioration de cette partie du chemin due aux passages répétés des troupeaux, mais aussi et surtout aux véhicules 4x4…ainsi qu’aux intempéries.

Cette inscription, gravée sur une pierre du chemin, n’est visible que dans le sens de la montée. On peut lire « RIP » suivi d’une croix en dessous, ce qui signifie « requiem in pace » « repose en paix ».

(P) x=986.847, y=3173.020, z=590

La hauteur des lettres est de 12 cm environ

Il est rare  de trouver des inscriptions qui ne soient pas rattachées à des constructions. Ici à Saint Jeannet, et plus particulièrement sur le chemin qui monte au Bau, quatre d’entre elles sont gravées sur des pierres se trouvant sur la gauche du chemin et uniquement visibles dans le sens de la montée loin de toute construction.

Y aurait-il un lien entre toutes ces inscriptions ? On peut penser que oui. En effet, si l’on regroupe ces « quatre informations », on s’aperçoit qu’elles contiennent un message, gravé dans la pierre, certainement par quelqu’un du village, profondément touché par la disparition d’une personne qui lui était chère, afin qu’on se souvienne d’elle ; Il s’agit là d’une hypothèse bien sûr mais qui semble logique au regard de l’emplacement des différentes gravures.

Quelles sont ces quatre informations ? La première est le surnom d’une personne (certainement un berger) Pierre Feuille, la seconde est la date de1831, la troisième est une phrase F PASAS, et la dernière, une épitaphe RIP (repose en paix). Ce qui peut se traduire par

En 1831 le berger Pierre Feuille est décédé « faut malheureusement y passer « 

L’emplacement au sol de la pierre gravée RIP au contournement d’un obstacle parait indiquer l’endroit où « l’accident » aurait eu lieu et où la personne serait enterrée.

Sur le registre des décès de 1831, n’apparaissent pas les surnoms de personnes. Pierre Feuille reste encore un mystère, et la mémoire des anciens du village ne nous en apprend pas davantage

Bibliographie

              Laffitte Jean Les constructions en pierre sèche du Bau de Saint Jeannet, Rando N° 1, le Riourun, Juin 2005