Site militaires du Mont Bataille

SITES DE SOSPEL BRAUS ESCARENE CASTILLON


Mise à jour janvier 2015

La position de Sospel


Cette position a été occupée successivement par les divers belligérants.

Dans un manuscrit de la Bibliothèque Nationale NAF 364, page 160 existe un plan de Sospel. Sur ce plan on voit le réduit entre la Bévéra et le Merlenson, qualifié par ailleurs de redoute de Darsé

Millet a établi un projet de fortifications au confluent de la Bevera et du Merlanson

Sur un plan de Sospel de 1682, Theatrum Sabaudiae page 118, on voit le chemin reliant le réduit aux Capucins traversant le Merlanson sur un pont avec des arcades qui pourraient correspondre à un aqueduc. Il est reproduit en page de couverture de numéro de Nice Historique sur Sospel No 3 - 1999 et des restes se verraient encore dans le Merlanson sous le pont actuel.

Plateau de Maurigon

Il se trouve au sud de Sospel

Dans le plan NAF 364 page 164 est mentionné un camp situé au sud des Capucins avec des redoutes en pierre sèche,

Le chevalier Millet () page 104, a indiqué « on n’a pas trouvé de position plus avantageuse pour un camp que le plateau de la cassine du sieur Vassal sur la hauteur de Marigou ».

« la cassine du sieur Vassal ou (Vallat) servant de corps de garde ». Dans ce camp certaines troupes gallispanes ont pris leur quartier d'hiver 1747-1748. Il était établi au plateau de Maurigon, au sud du rocher de Maurigon, (Mouhigoun) en dialecte local autour de la cote 718

Le plateau de Plangermain cité par ailleurs par Garnier (4), est au nord du mont Roulabre. Il se confond probablement avec le Maurigon. Il y a une ferme sur le plateau et les restes de murs sont assez dégradés par le passage des moutons. Depuis Sospel quand on arrive sur le plateau il y a un petit poste d'observaztion peut être

Le manuscrit NAF 304, page 123 cite également ND du Castel : « le plateau de ND du Castel est à ¾ d’heure de marche de Sospel sur la rive droite de la Bevera, il y avait anciennement un château assez considérable dont il reste quelques vestiges. »

Cette position a-t-elle été utilisée au XVIIIème siècle ou plus tard ?

Col de Braus


Les ouvrages ont été cités sans autre précision par le général Audibert (1) dans la liste de 1742. selon Cappatti (3) « le chevalier Pallaviccini (sarde) qui occupe Sospel (en Avril 1744) assure son camp du col de Braus par des postes à droite à Luceram, et à gauche au col situé entre le mont Scandelaus et le mont Farguet ».

L'ouvrage du Grand Braus au nord du col de Braus a été étudié par G. Brétaudeau (2) page 504 et planche page 511. mais le repérage de cette position est erroné, ainsi que sa description. La crête du Grand Braus domine Lucéram mais aucun ouvrage n’a été observé sur la crête même.

L’ouvrage se trouve à mi pente en contrebas de la crête dans une position qui semble curieuse à moins qu’il ne s’agisse de contrôler un chemin venant du col de l’Ablé. Il pouvait servir peut-être à protéger un camp éventuel en contrebas au Plan Constant, dont aucune mention n‘a été trouvée à ce jour

Entre le mont Scandelans et le mont Farguet se trouve la baisse du Pape qui permet un passage direct de Sospel à l'Escarène à une altitude de 20 mètres plus élevée que celle du col de Braus. Dans cette zone il n’a pas été remarqué de fortifications

Des positions militaires au niveau du col figurent sur le plan de 1762 des archives royales de Turin

Le sommet de la cote 1131 au nord du col de Braus


Il a été décrit par G. Brétaudeau (2) page 504 et plan page 510. Le long de l’arête sommitale et sur les pentes ouest, on peut voir de nombreuses positions individuelles et des abris qui datent probablement de la deuxième guerre mondiale. Sur la pente côté ouest on peut voir un mur d’une quarantaine de mètres de long, 1.50m d’épaisseur (x=1007.200, y=1887.970, z=1110m). D’après son apparence il ne serait pas préhistorique, (petits blocs, épaisseur régulière, double parement, linéarité) et serait à rattacher aux guerres du XVIIIème siècle pour surveiller  des troupes venant du col de l’Ablé ( voir ci dessous)

 

Sommet de Ventabren


Cette cime au Nord Est du col de Braus x=1007.391, y=3187.788, z=1098, était très propice à l’établissement d’ouvrages. Elle a été arasée pour établir un pylône de télécommunication avec ses ouvrages annexes.

La Plastra


Cet ouvrage a été décrit par G. Brétaudeau (2) page 504 et plan page 509. Il se décompose en deux camps selon son dossier, mais le camp de la Plastra Nord ou "le Tourn" x= 1003.830, y=3187.017, z=1015 a pu être réutilisé au XVIIIème siècle (voir ci dessous). Sur la carte de 1763 on voit en effet une fortification au nord du col mais les pentes sont importantes et les fortifications pourraient avoir été édifiées un peu au sud du col sur le camp de la Plastra Nord.

Les Crottes

Photo Jacky Sarale

Immédiatement au sud des bergeries, on voit un mur en bordure de plateau, de 70 mètres de long nord sud, sans justification agricole.

Il fait 80 cm de haut en moyenne côté plateau et 80 cm de large au sommet  Ce pourrait être un mur avec parapet pour contrôler le vallon à l’ouest de la crête de la Scaletta (accès depuis Luceram apr le sud)

x= 1004.072 ; y=3186.324 ; z=980

Plateau Sainte Anne

Photo Jacky Sarale

Ce petit plateau au nord ouest du col de la Plastra, comporte une curieuse construction enterrée rectangulaire  de 5 m x 8 mètres avec parapets partiels et une petite entrée au sud ouest. La prospection de ce plateau avait pour but de rechercher une éventuelle chapelle Sainte Anne car sur la carte de 1763 () le secteur portait le nom de « regione di Santa Anna », mais il pourrait s’agir d’un poste militaire du XVIIIème siècle contrôlant l’accès au col depuis Luceram 

x= 1003.771; y=3187.443; z=915

La carte de 1763


Il s'agit d'une carte publiée en 1763  et figurant dans les Archives Royales de Turin où sont mentionnées un certain nombre de positions.

Pour la région de Braus on peut voir des fortifications indiquées aux lieudits suivants:

Croce della Plastra (au nord de la Croix), Baissa della Blea  (Col de l'Ablé), Cauvin, Lo Castel ( Il s'agit de la cote 1131 mentionnnée plus haut),Colla di Braus, et sud du Colla di Braus)

Les ouvrages du sommet 1057, au nord du col de l’Orme


 

Cette position a été décrite par G. Brétaudeau (2) page 504 et plan page 512, et par C. Salicis () page 331, mais en 2006, l’exploration complète du site n’a pas été possible à cause des broussailles.

Le plan joint doit donc être considéré comme très partiel  Les ouvrages observés étant en pierre sèche, pourraient être du XVIIIème siècle au moins partiellement.

Ceux qui se trouvent sur le flanc sud du sommet servaient à contrôler le col.

Prospection d'Octobre 2014 B Mingalon, Jacky Sarale, Raoul Barbès

 

Dans la pente, au point 43°54’ 065N, 07°21'493 E, se trouve une plateforme  de 10 m de long contre une petite falaise. Elle est terminée par une flèche dont les deux côtés en partie éboulés font 6 m de long environ. Un des côtés est orienté au nord-ouest. Cet ouvrage est face au col.

 

En amont, au point 43°54'068 N, 07°21'495 E, H =1050 m, se trouve une autre petite plateforme terminée par un mur en pierres sèches en arc de cercle. Elle est orientée vers l’est pour contrôler le chemin qui mène à Sospel.

 

Au point 43°54’08 N, 07°21'484 E une petite position individuelle rectangulaire semi enterrée a son grand côté orienté à l’est également.

Les murets font environ 1.20m de haut; les dimensions  de la position sont 3mX5m environ.

 

 

 

 Un autre poste de défense, se trouve plus au nord. La crête forme à cet endroit un petit plateau, ensuite il y a une rupture de pente en continuant vers le nord.

Ce poste devait contrôler le nord vers le Rocaillon et le Pas de l'Escous

Position approximative 43° 54’ 07.41 N     07° 21’ 48.86 E     1031 m.

 

 Au pied du mamelon près de la route au niveau du col on observe une excavation à peu près circulaire qui ressemble à un ancien four à chaux rustique

 

La chapelle saint Pancrace à l’Escarène


Selon PCAM (6) page 344, cette chapelle a été transformée en fortin pendant la guerre de succession d’Autriche, mais sur place rien de particulier n’a été remarqué. Le plateau pouvait être un emplacement favorable pour un camp

L’enceinte de Pifourchier – la Mitre


 

Cette enceinte a fait l’objet d’une étude de G.Brétaudeau  (2) page 503 et plan page 507,  mais les conclusions sont à reprendre au moins partiellement, car les ouvrages sur les pentes nord et au niveau du collet sont à considérer comme des ouvrages des guerres modernes destinés à contrôler le chemin de l’Escarène à Sospel par la baisse du Pape.

Retranchements près du col de Castillon


 

Le col de Castillon a été bouleversé notamment par le tremblement de terre de 1887, par les ouvrages de la ligne Maginot et par des bombardements.

Sur un mamelon à l’ouest du col de Castillon, à la cote 692, quartier saint Ouen, subsiste un mur semblant être une défense contre un assaillant venant du col. Ruines de maisons au pied du mamelon.

 Un relevé sommaire a été fait difficilement à cause de la végétation

Bibliographie


1 - Audibert Général – carta topografica nel contado di Nizza con i trincieramenti esequiti l’anno 1742 – bibliothèque de Cessole

2 - G.Brétaudeau  - Les enceintes des Alpes Maritimes, éditions IPAAM 1996

3 – Cappatti Louis  - fonds 306 – 317 bibliothèque municipale de Nice

4 – Garnier général P. – Mémoire local et militaire sur le département des Alpes Maritimes, probablement écrit vers 1810, imprimé en 1888, bibliothèque de Cessole Nice

5 – Millet (chevalier) Bibliothèque nationale FFNA 363 pages 328 à 358 – Mémoire sur les retranchements faits dans le Comté de Nice communiqué par Monsieur le chevalier Millet, et page 358 – carte des retranchements faits pour la défense du Comté de Nice dans le mois de septembre 174

6 – PCAM – Patrimoine des communes des Alpes Maritimes éditions Flohic

7 - Salicis C. - Mémoires de l’IPAAM Tome XLVII, 2005

8  - Thévenon Luc, conservateur en chef du patrimoine honoraire