MURS ET LINTEAUX DE BRIANCONNET 06850

Mise à jour février 2011

Photos Jacky Sarale

Linteau  - Traverse des jardins

 

Ce linteau sculpté se trouve sur une porte de maison éloignée du centre, traverse des jardins, maison qui ne présente pas de caractère particulier. Ce linteau est donc très probablement en réemploi.

A son sujet on peut lire dans PCAM () page 796 :

« Ce linteau provient peut-être du Prieuré Saint Martin ce qui expliquerait la richesse de son décor. Il est orné en relief d’une colombe, d’un évêque et d’un motif carré martelé. La présence d’une crosse à volute indique que le linteau ne peut pas être antérieur au XIème siècle, car c’est à cette époque  que se développe l’usage de cet objet en Occident. Au XIIIème siècle il devient l’attribut de l’évêque »

 

Le motif de gauche

 

On peut se demander s’il ne pourrait pas s’agir d’un paon, car l’oiseau a une queue très épaisse. Le paon a une signification symbolique particulière. Voir à ce sujet le dossier Internet sur le chancel de Vence d’époque carolingienne où plusieurs sortes d’oiseaux sont représentées.

Dans l’Encyclopédie des symboles () page 501, on peut lire  «  la chrétienté primitive considérait le paon de façon bienveillante : sa chair passait pour imputrescible (symbole du Christ au tombeau), la chute et la repousse des plumes au printemps étaient interprétées comme symboles de renouveau et résurrection »

 

Le motif de droite

 

Un examen détaillé du carré, semble indiquer qu’il n’est pas martelé mais cloisonné. Dans les nombreux linteaux observés dans les villages des Alpes Maritimes aucun motif carré n’a été observé.

On peut penser dès lors qu’il pourrait s’agir d’un labyrinthe stylisé.

Ce type de structure a une charge symbolique particulière. C’était déjà un symbole des minoens. Dans l’Encyclopédie des Symboles () page 349 on peut lire :

 « Dans les cathédrales du Moyen Age, les labyrinthes sont des chemins de Jérusalem, que l’on considérait comme les substituts du véritable pèlerinage  aux Lieux Saints car le croyant les franchissait en priant, et à genoux ; le labyrinthe de la cathédrale de Chartres a un diamètre de 12 mètres, et le chemin qui le compose est d’environ 200 mètres. Celui qui parvenait à son centre accédait symboliquement au centre spirituel du monde, d’autant que c’était au tombeau vide du Christ qu’on allait ainsi en pèlerinage »

De son côté, Matilde Battistini () page 262,  écrit : « il est identifié avec le pèlerinage symbolique en Terre sainte (le labyrinthe de Chartres)  ou avec le chemin plein de détours que suit la Vertu pour fuir le Vice »

 

Le motif central

 

On peut voir une tête avec deux gros yeux et un nez proéminent. En dessous la sculpture a été exécutée sur deux niveaux, un triangle se superposant sur un rectangle.

Les bords du triangle sont en surépaisseur par rapport à l’intérieur, et dans le triangle il pourrait y avoir des lignes difficilement lisibles notamment une droite dans la hauteur du triangle (barre d’une croix ?). En travers, montant de la gauche vers la droite on voit un trait et en haut effectivement une crosse.

L’article de PCAM y voit un évêque, mais la tête semble nue et le triangle, pointe en bas est très énigmatique. Serait-ce une chasuble stylisée dépassant d’une aube ?

 

Les deux très gros yeux font penser à un hibou.

Concernant ce hibou hypothétique, on peut lire dans l’Encyclopédie des symboles :

« La chouette et le hibou représentent ceux qui s’écartent de la lumière spirituelle, mais il peuvent aussi symboliser Jésus Christ  dans la nuit de la souffrance et de la mort »

Conclusion

 

Même si la symbolique de ce linteau est en partie énigmatique, on peut dire qu’il offre une importante charge spirituelle ;

 

Cipes et inscriptions romaines

 

Le village, romain à l’origine, conserve plusieurs symboles de cette époque, mentionnés dans divers ouvrages dont PCAM () page 795, et dans le CIL de Mommsen. Leur étude ne sera donc pas reprise ici mais seulement deux photos seront présentées à titre d’exemple.

On retrouve des pierres dans le soubassement de l’église, dans le mur de l’ancien château, dans le cimetière de la Sagne

 

Bibliographie

 

Battistini Matilde – Symboles et allégories  - Guide des Arts – Editions Hazan Paris 2004

PCAM – Patrimoine des Communes des Alpes Maritimes, éditions Flohic 2000

Encyclopédie des symboles – la Pochothèque – 2007