Bossages erratiques et hémisphériques

GALERES GONDOLES ET AUTRES BATEAUX A NICE ENTRE

LE XVI EME ET LE XVIII EME SIECLE

 

                                                                             Mise à jour avril 2016

 

Ce dossier a été établi notamment d’après les notes de deux auteurs anonymes ainsi qu’à partir des mémoires d’Antoine  Fighiera qui a vécu à la même époque, documents traduits par Hervé Barelli ().

Notons qu’Antoine Fighiera est né en 1577 donc certains événements qu’il raconte lui ont été rapportés.

Par ailleurs Pierangelo Manuele  () a fait une étude remarquable  concernant la marine de Savoie du Moyen Age à l’Unité Italienne. Pour la période de la présente étude son ouvrage comprend des renseignements très intéressants, et pour simplifier, dans la suite les références à son ouvrage seront notées Manu.

Il donne notamment les principes de nage : a terzarolo avec rame individuelle, ou  a scaloccio avec rame commune et manilles auxiliaires (croquis page 13)

Il indique aussi qu’une galeatia avait déjà été construite à Nice en 1486

A ces traductions sont associés divers commentaires.

Pour certains évènements il y a des similitudes dans la rédaction des deux textes anonymes. Il y a des lacunes dans les périodes étudiées dans les « Cose notabile ». L’auteur du « giornale degli avvenimenti » est parfois légèrement plus précis. Un des auteurs a eu probablement connaissance du travail de l’autre.

Manu. Page 64, mentionne les récits de l’abbé Gioffredo sur les luttes avec les barbaresques

Michel Bottin a également écrit sur la gestion des galères de Savoie pour la période 1560-1637, dossier consultable sur Internet :

 

 http://comptabilités.revues.org/736

 

On trouve sur Internet des références sur certains des bateaux mentionnés ci-dessous mais il y a lieu d’être prudents sur leur interprétation car les caractéristiques et l’utilisation de ces bateaux ont pu évoluer au cours du temps.

Giovani Panella a fait une étude très complète sur divers types de bateaux.

Le nom italien qu’il mentionne est inscrit entre parenthèses.

Son étude détaillée renvoie également à d’autres auteurs. Pour simplifier, dans la suite de l’étude il sera nommé Pan.

www.sullacrestadellonda.it/imbarcazioni

 

Par ailleurs, sur le site :

 

http://www.mandragore2.net

Dossier : marine ancienne

On trouve aussi un certain nombre de définitions.

Pour simplifier, les références à ce site seront nommées mand.

 

Rappel historique

 

1537-1559, guerre entre la France alliée aux Turcs  dans "l'empia aleanza" contre L’Espagne alliée de la Savoie. Pendant cette période a eu lieu le saccage de Nice par les turcs en 1543.

1553-1580 Emmanuel Philibert Duc de Savoie

1560-1571 phase la plus aigue de l’éternelle lutte  des nations chrétiennes compris le Duché de Savoie  contre les turcs avec comme point culminant la bataille de Lépante en 1571  à laquelle la Savoie a participé avec trois galères.

1572 aux galères ducales s’ajoutent les deux galères de l’ordre de Saint Maurice et Lazare

1576 Le Duc de Savoie acquiert Oneglia

1580-1630 Charles Emmanuel Ier Duc de Savoie

1590-1598 guerre de Provence  dans le cadre des guerres de Religion entre la Ligue catholique dont fait partie l’Espagne et le Duché de Savoie et les protestants français. La flotte savoyarde appuie les opérations terrestres.

1625-1634 Guerre entre le Duché de Savoie  allié de la France  et la République de Gênes alliée de l’Espagne

 

Types de bateaux

 

Ci-dessous les noms des bateaux sont donnés par ordre alphabétique, mais la partie la plus importante de l’étude concerne les galères.

Pour simplifier les références tirées des « cose notabile » seront qualifiées ci-dessous en abrégé de : cose, et celles du « giornale degli avvenimenti » de giorn. Celles tirées de Alexandre Fighera seront notées en abrégé Figh.

En général le Duc de Savoie est mentionné sous son titre S.A. pour Son Altesse

L’étude concerne la période 1537 à 1667

Elle ne détaille pas tous les mouvements mais seulement ceux qui présentent des particularités intéressantes

 

Brigantin (Brigantino)

 

Selon Pan, du XIVème au XVIème siècle, bâtiment d’escorte à voiles latines et à rames avec douze à quatorze bancs

Mand. « Jusqu’au XIVème siècle le brigantin  était un petit bâtiment méditerranéen de la famille des galères, A l’origine beaucoup plus petit  que ces dernières, non ponté ou demi ponté avec dix à douze bancs et autant de rames à chaque bord maniées par un homme , et portant un arbre (mât amovible) à voile latine. Il servait à la course. Au XVIème siècle il grandit à quinze bancs  et complètement ponté et à deux arbres »

 

Cose. page 76, le 2 juin 1605, « en revenant à Savone (une galère de S.A.) aperçut un brigantin turc de quinze bancs à environ dix milles en mer. Elle lui donna la chasse, le prit et le conduisit à Oneille » 

A la même date Gior. précise page 118 « dans les eaux de San Remo »

 

Gior. page 103, le 13 juin 1593,  « deux frégates venant d’Antibes furent découvertes la nuit par la garde du Château.  Les marins, les pêcheurs et autres soldats armèrent un brigantin appartenant à Monsieur de Bar et se jetèrent sur elles, les obligeant à se retirer sur Monaco »

Gior. page 105, le 28 juillet 1594, « l’abbé de Saint Pons se rendit de Nice à Antibes…le soir suivant, le seigneur Annibal Grimaldi y alla aussi. Le 30 dudit tous les deux revinrent sur le brigantin du gouverneur du château qui les avait transportés »

Gior. page 124, 17 février 1614, « le brigantin du droit de Villefranche qui transportait   quarante six hommes, prit la mer pour saisir une barque provençale »

Gior. page 132, le 18 octobre 1621, « une barque  de Celle avec quatre marins fut attaquée….Les marins dirent que ceux qui les avaient attaqués  étaient de Nice sur le brigantin du château….le 22 dudit… Isoard Fo qui était le patron de ce brigantin fut immédiatement incarcéré au château….le 27 dudit on pendit Fo »

Le gouverneur du château avait donc un brigantin à sa disposition.

Manu. page 278, « A l’époque médiévale, le terme brigantin indiquait un petit bateau à rames avec deux mâts à voile latine plus petit que la galère. Au XVIIIème siècle, le même nom commença   à indiquer un voilier avec deux mâts à voile carrée

 

Caique (caicco)

 

Pan. « il semble que ce terme était utilisé sur les galères pour désigner une petite barque embarquée »

Mand. « Au XVIIème siècle, esquif généralement à six rameurs  qui assurait les liaisons nécessaires entre les galères »

Gior. page 127, le 11 janvier 1615, « les galères d’Espagne… prirent le caique ou frégate du droit dans les eaux d’Eze »

Figh. page 297, 1615, « deux galères de Gênes passèrent poursuivant deux caiques de S.A. et elles vinrent devant Eze »

Gior., assimile donc caique à frégate et Fighiera fait à peu près le même récit de l’incident avec plus de détails personnels

Manu. page 278, « embarcation légère  particulièrement diffusée dans la mer Egée »

 

Caraque (Caracca)

 

Manu. page 278, « gros voilier de haut bord et de grande portée avec un château de proue et poupe très relevée muni de mât très incliné avec une petite voile et de quatre mâts  dont les deux premiers trinquette et grand mât  à voile carrée et les autres à voile latine. Fut en usage jusqu’au XVIème siècle »

Manu. Page 35, « La Lomellina grande caraque gênoise a coulé à Villefranche le 15 septembre 1516

Page 32, il donne une reproduction de la caraque S.Anna  musée d’art et d’Histoire, Palais Masséna à Nice)

 Casalis () a raconté vers 1840 soit plus de 300 ans après, cette tempête terrible de 1516 mais sans donner le nom de bateaux « Durant une alternance d’évènements heureux et de mésaventures, le port de Villefranche acquit une grande importance  par suite de sa position intermédiaire, mais cette petite cité fut ravagée le 15 septembre 1516 par un des plus terribles ouragans. Le vent appelé ici Mistral  ruina  presque tous les toits des maisons et aussi les murailles, les arbres et tout  ce qui s’opposait à son impétuosité ; beaucoup périrent misérablement sous les funestes ruines. Les eaux de la mer s’élevèrent à une hauteur surprenante et une quantité de navires de guerre et de commerce appartenant à diverses nations furent engloutis dans le port de Villefranche sous la violence des lames. »

La caraque qui a sopmbré en 1516 serait la Lomellina.

voir dossier Internet désastre de 1516

Selon Anne Brogini (), les Chevaliers de Rhodes avaient deux caraques pendant leur séjour à Nce, la Sainte Anne et la Sainte Marguerite, qui servaient aussi de caserne.

 

Chebec ou chebeck

Petit bâtiment d'origine hispano-arabe très documenté sur Wikipedia. Hervé Barelli () note dans Nice Matin à propos de ces bateaux " au XVIIème siècle apparaitront les chebecs, qui naviguent essentiellement à la voile (latine), ce qui leur permet  de déployer des canons sur leurs flancs. Avec plus de 300 hommes à bord, les chebecs supplantent  dès les années 1750  tous les autres types de navires de guerre méditerranéens"

Ces bateaux n'ont pas d'installation permanente de vogue (rames), mais la possibilité d'en inclure entre les sabords

Cocha ou Coca

Luc Thévenon () page 27, indique que ce type de bateau devint au XVème siècle une simple unité de commerce. Max Guérout  et ses confrères () mentionnent au sujet d'une fouille qu'ils ont effectuée et publiée, des bateaux nommés cogues de Brême. Dans Persée on peut lire sur Internet " the genoese coche " les spécialistes de typologie nautique ont associé ce type de bateau  aux cogs du nord de l'Europe ". Le naufrage aurait pu avoir lieu en septembre 1516

Cog gênois

Ce type de bateau est signalé par Luc Thévenon () page 26. Une représentation  de ce type de navire figure sur le polyptique de Saint André, par un anonyme de Bruges dans l'église Saint Laurent Sta Margherita Ligure

 

Felouque (feluca)

 

Pan. « On désigne par ce nom en Méditerranée un bâtiment de petit cabotage, ponté avec une voile latine et parfois une seconde voile latine plus petite »

Mand. « A l’origine la felouque était utilisée en Méditerranée pour le cabotage. Elle fit son apparition vers le XVIème siècle. C’était un bateau rapide utilisable à la voile comme à l’aviron »

Gior. Page 125, le 14 avril 1614,  « A trois heures du matin est arrivé d’Espagne, le Prince Victor Amédée…puis le Duc son Père embarqua sur sa felouque sur laquelle il le fit descendre de sa galère » 

Manu. page 278 « la felouque antique avait un seul mât  à voile à livarde et disposait de rames auxiliaires »

 

Felucone

 

Manu. page 279, « voilier muni de rames auxiliaires probablement plus semblable au sciabecco ( voir plus loin)  qu’à une grosse felouque. Parfois il était utilisé comme garde côtes

 

 

Frégate (fregata)

 

Pan. « du XIIIème au XVIème siècle, embarcation plus petite que la felouque avec une voile latine conduite par huit à dix hommes, très rapide dédiée aux plus grands navires. Après le XVIème siècle, navire  de plus en plus grand à trois mâts et voiles carrées »

 

Gior., page 103, le 13 juin 1593,  « deux frégates armées….. »  Voir ci dessus à brigantin

Figh., page 284, le 26 octobre 1594, «  je m’embarquai sur la frégate de  Franscesquin »

Cela veut-il dire qu’il y avait des bateaux privés ?

Gior., page 107, le 13 mai 1795 « on vit une frégate de Cannes mettre en fuite  de nombreux pêcheurs, et en prendre quatre sur un leude »

Voir plus loin Leude

Manu. page 279, « initialement le terme frégate  indiquait un petit bateau  à rames muni de voile latine, plus petit que le brigantin à rames. Au XVIIème siècle le même terme commença à nommer un navire de guerre à deux ponts  de batterie, un couvert et un découvert, doté de deux mâts à voiles carrées »

 

Fuste

 

Pan. pas de traduction

Mand. « Au XIVème siècle, bâtiment long et de bas bord qui se manoeuvrait à voiles  et à rames, plus grand que le brigantin  et plus petit que la galiote. De seize à dix huit bancs de chaque côté  avec deux avirons et rameurs par banc »

 

Figh. page 266, le 20 septembre 1537, « quatre fustes et une galère  de Turcs vinrent pour capturer des niçois »

Figh. page 272, le 5 aout 1543, « Barberousse arriva avec la flotte française. Il y avait environ cent cinquante galères, environ cinquante galiotes et fustes, et vingt deux nefs »

 

Galeassa ( Galeazza)

Manu (page279, « navire gigantesque, introduit à Venise au XVIème siècle  semblable à la galère mais beaucoup plus grand. Doté d’une puissante artillerie sur le château de proue de forme circulaire, à la poupe, et pour la première fois sur les bateaux à rames,  aussi sur les flancs. Elle pouvait embarquer jusqu’à 1200 hommes. Pesante et lente elle devait souvent être remorquée ».

Non mentionnée à Nice, elle a participé en tête de la flotte à la bataille de Lépante

 

 

Galère (Galea ou galera)

 

Pan. donne une description détaillée de ce type de navire, « bateau d’environ cinquante mètres de long et sept de large, avec deux mâts à voiles latines  rarement trois  et de chaque côté vingt cinq à vingt six bancs »

Cose. et Gior., mentionnent des galères de Savoie, de Gênes, de Naples, d’Espagne, du Pape, de Florence, de Sicile, de France, du Prince Doria puis de Don Charles Doria, de Turquie, ainsi que les galères des S. Maurice et Lazare.

On peut se poser la question de savoir si les mentions de ces pays concernaient seulement la nationalité des bateaux ou s’il y avait des variantes dans la construction.

Manu (pages 12 et suivants) donne de nombreux détails sur les galères, les diverses parties des navires,  le type de nage.

Il indique notamment « 25 à 30 rames par côté, plusieurs rameurs par rame et un mât ou plus à voile latine. Caractérisée par la présence d’éperon, de rambarde et  de pièces supportant les tolets, et par la présence à la proue de l’artillerie, elle domina la Méditerranée pendant des siècles avant d’être supplantée par  des bateaux à voile carrée. »

Page 12, il montre un dessin illustrant les diverses parties d’une galère

Le Prince Doria était général de la mer de Sa majesté Catholique (c’est à dire du Roi d’Espagne)

Les galères étaient utilisées soit pour le transport de troupes soit pour le transport de personnalités soit pour le combat.

Michel Bottin  indique que pendant la période d’hivernage  du 15 octobre au 15 mars l’effectif était réduit, Mais il y a eu cependant de nombreux mouvements en hiver (voir plus loin)

Par exemple, Gior. Page 131, le 28 décembre 1626, «quatre galères se retirèrent à Villefranche où elles restèrent jusqu’à minuit, où elles firent voile vers Gênes »

Michel Bottin estime que la durée de vie d’une galère était d’environ dix ans, et il indique qu’il pouvait y avoir deux cents hommes de chiourne par galère, ce qui pour une galère de vingt cinq bancs de chaque côté ferait quatre hommes par rame

 

D’après les descriptions de Cose. et de Gior. les galères pouvaient effectivement transporter  cent à deux cents  fantassins.

On peut se demander comment cela était possible étant donné l’encombrement des bancs et on peut émettre l’hypothèse  que dans le cas de transport de troupes les rames étaient rangées pour avoir plus de place et pour naviguer seulement à la voile.

 

Gior. page 105, le 31 juillet 1594, « arrivèrent trente cinq galères venues d’Espagne chargées de six mille fantassins » soit près de deux cents hommes par galère, plus probablement de l’armement

Au cours d’une tempête Gior.  évoque les galères qui ont coulé dans la rade de Villefranche et qui sont donc encore des épaves au fond de l’eau.

Les galères prenaient parfois en remorque une barque avec de la poudre pour limiter les risques d’explosion (voir plus loin)

Ces bateaux naviguaient parfois seuls et sans escorte, semble t’il, même avec de l’argent ou des provisions.

Il y avait dans certaines circonstances des flottes jusqu’à quarante  galères, par exemple pour accompagner la Reine d’Espagne le 01 mars 1599, et même de cinq cent galères pour l’attaque de Tunis en 1535, selon Figh. page 263

Pour les galères principales on utilisait les termes de galère capitane ou galère patronne ou prieure, Reale pour l’Espagne et Royale pour la France

 

Galères de Savoie :

 

Elles avaient une grande activité mais étaient, semble t’il, utilisées surtout pour le transport de personnes, même sur des trajets courts comme Antibes, Cannes ou Villefranche.

Gior. mentionne souvent « les deux galères de S.A. », c’est à dire du duc de Savoie. Ceci laisse supposer que le Duc ne possédait que deux galères mais à d’autres moments, on parle de trois galères puis de quatre.

 

Cose. page 56, le 27 juillet 1590 « le feu prit aux tonnelets de poudre qui se trouvaient sur le canot où avaient embarqués vingt cinq de ses hommes (de S.A.). Il leur fut nécessaire de se jeter à la mer »

Cose. page 58, le 28 aout 1590 « les deux galères de S.A. partirent de Villefranche avec beaucoup d’argent et trainant une barque chargée de poudre pour Marseille ».

Cose. page 59, le 18 aout 1591, « arrivèrent à Villefranche les galères conduisant une barque  chargée de grains qu’elles avaient prise à l’entrée du port de Toulon,

Cose. page 59 le 21 octobre 1591 « la galère capitane de S.A. passa ici avec cent vingt cinq mille écus   et les portait à S.A en Provence »

Il n’est pas fait mention de bateau d’accompagnement.

Cose. page 61, le 20 avril 1592, « alors que les quatre galères de S.A. étaient  dans la rade de Villefranche presque tous les soldats  les abandonnèrent car ils n’avaient pas été payés »

Gior., page 100, le 28 juin 1592, « S.A. partit sur sa galère vers Cannes puis revint le soir même à Nice, laissant là bas une bonne garde d’Espagnols ».

Ceci dénote une rapidité de mouvement.

Cose., page 62, le 28 juillet 1592, « deux galères de S.A. prirent à environ douze milles en mer une galère turque de treize bancs »

Gior. page 100, le 14 juillet 1592 « parties de Villefranche, deux galères de S.A. donnèrent la chasse à une galiote turque de treize bancs. Au bout de trois heures environ, elles la prirent à douze milles en mer ».

On voit qu’à part l’écart de date, les deux récits correspondent mais Gior. emploie le terme de galiote

Gior. page 109 le 5 novembre 1596, « une galère de S. A. est partie avec vingt autres arrivées de Gênes »

Il s’agit donc là encore, d’une navigation hivernale

 

Gior. page 109, le 5  mars 1597, «  de nuit la galère de S. A. revint d’Espagne »

Il y a plusieurs exemples de départ, d’arrivée ou de navigation de nuit, peut-être en profitant de la lune et aussi pour limiter les mauvaises rencontres.

 

Gior. page 139, le 6 juin 1626, « Au Pré aux Oies, on commença à construire la galère appelée Sainte Christine. Elle fut ensuite bénie le 23 avril 1627 et mise à l’eau »

Gior. page 128, le 25 mai 1616, «  alors qu’elle se trouvait à la plage, devant le Pré aux Oies, la galère patronne de S.A… » Voir leude

Gior. page 136, le 8 avril 1625, «la galère capitane de S.A. fut prise par trois autres galères de Gênes devant l’ile de Saint Honorat »

Figh. page 330, le 25 février 1626, « au réfectoire de Saint François on fabrique la poupe de la nouvelle galère »

Cela voulait il dire que cette partie du bateau devait être construite à l’abri à cause de la décoration ?

Figh. page 330, le 27 avril 1626 « dans le grand magasin du Pré aux Oies, on construit la galère. Il y a deux forgerons qui ne font rien d’autre que des clous et quatre maîtres-charpentiers. Le chef de chantier est M. Honoré Chiabaud »

On peut se demander pourquoi on a choisi le Pré aux Oies alors que Michel Bottin dans Archeologia () page 30  d’après J. Meirat et A. Cane indiquent qu’un chantier naval a été créé à Villefranche en 1560.

Figh. page 331, le 28 mai 1626 « On a fait la décoration de la nouvelle galère » 

On voit que les deux récits coincident à peu près et que la durée de construction de cette galère a été d’un peu moins d’un an

Gior. page 163, le 28 octobre 1627, « arrivée à Villefranche d’une galère que S.A. avait fait construire à Toulon »

Il y avait donc à ce moment une période de calme avec la France

Gior. page 163, le 7 novembre 1627, « ayant embarqué cent soixante niçois, soldats et marins, la galère neuve faite à Nice, alla à la rencontre  de celle de Toulon parce qu’on craignait une galère de Gênes qui était passée en direction de la Provence. Le 22 les deux galères arrivèrent sauves à Villefranche, ayant pris une felouque gênoise avec une cargaison estimée à plus de trente mille écus »

Il y a une incohérence de date en ce qui concerne la note précédente

Figh. page 340, 1635, « la galère est allée à Gênes chercher l’autre »

Fighiera ne précise pas de quelle galère il s’agit et pourquoi ? Une galère avait été prise le 8 avril 1625 (voir ci dessus) et libérée le 31 mars 1630, Figh. page 337.

Gior. Page 146, le 13 février 1635, « arrivée à Villefranche de la galère prise dans les iles et qui venait d’être restituée »

Cela ferait un délai de cinq ans peu plausible. Une des dates est peut-être fausse.

Gior. page 160, le 9 mai 1648, « on a commencé la construction d’une galère, qui fut lancée le 19 juillet 1649 »

La construction a donc duré un peu plus d’un an

Gior. page 162, le 4 mai 1653, « la galère neuve fut vendue moyennant cent cinquante doublons au chevalier de Coulonges et conduite à Toulon »

Hervé Barelli  a traduit « Doppioni » par doublon.

Le doublon était une monnaie espagnole qui valait deux escudos. Michel Bottin () indique qu’en 1561 le prix d’une galère  était de huit mille écus  et quelques années plus tard dix mille écus. En supposant que l’escudos avait à peu près la même valeur que l’écu mentionné, le montant de cent cinquante doublons soit trois cents escudos parait incohérent. Mais il y a lieu d’être prudent sur ces chiffres. Car s’agissait-il bien d’une galère ? On verra ci-dessous que parfois le terme galère a été employé pour galiote.

D’autre part  à cette époque l’équivalence des monnaies est difficile à établir.

Voir dossier Internet: galères de Savoie

 

Galère la Marguerite :

Gior. page 122, le 29 mai 1613, «  Victor Amédée s’embarqua pour l’Espagne sur la galère patronne de Savoie escortée par la Marguerite »

Gior. page 125, le 17 avril 1614, « un grand vent de couchant et de labech précipita vers cette plage la galère Marguerite »

Gior. page 132, le 12 janvier 1621, sur la galère la Marguerite, ils rapportèrent les canons à Villefranche »

Gior. page 132, le 3 juin 1621, « la Marguerite et une autre galère neuve construite à Gênes allèrent à Civita Vecchia »

 

Galères de S. Maurizio et Lazare

 

Les deux galères de cet Ordre dépendaient du Duc de Savoie.

Un autre auteur anonyme note page 33 (relazione degli apparati), le 18 juin 1585  « apparut la capitane des Saints Maurice et Lazare sur laquelle se trouvait Monsieur le Duc ». Il est peu fait mention de ces galères

 

Galères de France

 

Gior. Page 122, le 20 avril 1613, la dite épouse (du Duc du Maine), partit d’Antibes avec deux galères de Marseille »

Gior., page 136, le 4 mai 1625, « arrivée d’une galère de France…Elle venait des côtes de la Sardaigne,  de la Corse et de la Riviera, où elle avait capturé un navire et deux barques de San Remo »

Cose. page 78, le 31 juillet 1646 « à sept heures de none passèrent dix huit galères de France qui venaient d’Orbetello »

 

Galères de Gênes

 

Cose. page 59, le 14 décembre 1591, « passèrent trois galères de Gênes avec  la capitane de S.A. »

Il y avait donc de bonnes relations momentanées avec Gênes à ce moment.

Gior. page 113, le 13 octobre 1600 « arrivée de six galères de Gênes avec cinq cents espagnols »

Les galères de Gênes sont souvent citées

Voir plus loin la paragraphe « affrêtements »

 

 

Galères de Naples

 

Cose. page 58, le 1er aout 1591, «  passèrent trois galères de Naples qui devaient rejoindre celles de S.A. »

Gior, page 129, 31 juillet 1616, « Mr le Comte de Lemos vice roi de Naples  se présenta avec une flotte de vingt trois galères »

Gior, page 141, le 10 mars 1629, « arrivèrent dix galères de Naples sur lesquelles il y avait mille huit cent soldats »

 

Galères du Pape

 

Gior. le 2 juin 1591, quatre galères du Pape passèrent, chargées d’infanterie qu’elles débarquèrent à Bouc. »

Les galères du Pape participaient donc aux opérations militaires

Gior. page 139, le 17 novembre 1625, «  le cardinal Barberini passa dans nos eaux avec cinq galères, deux du pape et trois de Florence »

Gior. page 162, le 14 novembre 1656, « deux galères de Sa Sainteté sont arrivées à Villefranche »

Gior. page 139, le 23 septembre 1626, « à quatre heures de la nuit, entra à Villefranche le cardinal Barberini  avec neuf galères, c'est-à-dire cinq du Pape, trois de Florence,  et la patronne de Naples »

Les puissances catholiques s’’étaient elles entendues pour accorder l’immunité aux galères du Pape dans le cadre de négociations de paix?

 

Galères de Florence

 

Gior. page 155, octobre 1641, « trois galères de Florence ont débarqué six cents soldats soit cent cinquante allemands  et quatre cent cinquante espagnols »

 

Galères de Sicile

 

Cose. page 62, le 5 juin 1592, «  arriva le vice-roi de Sicile avec huit galères. Il retournait en Espagne »

Gior. Page 105, le 26 septembre 1594, « arrivèrent ici à la plage huit galères de Sicile   venant d’Espagne »

 

Galères de Malte

 

Gior. page 162, le 16 novembre 1655, « arrivée à la plage  de la galère qu’a fait construire le Grand Maître Lascaris  et qu’on appelle la Sainte Marie, capitaine Monsieur de Manda »

 

Galères d’Espagne

 

Gior. Page 131, le 28 décembre 1620 « Quatre galères (d’Espagne) se retirèrent à Villefranche, où elles restèrent jusqu’à minuit, où elles firent voile vers Gênes.

Là encore on note une navigation hivernale

 

Galères de Venise

 

 

Figh. « (Barberousse), passa devant Nice avec cent vingt ou cent trente galères à la vénitienne  et trois nefs »

Fighiera fait donc une distinction entre les types de galères, de même qu’il comparera plus tard une galère turque aux autres

Gior., page 122, le 30 mars 1612, « le cardinal de Joyeuse avait quitté Rome pour la France sur deux galères de Venise »

Voir aussi l'étude de Claire Jude de la Rivière "l'abandon de la navigation de ligne, Venise fin XVIème début XVIIème"  - Studi Veneziani XLVII, 2004 pages 121 à 131, consultable sur Internet

 

Galères du Prince Doria

 

Le 7 juin 1593 passage de dix sept galères du Prince Doria accompagnées jusqu’à Marseille par deux galères de S. A.

Le 4 avril 1795 on mentionne encore dix sept galères du Prince Doria

 

Galères turques

 

Figh. page 266, le 20 septembre 1537, «  quatre fustes et une galère turque vinrent pour capturer des niçois »

Gior. page 100, le 14 juillet 1592 « parties de Villefranche, deux galères de S.A. donnent la chasse à une galiote turque de treize bancs ».

Figh. a eu l’occasion de visiter une galère turque dont il donne la description ainsi que des détails humains.

 Page 331 le 7 juillet 1627 « je suis monté à bord des galères d’Amurat rais qui sont au nombre de six  et ont ouvert leur (illisible) à terre. C’était pour y voir les pauvres esclaves chrétiens….

Ces galères sont comme les nôtres mais la poupe  est plus étroite et va en montant sans traverses de bois. Elles n’ont pas de rambarde ni de castelet de proue, pas d’escalier de poupe, mais ils échouent l’éperon à terre  avec une (planche ?) qui est comme entaillée de marches hautes d’un doigt l’une. Certaines d’entre elles sont orientées vers le haut. La chiourne est disposée de cinq en cinq et parmi les rameurs ? En cinq rangs, du côté extérieur il y a un turc attaché …Elles (les galères turques) semblent plus anciennes que les nôtres. Elles n’ont qu’un mât au milieu et un vers la tête. Elles vont à la voile avec (illisible) »

Sur un tableau  représentant des galères turques de Barberousse en 1543, reproduit dans l’article de Michel Bottin, Archeologia page 33 (), on ne voit pas de rambardes, et pas de castellet de proue, mais une seule voile latine à l’avant

 

Note :

Il semble que sur certains types de galères il y avait trois canons côte à côte à la proue d’après des gravures

 

Définitions

Voile latine :

déformation de « alla trina » ( trois pointes)voir Internet

Photo ci jointe:

Page de garde du livre de Giovanni Panella publié en 2015

Voir ausssi  www.academia.edu

 

Gallochia : dispositif pour déplacer vers l’extérieur le point d’appui de la rame afin d’augmenter le moment au sens mathématique pour un même effort et donc la vitesse

Sottile : signifie effilé pour un type de galère

Voir dossier Internet: Galères pontificales

 

Galions (Galeone)

 

Pan. donne une description détaillée de ces bâtiments  « aux XVIème et XVIIème siècles, bateaux de guerre à voiles dont la forme et l’équipement naquirent des exigences de la navigation océanique »

Gior. page 136, le 20 mai 1625, « arrivèrent à Villefranche venant de Marseille et Toulon, douze gros navires dits galions. Sur le plus gros d’entre eux qu’on appelait le Monsieur de Guise, se trouvait Monsieur de Guise…. qui amenait avec lui une polacre pleine d’infanterie »

Voir plus loin  polacre

 

 

Gallion carré

 

Mentionné par H. Barelli

 

Galiote (Galeotta)

 

Pan. « petit bateau de guerre ressemblant à une demi galère qui naviguait presque toujours à la voile, et au besoin équipé  d’une vingtaine de rames de chaque côté »

 

Mand. « la galiote barbaresque dérivait  de la galère mais ses dimensions étaient plus réduites ; destinée à la course, elle gréait deux mats  et deux voiles à « la trina »

Manu (page279), « navire de guerre semblable à la galère mais plus petit, avec une à deux voiles latines  et ayant une vingtaine de rames par côté. Sans rambarde et pièce supportant les tolets,  elle était très utilisée pour la guerre de course ».

 

 

Gior. page 101, 14 juillet 1592 «  deux galères de SA donnèrent la chasse à une galiote turque de 13 bancs. Au bout de trois heures elles la prirent à 12 milles en mer »

Voir ci-dessus : galères de Savoie

Gior. page 134, 17 juillet 1623, « huit galères et une galiote turque d’Alger et Bizerte…. touchèrent terre aux Sagnes débarquant cinq cents turcs bien armés…le matin suivant elles prirent deux galères de Barcelone chargées d’argent et de riches marchandises »

Dans un article de Dominique Taillez paru dans Nice Historique  N°264, page 84 et suivantes, on voit la reproduction d’un tableau de Trachel avec au premier plan un bateau à voile latine et à proue effilée qui pourrait être une galiote du fait du nombre de rames

 

Gondole (Gondola)

 

Pan. au XIIIème siècle à Gênes bâtiment au service de navires plus grands. Il ne mentionne pas de voiles

Cose. page 61, le 12 avril 1592, Don César d’Avalos  était à Antibes avec dix enseignes d’espagnols…il s’embarqua sur une gondole avec plusieurs de ses capitaines »

Le récit de Gior. page 98 à la même date est presque le même.

Cose. page 74, le 2 mai 1603, « arriva ici Monsieur de Joinville lieutenant de Monsieur de Guise, qui venait de France avec vingt chevaux ; le lendemain, avec sa Cour, il s’embarqua sur deux gondoles pour Rome »

Gior. page 109, le 12 mars 1597,  « Monsieur de Beuil… dut prendre une gondole » probablement pour Savone

Gior. page 111, le 13 janvier 1599, « Monsieur le Cardinal de Joyeuse….partit de Nice sur une gondole à destination de  Sestri »

 

Pour des trajets si importants les gondoles de l’époque avaient donc des voiles ;

Giovanni Panella, spécialiste d’architecture navale  indique que « les gondoles étaient des gozzi (barca di mare) plus lourds avec une étrave  avant plus arrondie, et que l’on a encore  quelques images au XXème siècle ».

Manu. Page 279, « il s’agissait d’un petit voilier doté de quelques rames diffusé dans la mer Ligure et dans le haut de la mer tyrrhénienne, muni d’un seul mât qui portait une voile à tarchia »

En page 83 de son livre, Manu montre un dessin de gondole avec trois rameurs et un chef de nage, mais compte tenu des personnes transportées mentionnées ci-dessus il y avait peut être plusieurs tailles de gondoles.

Voir dossier Internet: Gondoles

 

Lance

 

Pan. pas de traduction

Mand. pas de traduction

Hervé Barelli a traduit Lanza par lance

Figh. page 324, le 17 juillet 1623 « on dit que S. A. a de nombreux jours auparavant fait savoir au gouverneur de se tenir sur ses gardes car les galères de Bizerte étaient sorties dans l’intention de faire du mal à notre pays : qu’avant que cela n’arrive, le brigantin du Droit avisa la gouverneur deux heures auparavant s’enfuit effrayé par les lances. Elles vinrent jusqu‘aux (illisible de Nice) et y restèrent jusqu’à vingt deux heures, avant que Saint Hospice ne fasse feu et tire un coup de canon. Une barque vint se réfugier sous la forteresse, le brigantin du Droit fut poursuivi par deux lances. En fuyant il passa sous le village de (illisible). Là, une des lances ne connaissant pas le passage, toucha un écueil et  fut arrêtée ; le brigantin s’échappa et avisa le gouverneur de Villefranche. Montalban tira un coup de canon. Mais le château et la Ville ne réagirent pas à cette alerte. L’avis arriva auprès de Mr le Gouverneur  une heure avant le jour, qu’il y avait beaucoup de galères turques, deux brigantins et dix huit lances de corsaires. Et on voyait arriver les galères, mais les lances étaient déjà à terre ».

A propos de brigantin du Droit, Hervé Barelli note qu’il s’agit d’un petit navire faiblement armé servant à la perception du Droit de Villefranche.

A propos des lances il note qu’il s’agit de petits navires d’escorte.

Faute d’informations sur ces bateaux on peut imaginer qu’ils étaient très manoeuvrant, peut-être procédant par abordage, mais cependant capables de traverser la Méditerranée.

Gior. Mentionne cette attaque à la même date mais il n’évoque pas les lances

 

Leude (Leudo ou liuto)

 

Pan. : pourrait dériver du luth à voile latine en usage dans le Royaume de Sardaigne

Mais autour de Nice, les leudes, dans l’époque considérée étaient des bateaux de pêche

Cose. page 76, le 1er avril 1605, « A l’heure de Vêpres, arriva le cardinal Zapata, espagnol sur un leude de Cannes »

C’est une modeste embarcation pour un cardinal, mais Gior., page 117 mentionne simplement une barque

 

Figh. page 303 juillet 1620 « On eut de la peine à Cap d’Ail à sauver un leude qui s’échoua à la Mala »

Gior. page 128, le 25 mai 1616, « alors qu’elle se trouvait à la plage, devant le Pré aux Oies, la galère patronne de S.A. a été frappée par un furieux vent de levant  qui l’a mise en grand danger. Mais aidée par les prières… et par les leudes des pêcheurs, qui la remorquèrent avec ardeur jusque sous le Château…. »

 

Gior. page 142, le 9 avril 1629, « Avant le jour,…passant le Var sur un pont que leur avait construit la Ville  avec vingt deux leudes et autres barques »

On voit que les leudes rendaient bien des services.

Manu. Page 279 « petit bâtiment de charge initialement doté de deux mâts  à voile latine à qui fut substitué au XVIIIème siècle un mât très incliné qui portait un grand foc. Il avait une coque en forme  d’œuf  avec un fort tirant d’eau et  de très bonnes qualités nautiques qui lui permettaient d’affronter des bourrasques  interdites même à des navires plus grands.

Roger Rocca () page 30, a consacré un long article aux "pointus"  et il écrit : " Notons que l'ancêtre du pointu niçois a parfois été appelé lahut. Cais de Pierlas  écrit en 1448 " que lur plaguesson  de non armar la galiotani lo laut.... Quelques années plus tard on notait en 1510  " de tallo sorta  que en mens de uno horo si troberon plus de 40 laus armas enbé un brigantin"

La barque de Malte est appelée Luzzu

On peut penser que ces mots sont des variantes du mot leude

 

Nef

 

Mand. « large et lourd vaisseau aux formes arrondies à château avant et arrière  permettant une  importante capacité de charge »

Hervé Barelli a traduit « nave » par « nef », mais il y une ambiguité sur ce terme car nave peut simplement vouloir dire «bateau »

Figh. page 271, le 5 juillet 1543, «  (Barberousse), passa devant Nice avec cent vingt ou cent trente galères à la vénitienne  et trois nefs »

Figh. page 272, le 5 aout 1543, « Barberousse arriva avec la flotte française. Il y avait environ cent cinquante galères, environ cinquante galiotes et fustes, et vingt deux nefs »

Il précise donc le caractère spécifique «  galère à la vénitienne »

Dans la suite des textes il n’est plus question de ces bateaux

Manu. Page 280 « voilier à trois mâts à voiles carrées et un mât très incliné  

 

Polacre (Polacca)

 

Pan. « Navire marchand en Méditerranée »

Mand. « bâtiment de charge en usage en Méditerranée jusqu’au début du XIXème   siècle »

Gior. page 135, le 20 mars 1625, « le capitaine de Savoie prit et conduisit à Villefranche une polacre  chargée de laine, sucre, draps, soude,  et autres marchandises des gênois. Elle venait d’Espagne »

Manu. Page 280 « voilier  avec  trois mâts dont le grand mât à voiles carrées et les autres  à voiles latines

 

Soleil d’Or

 

Navire flamand

 

Tartane

 

Pan. «  Bâtiment de charge en Méditerranée avec un seul mât et voile latine

Mand., au XVIIème siècle barque de négoce ou de transport »

 

Gior. page 101, le 19 octobre  1592 « arrivèrent ici les députés d’Aix  avec quatre tartanes bien armées

Le note de Cose. page 63 à la même date est presque la même

Cose. page 103, le 21 septembre 1593, « sur deux tartanes bien armées arriva à Nice, venant de Berre Monseigneur de Vence »

Gior. page 109, le 27 octobre 1596 « des provençaux venus de Toulon  avec cinq tartanes et deux cents soldats  attaquèrent Monaco »

Gior. page 111, le 3 aout 1598, « deux cents arquebusiers arrivèrent par mer  sur trois tartanes transportant deux pièces d’artillerie »

Gior.  page 137, le 20 juin 1625, « arrivèrent du Languedoc quatre compagnies faisant au total quatre cent cinquante soldats ; ils débarquèrent de trois tartanes »

Gior, page 139, « arrivèrent  de Villefranche quatre tartanes chargées de soldats…au nombre de trois cents »

Gior. page 149, le 12 février 1639, « sept tartanes françaises ont débarqué quatre cents soldats »

On voit que les tartanes pouvaient transporter jusqu’à cent cinquante hommes et qu’elles étaient armées.

Manu. Page 280 « voilier  typique de la mer Egée  avec voile à tarchia (rectangulaire ou trapezoidale  fixée au mât) et quelques voiles triangulaires

 

 

Vaisseau carré de France

 

Ils sont mentionnés par Figh. page 341, le 18 aout 1636  et Hervé Barelli indique en note qu’il s’agit de navires de transport.

 

Manu. Page 27 mentionne  en dehors des différents types de bateaux ci-dessus, des bateaux spécialisés dans le transport des chevaux.

Yole

Dans le journal Nice Matin du 9 février 2016 figure un article sur une yole qui se trouve à Villefranche et qu'il est question de restaurer. Ce bateau serait une reproduction de la yole dite de Bantry du nom d'une baie en Irlande où a été capturée une yole en 1796 par une milice anglaise lors d'une tentative de débarquemenet de Hoche. C'était un bateau rapide qui servait aux liaisons. La yole de Bantry serait maintenant au musée maritime de Dublin et serait le plus ancien bateau français existant.

 

Liste Sulzer

 

Jean Georges Sulzer 1720-1779, dans son « journal dans les pays méridionaux de l’Europe 1775-1776 », a décrit les bateaux qu’il a observés dans le port Lympia à Nice récemment créé : sacolèves, tartanes, felouques à voile latine, polacres.

Mon. « Le sacolève était un  navire à voile, gréé  de trois mâts avec voiles auriques ou latines »

Manu. Page 280 « saccoleva, voilier typique de la mer Egée avec voile à tarchia »

 

Gravure de 1625

 

Sur cette gravure on peut voir l’anse des Ponchettes et plusieurs bateaux. Compte tenu de la position des pavillons des bateaux il y a un vent de mer.

Il y a trois galères, elles sont à voiles latines avec un petit mat à l’avant : la plus à l’ouest est orientée vers le large, contre le vent. Elle est donc peut être à l’ancre. On distingue bien l’éperon et à l’avant un emplacement où il y a peut-être des canons. Elle arbore le pavillon de Savoie.

Sur le château arrière on voit un fanal. Etait ce pour se signaler aux bateaux amis la nuit, ou peut être un dispositif pour communiquer ?

Cette galère a seize bancs. Elle s’apparenterait donc plutôt à une galiote ainsi que les autres.

La deuxième galère a les mêmes caractéristiques et position. Mais on ne voit pas de fanal et on ne peut dire quel est son pavillon.

La troisième à l’est est sous voiles et tournée vers la terre ce qui n’est pas une bonne position.

On voit aussi un bateau plus important à trois mâts avec château avant et arrière qui pourrait être un galion, probablement à l’ancre aussi mais de pavillon non lisible.

En 1625, Giordano a signalé des galions à Villefranche (voir ci-dessus)

Un bateau plus à l’est n’a pas été identifié.

Au premier plan on voit deux barques de pêcheurs avec bords relevés. Il pourrait s’agir de leudes.

 

Affrêtements

 

Ils devaient être compliqués en fonction de l’évolution des alliances et les auteurs en parlent peu.

Cose. page 72, le 13 octobre 1600, « arrivèrent six galères de Gênes avec cinq cents espagnols »

Cose. page 73, le 26 février 1601, « arrivèrent ici huit galères de Naples  qui débarquèrent six cent cinquante soldats espagnols »

Cose. page 74, fin mai 1603, le marquis d’Este s’embarqua sur la galère de S.A.  et alla à Gênes. Il devait demander le (concours) des galères de l’illustrissime Seigneurie pour conduire les Princes en Espagne, mais il ne les obtint pas »

Cose. page 74, le 5 juin 1603, « arrivèrent ici quatre galères de Malte…Elles venaient embarquer les Sérénissimes Princes  et les conduire en Espagne. Pour ce faire, S.A avait envoyé le chevalier Alciato les demander au Grand Maître »

On voit que l’ensemble de cette opération s’est déroulée en peu de temps malgré les distances et les aléas.

 

Enlèvements, galériens

 

Les évènements notés ci-dessous ne sont que des éléments indicatifs ponctuels des procédés de l’époque.

 

Figh. Page 278, 1560, «  Dans Tonso et sa vie p.142, je trouve aussi que les turcs prirent quatre vingt esclaves et qu’on les acheta douze mille écus »

Gior. page 94, le 29 avril 1591, « on apprit la nouvelle selon laquelle mille arquebusiers et deux cents cavaliers  avaient été faits prisonniers….le 6 ils avaient été trahis  et livrés aux mains de Monsieur de Lesdiguières et de la Valette qui les conduisirent ensuite à Saint Maximin. Plusieurs furent envoyés aux galères à Toulon, et Monsieur Alexandre Vitelli, romain, et M de saint Roman, provençal,  et de nombreux autres gentilshommes  et capitaines n’y échappèrent pas »

Cose. page 62, le 14 juillet 1592, « deux galères de S.A., prirent à environ douze milles en mer, une galère turque de treize bancs où il y avait vingt sept jeunes turcs, une femme chrétienne et trois hommes esclaves, qu’il emmenèrent »

Gior. page 100, précise à la même date, « on les conduisit à Nice et on fit voir ce butin à S.A. »

Gior. page 103, le 15 juin 1593, « arrivèrent deux vaisseaux turcs…ils prirent aussi dix hommes d’Eze en train de construire un four à chaux, à la grande douleur des niçois »

Figh., page 324, le  17 juillet 1623  « Dans le quartier plus éloigné de Carras, près de la mer, il y avait une maison rurale, appartenant à, un Niçois appelé Scarena. Il se défendit valeureusement …on dit qu’il tua beaucoup de turcs, mais finalement il fut tué avec sa femme et ses enfants. Alors qu’il était emmené en captivité sur la galère quand il arriva sur la passerelle, on lui ordonna de se dépêcher car on ne pouvait pas accepter qu’un captif et esclave regarde avec des yeux si menaçants. Il refusa d’aller plus loin, et alors les turcs le décapitèrent avec leurs cimeterres »

Figh. page 325, le 30 octobre 1623, on dit que le Prince Emmanuel Philibert  de Savoie, général de la mer, a pris de nombreux vaisseaux turcs….il y avait des renégats, et aussitôt les vaisseaux  pris, tous les renégats furent décapités »

 

Les Doria

 

Le grand Amiral Andrea Doria est décédé en 1760. Il n’est donc pas concerné dans cette étude.

Cose.  mentionne à plusieurs reprises le Prince Doria 

Un autre auteur anonyme note page 33, le 19 juin 1585, « La Reale d’Espagne superbement ornée  et commandée par l’excellentissime Jean André Doria Prince de Melfi et général de la mer de Sa majesté Catholique »

 Hervé Barelli mentionne page 33 qu’il s’agit de Gian Andrea Doria 1540-1606 petit neveu du Grand Amiral, général de la Mer du Roi d’Espagne de 1583 à 1601.

Cose. page 57, le 24 septembre 1590, « arriva du Piémont M Jean Baptiste Doria, fils de feu Antoine, Gênois »

Cose. page 59, le 18 aout 1591, « M. Jean Baptiste Doria, vice Amiral, fut blessé »

Gior.  page 115, le 25 mai 1603, « arrivée ici de Don Charles Doria avec dix galères »

Hervé Barelli note qu’il est Carlo Doria del Caretto, premier Duc de Tursi 1575-1649, fils du Prince Jean Andréa Doria.

A vingt huit ans il avait donc le commandement de dix galères.

 

Le sel d’Ibiza

 

Gior. page 121, le 13 janvier 1611, « un navire anglais qui déchargeait du sel d’Ibiza, des amandes, des raisins de Corinthe et des draps  s’échoua sur la plage et il tomba bien vite en morceaux »

Gior. Page 127, le 26 décembre 1614, « cinq galères d’Espagne ont pris dans nos eaux un bateau….chargé de sel d’Ibiza destiné à Nice »

Gior. Page 130, le 25 novembre 1618,  « le bateau du seigneur Badat fut drossé à terre, chargé de sel d’Ibiza »

 

D’autres salines plus proches ne sont pas mentionnées, mais Cose. mentionne des charges de sel sur trois tartanes venant de Berre sans indiquer la provenance du sel

Note sur les tempêtes

 

Dans un article très détaillé paru dans Nice matin du 9 Novembre 2014, Hervé Barelli raconte les désastres subis par les galères à Nice et Villefranche sur Mer du fait de tempêtes à diverses époques.

Bibliographie

 

Barelli Hervé – Nice et son Comté 1590-1680  Témoignages récits et mémoires   éditions mémoires millénaires 2012

 

Barelli Hervé – Antoine Fighera  Nice et son Comté Tome II – éditions mémoires  millénaires 2012

Barelli  - Nice Matin  26 avril 2015

 

Bottin Michel – La gestion des galères de Savoie 1560-1637, aspects administratifs et comptables 

 

Bottin Michel, Archeologia, N° 145, Aout 1980, éditions Faton

Brogini Anne, Maître de Conférences HDR, Université de Nice Sophia Antipolis

 

Casalis - Dizionario geografico storico statistico commerciale compilato per cura del Professore e Dottore di Belle Lettere

Gioffredo Casalis Cavaliere dell’ordine de SS Maurizio e Lazzaro

Opera molto utile agli impiegati nei pubblici e private uffizi a tutte le persone applicate al foro alla milizia al commercio e singolarmente agli amatori delle cose patrie

Bibliothèque municipale de Nice

B  8160 Tome XXV Torino 1854 pages 384 à 407

Guérout Max Eric Rieth  Jean Marie Gassend avec Bernard Liou - Le navire gênois de Villefranche un naufrage de 1516

 

http://www.mandragore2.net

 

Manuele Pierangelo, Il Piemonte sul Mare – La marina sabaudia dal Medioevo all’unita d’Italia, Istituto Grafico Bertello di Borgo S. Dalmazzo, année 1997, ouvrage consultable auprès de l’Association pour la Sauvegarde du Patrimoine Maritime de Villefranche sur Mer (ASPMV)

 

Panella Giovanni www.sullacrestadellonda.it/imbarcazioni

Thévenon Luc  - Bateaux de la Méditerranée - Sourgentin 217 juin juillet 2015